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mercredi 14 novembre 2012

ANCIENNES PRATIQUES D’ADOPTION CHEZ LES SIOUX (1) : MARIAGE PAR CAPTURE (fondés sur le rapt et la prédation) et ADOPTION sur le même plan que la filiation...

Généralités sur le peuple Sioux
  • Le mot « sioux » désigne avant tout un important groupe linguistique du centre et du sud-est de l'Amérique du Nord, plus souvent appelé « siouan », lui-même subdivisé en deux sous-groupes, les Catobas aujourd'hui presque disparus (il existe encore une petite réserve dans la Caroline du Sud), et la grande famille Sioux, qui comporte elle-même d'autres subdivisions. 
  • Le même mot « sioux » est à la fois utilisé pour indiquer un groupe spécifique des tribus, culturellement et linguistiquement très proches, Lakota, Nakota et Dakota, noms qui signifient tous « alliés ». Les Sioux vivent dans les plaines du nord, incluant les Dakotas du Nord et du Sud, le Nebraska, le Wyoming et le sud du Montana. 
  • Quoique ce point soit incertain et discuté, le mot « sioux » proviendrait de l'expression « nadowe-is-iw-ug », qui, dans la langue des Ojibwés, signifierait « ennemis (nadowe) petits (is) ils sont (iw ug) », parce que les Iroquois leur paraissaient des ennemis beaucoup plus dangereux. Ce terme a été repris par les Français au XVIIe siècle, et ensuite adopté par les Sioux eux-mêmes, mais aujourd'hui, ils préfèrent réutiliser leurs noms d'origine en disant "je suis lakota", "dakota" ou, très rarement, « nakota ». Les Sioux s'appellent entre eux Oceti sakowin oyate, « Le Peuple des Sept Feux » ou « le Conseil des Sept feux » en référence à leurs originaires sept divisions politiques.
  • Les Français furent les premiers Européens à rencontrer les Sioux, sur la façade occidentale du lac Supérieur, dans les États actuels du Minnesota et du Wisconsin. À l'époque de ces premiers contacts, dans les années 1670-1680, les Sioux étaient sédentarisés en gros villages ; ils alternaient la culture du maïs, la cueillette du riz sauvage et la chasse aux bisons, présents alors dans les clairières du Haut-Mississippi. 
  • Au XIXe siècle, la nation Sioux n’était pas une nation compacte avec un gouvernement central et un seul chef à sa tête, mais une confédération de 7 sous-tribus alliées parlant une même langue. Chaque tribu avait un chef et se divisait à nouveau en bandes ou villages ayant à leur tour à leur tête chacun un chef. 
  • Sur leur terre originelle de l’Est, les Sioux subsistaient grâce à la pêche, la chasse du petit gibier, la récolte du riz sauvage et était des experts dans le maniement du canot. Mais en partant dans l’ouest, et par l’acquisition du cheval, leur style de vie changea complètement, ils devinrent une tribu de cavaliers nomades dont la survie dépendait principalement du bison. C'était des guerriers, armés de couteaux, arcs et flèches, lances et boucliers. Ils ne furent jamais de grands agriculteurs.
  • L’arrivée des américains blancs qui suivaient la piste de la Louisiane amena la fin du style de vie et la disparition du bison. La Ghost Dance (danse fantôme) qui prétendait ramener le bison et faire partir les blancs, devint prédominante chez les Sioux qui voulaient retrouver leur style de vie du passé.
  • La polygamie était acceptée. Contrairement aux autres tribus dont la population décrut avec l’arrivée des