mercredi 2 janvier 2013

Bonne Année 2013 et le meilleur bien sûr...


Mayan calendar 2013 (livré par mon facteur bodybuildé...;-))

Pour bien commencer l'année 2013, voici le calendrier maya annonçant la prochaine fin du monde pour dans quelques années (avec une marge d'erreur de 5 milliards d'années)... (heureusement, nous avons échappé à au moins onze fins du monde caustiques le 21/12/2012 dernier -cliquez ICI-)

Comme j'ai survécu au 21/12/2012, voici mes voeux pour cette année 2013 :
  • Que cette année 2013 se passe au Paradis (terrestre et chaleureux)... (rien que ça...;-))
The Piano Guys - Peponi (Coldplay Cover - Paradise -African Style )

  • J'ajoute un soupçon de nuances pour ceux qui ont à gérer pertes, tristesse, dépression, deuils... (Loss, Sadness, Depression... Maybe Bowlby's Spirit is not far...)
Evanescence -My Immortal (Acoustic)

  • Puissent-ils alléger leur cœur lourd ou le changer... (sans -nouvelle- greffe obligatoire...)
Cyndi Lauper -Change of Heart (Acoustic)

  • Qu'avec le temps, leur cœur de plomb transmute en un cœur en Or...
Neil Young -Heart Of Gold (Live at the BBC 1971)

  • Qu'ils trouvent enfin la joie de rebondir,(résilience -artistique ?-) et de sauter de joie !(JUMP!!!)
Perpetuum Jazzile - Jump

  • Et qu'ils arrivent à être heureux avec ce qu'ils sont et possèdent -déjà-... 
[Ce qui te manque, cherche-le dans ce que tu as. Koan du bouddhisme Zen]

Roy Orbison -You Got it

Bonne année 2013 et le meilleur bien sûr...

U2 - New Year's Day


lundi 31 décembre 2012

Botanique appliquée aux adoptés "sans racines" : plantes épiphytes et Cactus de Noël...

Parce que c'était Noël il y a peu, je vais parler de botanique appliquée aux adoptés considérés comme "sans racines" sur la base des Cactus de Noël... Si l'on est une plante épiphyte importée (d'Amérique latine pour les cactus de Noël), on peut pousser sans racines, à justes doses d'ombres et de lumières, d'air et d'humidités bien utilisés...

Il est classique d'entendre que les adoptés sont sans racines, déracinés, voire même doublement déracinés (on n'est pas/plus à un déracinement près...)...
J'ai déjà évoqué la métaphore de l'adopté comme plante exotique que l'adoption se propose de greffer sur une terre différente de sa terre natale.
Mais y a-t-il un salut possible lorsque l'on est sans racines ?



 La plante exotique peut se développer sans racines, si elle est épiphyte : c'est la cas des Cactus de Noël (Schlumbergera), importés d'Amérique latine.

Les épiphytes (du grec έπί «sur», φυτόν «végétal»; littéralement «à la surface d'un végétal») sont des plantes qui poussent en se servant d'autres plantes comme support (et j'ose dire comme tuteur -de résilience ?-).
 Il ne s'agit pas de plantes parasites car elles ne prélèvent pas de nourriture de leur hôte.
Les épiphytes sont des organismes autotrophes photosynthétiques ; ils sont capables d'absorber l'humidité de l'air et trouvent les sels minéraux, partiellement dans l'humus qui peut se former à la base des branches, et pour une autre partie dans les particules et gaz, absorbés ou solubilisés dans l'eau de la pluie et des rosées. On les rencontre surtout dans la zone intertropicale, et plus particulièrement dans les forêts ombrophiles.
En zone tempérée, la présence et la diversité de lichens épiphytes sont considérées comme des bioindicateurs de la qualité de l'air et de l'environnement.
Les Schlumbergera sont sensibles à la durée de la nuit. Les boutons floraux commencent à se former et à se développer dès que les nuits rallongent suffisamment, c’est-à-dire au début de l'automne.
On peut évidemment reproduire ce phénomène artificiellement en mettant les plantes dans l'obscurité pendant un certain nombre d'heures, même s'il fait encore jour ; on obtient ainsi des floraisons décalées.

Voilà qui devrait rassurer toutes les plantes exotiques adoptées "sans racines"... 

Joyeux Noël à tous...

Jacques Dutronc -Les Cactus




mardi 18 décembre 2012

Bestiaire de l'Adoption (3) - Cheval (Episode 3) : Adopter/ Adouber/ Adoubement...

Episode 3 du Bestiaire de l'adoption spécial 'Cheval', histoire de couronner le tout avec le rapport entre adopter et adouber, et l'adoubement lui-même...

Si ce n'est fait, LIRE AUSSI :
>> Bestiaire de l'Adoption (3) - Cheval (Episode 1) : Symbolisme et morceaux choisis d'intérêt mythique et psycho-analytique...
>> Bestiaire de l'Adoption (3) - Cheval (Episode 2.1) : Genèse de la Chevalerie Médiévale (1ère époque) : Pouvoir des Hippeis grecs et des Equites romains, Fosterage des futurs Cavaliers germains, Rite "au poil" des Francs saliens...

 >>Bestiaire de l'Adoption (3) - Cheval (Episode 2.2) : Genèse de la Chevalerie Médiévale (2ème époque) : Fusion des traditions gréco-romaines et germaniques, sous influence du christianisme; de l'investiture du Caballarius à l'adoubement du Chevalier médiéval...


Le verbe adopter vient de adoptare qui signifie la même chose en latin; d'où on a fait dans la basse latinité adobare, qui signifie faire quelqu'un chevalier, lui ceindre l'épée, l'adouber ; d'où est venu aussi ce qu'on appelait un miles adobatus, un chevalier nouvellement fait, parce que celui qui l'avait fait chevalier était censé en quelque façon l'avoir adopté.(1)


ADOUBEMENT(2)

Au Moyen Âge, l'adoubement était une cérémonie officielle à laquelle de nombreux nobles assistaient et qui consistait à consacrer un homme comme chevalier du roi.

Tout homme de bonne naissance, autrement dit riche et descendant de suzerains, après avoir été page puis écuyer pouvait devenir chevalier
Pour ce faire, le père de l'enfant le confiait à une personne de confiance, un ami, ou un membre de sa famille qui devenait son parrain dès que l'enfant avait atteint l'âge de sept ans. Il fallait que le père ait une confiance absolue en cette personne, le parrain, pour lui confier son enfant, car celui-ci devrait passer ses plus jeunes années sous sa garde et être élevé par lui.

De plus, il n'était pas rare qu'un parrain mente à son protégé sur les intentions et la personne de son père, ce qui entraînait bon nombre de trahisons et de guerres d'honneur quand l'enfant ne revenait pas se faire adouber au château familial pour y servir son père jusqu'à sa mort et en attendant de prendre sa place, mais préférait faire allégeance à son parrain et ainsi devenir son chevalier.

Les rois qui n'avaient pas d'héritier et n'étaient pas trop intransigeants envers la morale pratiquaient souvent ce genre de supercherie et désignaient ensuite le jeune chevalier comme leur successeur et héritier.

Dans le château de son parrain, le jeune homme suivait une formation de page.

On peut lire Tristan et Iseut qui explique bien cet apprentissage et dont voici un extrait : 
« Sous sa tutelle, Tristan apprit à chevaucher,à respecter les règles de la chevalerie, à sauter, nager, courir, lancer la pierre, manier l'écu et la lance, les diverses sortes d'art et d'escrime, l'art de vénerie et de fauconnerie, tous les honnêtes ébats recommandés pour fuir l'oisiveté, mère des vices, et en même temps les usages de la courtoisie et les vertus requises au franc homme : honneur, fidélité, hardiesse, débonnaireté, démener grande largesse, parler avec mesure, ne blâmer personne à la légère, éviter les fous et servir les dames. »

Puis, dès qu'il avait atteint l'âge de treize ou quatorze ans, il était nommé écuyer, s'il avait réussi sa formation de page et si l'écuyer qui la lui enseignait était satisfait de son élève. Désormais plus mûr et plus fort physiquement, son entraînement est axé sur l'équitation tandis que sa formation ne se préoccupe plus que du combat à cheval.

La nuit avant la cérémonie est dédiée à la méditation et à la prière.
S'ensuit la cérémonie de l'Hommage pendant laquelle l'écuyer doit prêter « hommage » à son suzerain qui lui remet ses investitures, soit un étendard, symbole du fief. À partir de ce moment, l'écuyer est chevalier, mais aussi vassal du seigneur à qui il a prêté serment.

Un chevalier peut prêter serment à plusieurs suzerains et ainsi posséder plusieurs fiefs, mais il doit exprimer quel est son hommage lige (ou hommage principal) si cette situation se produit. Dans ce cas alors, et s'il y a guerre ou mésentente entre ses suzerains, le chevalier est tenu d'obéir à son seigneur-lige si celui-ci lui ordonne de combattre à ses côtés.

Tout page, écuyer ou chevalier qui ne remplissait pas ses engagements était considéré comme un félon et poursuivi jusqu'à ce que mort s'ensuive ou qu'une décision du roi le condamne à l'emprisonnement.


Edmund Blair Leighton - l'adoubement.(1901; collection particulière)

DÉROULEMENT DE LA CÉRÉMONIE DE L'ADOUBEMENT ou ARMEMENT DU CHEVALIER(3)

La première cérémonie était un bain où l'on mettait l'aspirant, c'était un symbole de purification morale. Au sortir du bain, on l'habillait d'une tunique blanche, insigne de pureté ; d'une robe rouge, marque de ce qu'il était tenu de répandre son sang pour sa foi et son devoir ; d'un justaucorps noir, souvenir de la mort qui l'attendait, comme tous les hommes. 
Purifié et vêtu, il observait un jeûne rigoureux de vingt-quatre heures. Sur le soir, il entrait dans l'église et passait la nuit en prières
Le lendemain matin, il se confessait, communiait, assistait à la messe et entendait ordinairement un sermon sur les devoirs de la chevalerie, puis il s'avançait vers l'autel, l'épée de chevalier suspendue à son cou ; le prêtre la détachait et la lui rendait après l'avoir bénie. 
Le jeune guerrier allait ensuite s'agenouiller devant le seigneur qui devait lui conférer son titre ; il lui récitait quelque demande comme celle-ci : « Si vous pri qu'en guerdon de mon service me doigniès armes et me faîtes chevalier », et il prononçait le serment de rester toujours fidèle à la religion et à l'honneur. Le seigneur lui donnait l'accolade, c'est-à-dire, trois coup du plat de son épée sur l'épaule ou sur la nuque, quelquefois un léger coup de la main sur la tête et lui disait une sorte de sermon. Puis « On amène le cheval, on apporte les armes, on le revêt d'une cuirasse incomparable, formée de doubles mailles que ni lance ni javelot ne pourraient transpercer ; on le chausse de souliers de fer fabriqués de même à doubles mailles; des éperons d'or sont attachés à ses pieds ; à son col est suspendu son bouclier, sur lequel sont représentés deux lionceaux d'or ; sur sa tête on pose un casque où reluisent les pierres précieuses, ou lui remet une lance de frêne à l'extrémité de laquelle est un fer de Poitiers ; enfin, une épée provenant du trésor du roi. »
(Extrait de Comment Geoffroi Plantagenet, Due d'Anjou, fut armé chevalier en l'an 1127.)

[Sources : 
(1) Encyclopédie de Diderot et d'Alembert ; 
(2) Wikipedia ;
(3) http://medieval.mrugala.net/Seigneurs%20et%20nobles/Adoubement%20de%20chevalier.htm ]

Bon... Après quatre billets adoptiologiques sur le Cheval et la Chevalerie, il est temps de laisser les chevaux retourner à leur état sauvage... ;-))


Wild Horses - Susan Boyle


vendredi 30 novembre 2012

ANCIENNES PRATIQUES D’ADOPTION CHEZ LES SIOUX (2) : Différentes formes d'adoptions et signes d'adoption...



Dans ce billet, vous trouverez la description de différentes formes d'adoptions qui se pratiquaient chez les Sioux au XIXe siècle : adoption d'un ennemi courageux, adoption d'un ennemi pour remplacer un proche disparu, "Adoption Long Form", "Adoption Short Form" ( donner un nom).
Les adoptés (hunka) étaient éventuellement"reconnaissables" par le port d'un bandeau rouge sur leur visage...

[Oeuvre-source : ORAL HISTORY OF THE DAKOTA TRIBES 1800’s-1945, As told to Colonel A.B. WELSH, The first white man adopted by Sioux Nation.]

Adoption d'un Ennemi Courageux (Adoption of a Brave Enemy)
[Story by Coffee (“Tall Mandan”) – old U.S.Vol. Scout at Fort Berthold.
Interpreter—Huber, educated Mandan.
Place—Crows Heart of the Mandans, Little Missouri river.]

"Une fois, Hollow Horn Bear, un Sioux, est venu avec beaucoup d'hommes nous battre au village de Berthold. Ils vinrent près de la ville. Nos jeunes gens avaient hâte de se battre. Il y avait un Sioux tué près d'une loge. Nous nous sommes battus si intensément qu'ils ne purent pas l'emporter avec eux. Nous les avons chassés loin de lui. Beaucoup d'hommes ont essayé de compter sur la guerre pour l'honneur de cet homme mort étendu là. Personne ne pouvait le frapper. Ils ne pouvaient pas trop s'approcher. Mais un jeune homme nommé Moves Slowly était très courageux. Il dit qu'il ferait un putsch ou qu'il mourrait. Il enroula une couverture autour de son bras et se précipita au milieu d'eux. Il poursuivit. Il s'approcha. Il poursuivit. Il était là. Il frappa l'ennemi. Il revint. Les Sioux portèrent le mort au loin. Il était brave. Il avait fait mouche sur eux. Il marchait au milieu de leurs loges ce soir-là. Il s'assit parmi eux. Il mangea leur viande. Puis Sitting White Buffalo, un Sioux, adopta Moves Slowly. Parce qu'il était un homme courageux. Il lui donna son propre nom. Nous lui avons également donné un nouveau nom. Nous l'avons appelé, après cela, Ie-il-na-wi-i (Adopté)."

Adoption d'un Ennemi pour remplacer un Proche disparu (Adoption of an Enemy to replace a Relative Lost)

Welsh rapporte (date indéterminée) : "... C'était la coutume chez les Sioux, avec qui je suis plus familier, d'adopter parfois des prisonniers qui avaient été capturés, comme s'ils étaient de la famille du ravisseur, et qui prenaient la place de quelqu'un de sa famille, qui avait été tué, ou qui était mort de mort naturelle. A cet égard, j'attire votre attention sur une prisonniere particulièrement célèbre, connue et mentionnée dans les documents historiques comme Sakakawea, qui était une jeune femme de la tribu Shoshone, capturée pendant une bataille entre les Mandans et les Gros-Ventres, qui étaient des villageois le long de la rivière Missouri dans le voisinage immédiat de l'actuel Mandan, North Dakota. Cette femme fut adoptée par son ravisseur comme l'un des siens et fut bien traitée même, comme son propre enfant. "

"Adoption Long Form"

Welsh rapporte (Décembre 1926): " Il y a environ 130 ans (années 1800), les Sioux avaient une cérémonie d'adoption complète (full form). A cette époque, ils avaient adopté la tribu Cheyenne dans son ensemble. Ils étaient descendants des Algonquins de l'Est, et, de manière inconnue, avaient pénétré aussi loin à l'Ouest que le pays à gros gibiers à l'Ouest du Missouri. Ils avaient le choix entre la mort ou l'adoption. Depuis ce temps,seule l'adoption avec cérémonies complètes (full ceremonies) était pratiquée, et ce fut le type d'adoption de l'écrivain (Welsh) en 1912. "



Signes d'adoption (Adoption signs)

Welsh note (non daté) : "Quand des enfants sont adoptés ou que quelqu'un devient en quelque sorte un parent pour eux, ils sont autorisés à porter un bandeau rouge sur leurs fronts et sur ​​leurs joues. Cela symbolise qu'ils sont "Hunka" ou adoptés, et cette marque est connue par le peuple comme une insigne (badge) .

"Adoption Short Form"
(donner un nom)

Queen Marie adoption ceremony (Novembre 1926): "Dans cette "petite forme" d'adoption (short form of adoption), le temps pour une préparation adéquate fait défaut. Un «groupe conseil» (group council) se tient et un nom est choisi, généralement celui d'un homme ou d'une femme d'honneur. On donne alors ce nom à l'adopté, qui est appelé frère ou sœur selon le cas. Un cadeau est généralement donné à celui qui a donné le nom - cependant, cette formalité n'est pas strictement nécessaire, car il est entendu que les personnes d'honneur n'étaient pas forcément familières avec les coutumes des Indiens. "

[Source internet : http://www.welchdakotapapers.com/2011/10/life-on-the-plains-adoption-thru-cooking/#adoption]



  VOIR AUSSI :  >> ANCIENNES PRATIQUES D’ADOPTION CHEZ LES SIOUX (1) : MARIAGE PAR CAPTURE (fondés sur le rapt et la prédation) et ADOPTION sur le même plan que la filiation...

mardi 27 novembre 2012

Bestiaire de l'Adoption (3) - Cheval (Episode 2.2) : Genèse de la Chevalerie Médiévale (2ème époque) : Fusion des traditions gréco-romaines et germaniques, sous influence du christianisme; de l'investiture du Caballarius à l'adoubement du Chevalier médiéval...

Si ce n'est fait, LIRE AUPARAVANT : 
>> Bestiaire de l'Adoption (3) - Cheval (Episode 1) : Symbolisme et morceaux choisis d'intérêt mythique et psycho-analytique...
>> Bestiaire de l'Adoption (3) - Cheval (Episode 2.1) : Genèse de la Chevalerie Médiévale (1ère époque) : Pouvoir des Hippeis grecs et des Equites romains, Fosterage des futurs Cavaliers germains, Rite "au poil" des Francs saliens...

Fusion des traditions gréco-romaines et germaniques

Depuis la conquête de la Grèce par l’Empire romain, l’habileté guerrière des cavaliers germains leur avait établi une certaine réputation de combattants à cheval exceptionnels. Jules César, lors des huit années que dura la guerre des Gaules entre 58 et 52 avant J.-C. avait utilisé ces cavaliers germains qui au gré des alliances et des trahisons, étaient tantôt ses ennemis, tantôt des alliés. Les premiers Germains qui combattirent aux côtés des forces romaines furent les « Bataves » lors des campagnes germaniques de « Nero Claudius Drusus », dit « Germanicus », en 12 avant J.-C.
Lors de la période flavienne de 69 à 96, les Romains incitèrent d’autres Cavaliers germains de diverses provenances ethniques et tribales, à intégrer progressivement leurs forces militaires avec les statuts d’auxiliaires ou de mercenaires. Ce phénomène intégratif où se côtoyait equites romains et cavaliers germains se poursuivit pendant plus d’un siècle, formant ainsi le creuset où allaient se mélanger les pratiques hippiques guerrières et les rituels initiatiques, qui étaient traditionnellement attachés aux peuples germains et à la nation romaine.

Influence du christianisme comme fédérateur de ces traditions

Lorsque Paul de Tarse, connu aussi sous le nom de saint Paul, ouvrit la religion chrétienne aux non-Juifs, et que le concile de Jérusalem, en 49 entérina sa séparation du judaïsme, le christianisme devint une religion universelle et catholique. Il se diffusa alors rapidement dans tout l’Empire romain malgré les persécutions affectant ses adeptes qui ne s’arrêteront qu’après la conversion de Constantin en octobre 312. Le christianisme devint alors la religion officielle de l’Empire romain. À partir de cette reconnaissance, le christianisme n’eut de cesse de s’imposer aux pouvoirs politiques des rois et empereurs d’Occident. Mais l’influence issue de son incontestable rayonnement ne restait que spirituelle et morale, et n’avait que bien peu de prise sur les actions guerrières.  Alors, pour endiguer cette situation de prédominance guerrière, dès le IVe siècle, le christianisme gallo-romain enveloppa puis imprégna, de ses principes moraux :
- d’un côté, les traditions originelles gréco-romaines de ces riches romains à cheval « equites » qui combattaient dans les armées de Rome ;
 - et de l’autre côté, le rite initiatique guerrier de ces exceptionnels guerriers et chefs germains dont la survie dépendait de leurs conquêtes.

Empreints ainsi de la sacralisation chrétienne, ces deux usages « d’hommes à cheval » se confondirent chez les « Francs Saliens » (qui sont aussi nos ancêtres directs) en une seule pratique cérémoniale d’investiture au titre de Caballarius.
Les héros de l'épopée carolingienne : Louis le Pieux, Charlemagne et Saint Guilhem. Tympan de Conques.

De l'investiture d’un Caballarius à l’adoubement du Chevalier médiéval

Cette pratique cérémoniale de reconnaissance de « combattant à cheval » s’est perpétuée pendant toute la dynastie mérovingienne puis au début de celle des Carolingiens où le premier témoignage écrit en latin, décrit comment, à Rastibonne en Bavière, en 792Charlemagne, lors de cette cérémonie, ceint son fils Louis le pieux, âgé de quatorze ans, de l’épée guerrière.
Plus tard, Charles le Chauve recevra en septembre 838, pour ses quinze ans, ses armes ceinturon et baudrier ainsi que l’insigne de sa fonction. Puis, en 841, le jour de Pâques, ce même Charles recevra de ses émissaires d’aquitaine, habits et couronne. C’est la plus ancienne cérémonie d’adoubement qui nous est donnée de connaître avec certitude.
À partir d’environ 850, le mot latin caballarius ne désignera plus un homme de guerre à cheval, mais un noble guerrier qui fait partie de la suite d’un grand personnage. Ce mot latin prend alors le sens de « Chevalier ».
Il fallut un siècle et demi d’interventionnisme religieux chrétien pour que l’Eglise romaine adjoigne progressivement à la remise solennelle des armes et équipements, une cérémonie religieuse, où le serment de servir son roi sera accompagné de celui de servir et d’obéir à Dieu et à son Eglise.
Enfin, au début du XIe siècle, prend forme la « chevalerie médiévale » qui intègre dans ses valeurs sacramentelles les notions d’honneur, de courage, de droiture, de fidélité, de générosité, d’humilité et de sacrifice de soi.
Ainsi, le chevalier devient le protecteur de la veuve, de l’orphelin, du miséreux et de la « pucelle »Il défend le bien et combat le mal dans l’obéissance à son roi, et dans le respect des dogmes chrétiens.
De par ses valeurs, la « Chevalerie médiévale » est alors une institution si prestigieuse qu’elle modifiera profondément, en bien, le sens moral d’une certaine noblesse de cette époque, qui, il  faut bien l’avouer, n’en était que peu pourvue.
La Chevalerie médiévale « où seuls comptaient le corps et le cœur et non l’esprit » fut si lumineuse à partir du XIIe siècle, que même les rois voulurent être fait chevalier.
Mais, par ce choix du corps et du cœur, délaissant l’esprit, la Chevalerie médiévale fut aussi illettrée.

[Source : Wikipedia]
Muse - Knights of Cydonia (Live- Abbey Road)


jeudi 22 novembre 2012

Bestiaire de l'Adoption (3) - Cheval (Episode 2.1) : Genèse de la Chevalerie Médiévale (1ère époque) : Pouvoir des Hippeis grecs et des Equites romains, Fosterage des futurs Cavaliers germains, Rite "au poil" des Francs saliens...

Après avoir traité la question du Cheval seul ( Voir l'épisode 1 : http://cultures-et-chabada.blogspot.fr/2012/11/bestiaire-de-ladoption-3-cheval-episode.html), le deuxième épisode va s'intéresser au Cavalier puis Chevalier via la Genèse de la Chevalerie, en deux époques...

Cheval (Episode 2.1) : Genèse de la Chevalerie Médiévale (1ère époque) : Pouvoir des Hippeis grecs et des Equites romains, Fosterage des futurs Cavaliers germains, Rite "au poil" des Francs saliens...

Il est généralement pensé que la « Chevalerie », avec toutes les valeurs morales et quelquefois spirituelles qui s’y rattachent, n’a pu s’épanouir et se structurer que dans l’évolution d’une société qui s’imprégnait elle-même de ces mêmes valeurs. Mais la réalité, c’est que ce ne sont pas ces valeurs qui sont à l’origine de ce qui deviendra au début du XIe siècle la Chevalerie médiévale.
En fait, la genèse de la chevalerie va se former par la convergence puis de la fusion de deux traditions distinctes :
– l’une a ses origines dans l’antiquité gréco-romaine ;
– l’autre dans les pratiques initiatiques tribales des peuples de Germanie (ceux communément et souvent péjorativement appelés « barbares »).

Reconstruction of the mosaïc depiction of the Battle of Issus 
after a painting by Appelles found in the House of the Faun at Pompeii (published in 1893)

Origines gréco-romaines antiques

Dans les écrits anciens, les auteurs grecs  -surtout athéniens-, parlent de l’existence d’un groupe d’hommes qui se font appeler hippeis (Hippeis peut être traduit sans différenciation par « cavalier » ou » chevalier »). Ce sont des guerriers dont la richesse personnelle leur permet d’acquérir puis d’entretenir un cheval de combat. Ils forment la caste des Curètes (ou Kouretes) en Crète ancienne. Dans une armée grecque principalement formée de guerriers à pieds (les « hoplites » à grande lance, la « sarisse », dont huit rangées formaient une phalange), ces hippeis formaient ainsi un corps de combattant distinct, la cavalerie. Ce sont surtout les Macédoniens, tels que le roi Philippe II de Macédoine, puis son fils Alexandre le Grand, qui démontreront l’efficacité de ces soldats à cheval lorsqu'il s’agissait de déborder rapidement l’infanterie ennemie sur ses flancs.

Chez les Romains, il existe un corps d’armée constitué de soldats qui combattent sur des chevaux : ils sont appelés equites. Bien que l’action militaire ne fût pas la finalité de leur ordre, ces « equites » ou « chevaliers » prirent part aux guerres de conquêtes romaines où ils occupèrent des grades élevés. Ils eurent accès aux postes de la magistrature et au Sénat, à l'exemple de Suétone qui portait la parole du Sénat et qui était d’abord un equites. Leur influence politique devint considérable et pesa significativement sur le gouvernement de Rome. Lorsque Jules César eut conquis la Gaule, il imposa au peuple gaulois l’organisation politique, économique et sociale romaine dans laquelle l’ordre des equites avait une place importante. Bon nombre d’equites furent à la tête de grandes propriétés terriennes gallo-romaines. Il ne fait aussi nul doute que l’ordre romain des equites s’ouvrit à la riche aristocratie gauloise, accélérant ainsi le processus d’assimilation de la noblesse indigène aux idéaux de l’occupant.

Origines germaniques

Si chez les Grecs et les Romains monter à cheval pour faire la guerre était rare et réservé à une élite, il n’en était pas de même chez les peuples nomades d’origine germanique ou scandinave.

Étant de nature nomade, le nourrisson fille ou garçon, « Wisigoth », « Ostrogoth », « Vandale », « Alaman », « Alain », « Burgonde », « Lombard » ou encore « Franc » et « Hun » pour ne citer qu’eux, se retrouvait sur le dos d’un cheval avant même de savoir marcher.

Et comme la guerre était l’occupation principale de ces peuples qui se devaient, pour vivre, conquérir sans cesse de nouveaux territoires, le jeune enfant mâle cavalier se retrouvait tout aussi naturellement avec les armes à la main. Il en découle que combattre à cheval était donc la posture naturelle des guerriers de ces peuples de Germanie.

Sevré à l’âge de trois ans, le jeune Germain était confié aux femmes de sa famille jusqu'à l’âge de sept ans

Passé cet âge, il était alors confié jusqu'à son quatorzième anniversaire, pour son éducation presque essentiellement guerrière, à un père adoptif.

En général, ce père adoptif n’était autre que le frère aîné de sa mère, donc à son oncle maternel. Cette période se nomme « forsterfaeder » ou « fosterage ». Cette période initiatique guerrière dans son appellation porte dans son étymologie même les notions de rudesse et forçage éducatifs auxquels est soumis le futur guerrier germain. Au terme de cette période le jeune germain allait faire ses preuves d’autonomie et de vaillance en voyageant parmi les nombreuses ethnies germaines.

Lorsque le poil lui était poussé au menton, il revenait alors dans sa tribu pour y subir le rite de la première coupe de barbe ou de cheveux et pour y affronter en combat singulier son père adoptif pour que tous puissent voir ses qualités de guerrier.

Chez certain de ces peuples, et en l’occurrence chez les « Francs saliens », il était de coutume chez leurs chefs, de célébrer en plus, par une cérémonie spécifique, la remise très solennelle des armes à un jeune homme en âge de combattre.

[Source : Wikipedia]
Prokofiev - Danse des Chevaliers (Roméo et Juliette N°13)

mardi 20 novembre 2012

Bestiaire de l'Adoption (3) - Cheval (Episode 1) : Symbolisme et morceaux choisis d'intérêt mythique et psycho-analytique...

À force que l'on me dise que je ressemble à PSY et sa Danse du Cheval, une irrépressible envie de creuser dans la voie du cheval et du chevalier m'a amené à étudier la question, et m'a, comme par hasard, remis dans le sujet de l'adoption...
Le chemin qui mène du cheval à l'adoption passe par son symbolisme, le cavalier puis le chevalier via son adoubement, et s'intéressera également à la chevalerie...
Pour traiter du Cheval dans mon Bestiaire de l'Adoption, je le ferai donc en plusieurs billets...

EPISODE 1 - SYMBOLISME DU CHEVAL : quelques morceaux choisis d'intérêt mythique et psycho-analytique...

Le symbolisme du cheval est complexe et multiple. Il connait tous types de rôles et de symbolismes, bénéfiques comme maléfiques, dans les histoires qui lui sont liées : monture dynamique et impulsive, il est associé à tous les points cardinaux, à chacun des quatre éléments, au soleil comme à la lune, à la vie comme à la mort, au monde chtonien comme ouranien.

Le cheval est également associé aux figures parentalesCarl Gustav Jung l'associe aux figures maternelles, et voit dans le cheval l'un des archétypes de la mère, parce qu'il porte son cavalier tout comme la mère porte son enfant, « offre un contact doux et rythmique, et valorise son cavalier » ; 
à l'inverse, Sigmund Freud l’associe aux figures paternelles, et relève un cas où le cheval est l'image du père castrateur.

Dans les mythes, la domestication du cheval est souvent présentée comme l'entente immédiate et tacite entre le cavalier et sa monture, parfois grâce à l'aide des dieux, comme l'illustrent Pégase, Bucéphale ou encore Grani. La réalité historique est toutefois celle d'un très long processus. Au cinéma, cette domestication est « une étape initiatique, un rite de passage entre l’état sauvage de l’enfance et l’état civilisé de l’adulte ».

Le Dictionnaire des symboles affirme que tous les rites, mythes, poèmes et contes évoquant le cheval ne font que mettre en relief cette relation entre le cavalier et sa monture, considérée, en termes psychanalytiques, comme représentant celle du psychique et du mental : « s'il y a conflit entre eux deux, la course du cheval mène à la folie et la mort, mais s'il y a accord, la course se fait triomphale ». Pour le cavalier, il s'agit de contrôler l'instinct (la partie animale) grâce à l'esprit (la partie humaine).

Carl Gustav Jung note une relation d'intimité entre le cavalier et sa monture, il soutient dans Métamorphoses de l'âme et ses symboles que « le cheval semble représenter l’idée de l’homme avec la sphère instinctuelle à lui soumise […] les légendes lui attribuent des caractères qui reviennent psychologiquement à l'inconscient de l'homme : [ils] sont doués de clairvoyance […] ils guident les égarés […] ils ont des facultés mantiques [… ils voient] aussi les fantômes ». Le cheval semble donc pour lui métaphoriser la libido, l'énergie psychique émanant de l'inconscient, et la part animale de l'homme.

Dans sa Psychanalyse des contes de fées, Bruno Bettelheim explique l'attirance de nombreuses petites filles pour les chevaux-jouets qu'elles coiffent ou habillent, et plus tard la continuité de cette attirance à travers la pratique de l’équitation et les soins aux chevaux, par le besoin de compenser des désirs affectifs : « en contrôlant un animal aussi grand et puissant que le cheval, la jeune fille a le sentiment de contrôler l'animalité ou la part masculine qui est en elle ». 

Freud voit lui aussi le cheval comme un « symbole du psychisme inconscient ou de la psyché non-humaine », la bête en l'homme.

Dans Métamorphoses de l'âme et ses symboles, Carl Gustav Jung parle du cheval comme « d'un des archétypes les plus fondamentaux des mythologies, proche du symbolisme de l'arbre de vie ». Comme ce dernier, le cheval relie tous les niveaux du cosmos : le plan terrestre où il court, le plan souterrain dont il est familier, et le plan céleste. Il est « dynamisme et véhicule ; il porte vers un but comme un instinct, mais comme les instincts il est sujet à la panique ». En ce sens, le motif du cheval est un symbole adapté pour le Soi car il représente une réunion de forces antithétiques et contradictoires, conscientes et inconscientes, ainsi que la relation les reliant (de même qu'une relation indéfinissable unit le cavalier à sa monture). Cette perception découle directement de ses qualités physiques de mobilité. Elle transcende l'espace connu puisque la chevauchée est une « transgression des limites psychiques ou métaphysiques » : le cheval permet de franchir la porte des enfers comme les frontières du ciel, le disciple atteint la connaissance sur son dos, et bon nombre de croyances en la métempsycose rapportent des aventures à cheval avant la réincarnation. Il peut aussi avoir un rôle de ravisseur.

Donald Woods Winnicott développe l'importance du « portage », qui « permet de se libérer des contraintes physiques et psychiques », et renvoie à des sensations de la petite enfance.

[Sources :  
- Wikipedia ; 
- CHEVALIER J, GHEERBRANT A, Dictionnaire des Symboles, Paris, Robert Laffont, 2004 ; 
- JUNG C.G., Métamorphoses de l'âme et ses symboles, Genève, Librairie de l'Université, 1973.]

Quoi qu'il en soit, j'étais sans doute bien plus heureux avant, quand j'étais Cheval...;-))


Jacque Brel -Le Cheval (Olympia 1966).


lundi 19 novembre 2012

Adoption dans le Droit Canon (1) : Canonical Adoption...

Existe-t-il une adoption d'âge canonique, conforme au droit canon chrétien ? A en croire la définition de la Catholic Encyclopedia de 1907, la réponse est oui...  Une adoption d'âge canonique plus jeune que l'adoption du code d'Hammourabi, et d'usage limité ( en Europe occidentale, on observe une disparition d'usage de l'adoption au Moyen-Âge chrétien, que je traiterai ultérieurement)...

ADOPTION DANS LE DROIT CANON (canonical adoption)

Au sens juridique, l'adoption est un acte par lequel une personne, avec la collaboration de l'autorité publique, choisit pour enfant un qui ne lui appartient pas.

Dans le droit romain, il existait l'adrogation (adrogatio) : nom donné à l'adoption d'un individu déjà majeur (sui juris); datio in adoptionem, quand l'individu était donné en adoption par quelqu'un ayant autorité ou pouvoir sur lui.
L'adoption était plénière (plena) si le père adoptant était un parent  de l'ascendance de l'adopté,  ou simple (minus plena) s'il n'y avait pas de tels liens naturels.
L'adoption « parfaite » (perfect adoption ; autre nom donné à l’adoption plénière), plaçait l'adopté sous le contrôle de l'adoptant, dont le nom était pris, et l'adopté devenait héritier légitime.
L'adoption était « imparfaite » (less perfect adoption ; autre nom donné à l’adoption simple) lorsqu'elle désignait un adopté  comme héritier légitime, quand l'adoptant devait décéder sans testament. La règle était qu'un homme - et non une femme - pouvait adopter, que l'adoptant devait avoir au moins 18 ans de plus que l'adopté; que l'adoptant devait être   majeur, et  âgé de plus de 25 ans.

L'Eglise a fait sienne la loi romaine d'adoption, avec ses conséquences juridiques.
Le pape Nicolas Ier (858-867) parlait de cette loi comme vénérable, alors qu'il inculquait son observance chez les Bulgares.
Ainsi l'adoption, sous le terme Cognatio Legalis, ou "lien juridique", a été reconnu par l'Eglise comme un empêchement dirimant au mariage.
[NDLR : On lit dans le Livre 4 des Sentences de Pierre Lombard  au XIIe S.:  Cognatio triplex est : carnalis quae dicitur consanguinitas ; spiritualis quae dicitur compaternitas & legalis quae dicitur adoptio.]


Pierre Lombard († 1060, étudiant d'Abélard) écrivant son Livre des Sentences (en 1154). 
Ms 900, fol. 1, BMVR de Troyes, XIIe siècle.

 Ce lien juridique ressort de sa ressemblance avec le lien naturel (et a fait obstacle au mariage) :
- paternité civile entre l'adoptant, l'adopté et les enfants naturels légitimes de ce dernier même après la dissolution de l'adoption ;
- fraternité civile entre les adoptés et les enfants naturels légitimes de l'adoptant, jusqu'à ce que l'adoption soit dissoute, ou que les enfants naturels soient placés sous leur propre autorité (sui juris);
- affinité résultant du lien d'adoption entre l'adopté et l'épouse de l'adoptant, et entre l'adoptant et l'épouse de l'adopté. Cela n'était pas remis en cause par la dissolution de l'adoption.

L'Eglise reconnaît, dans l'intimité conséquente à ces relations juridiques, des motifs suffisants pour faire obstacle à  tout espoir de mariage, par respect pour l'ordre public, et pour sauvegarder la moralité de ceux mis en relations aussi proches.

Le Code de Justinien a modifié le vieux droit romain, en déterminant que les droits issus de la filiation naturelle ne sont pas perdus dans l'adoption par un étranger. Cela a donné lieu à une autre distinction entre adoption parfaite (plénière) et adoption imparfaite (simple).
Mais comme la modification de Justinien  ne fait aucun changement dans les affinités provoquées habituellement par l'adoption, l'Église n'a, à aucun moment, fait expressément de distinction entre adoptions parfaites et imparfaites, comme obstacle au mariage.

Il émergea cependant parmi les canonistes une controverse à ce sujet, certains affirmant que seule l'adoption parfaite était un empêchement dirimant au mariage.
Benoît XIV (De Syn. Dioec., I, X, 5) dit de cette discussion et, tout en ne donnant aucune décision positive, énonçait le principe que toutes les controverses en la matière devaient être traitées en accord avec les sanctions substantielles du droit romain.
Ceci est une clé pour la question pratique qui, aujourd'hui, découle des modifications plus ou moins importantes, que le  droit Romain, ou civil, a subi dans presque tous les pays où il régnait, et donc un doute conséquent persiste, à certains moments, de savoir si cet empêchement dirimant du lien juridique existe toujours aux yeux de l'Église.

Partout où les éléments substantiels du droit romain ont été conservés dans les nouveaux codes, l'Église reconnaît cette relation d’adoption comme un empêchement dirimant en accord avec le principe posé par Benoît XIV.
Ceci est bien reconnu par la Congrégation du Saint-Office dans sa décision positive en ce qui concerne le Code du Royaume de Naples (23 Février 1853).

[Source : Burtsell, Richard. "Canonical Adoption." The Catholic Encyclopedia. Vol. 1. New York: Robert Appleton Company, 1907<http://www.newadvent.org/cathen/01147b.htm>.]

Pachelbel's Canon - London Symphony Orchestra

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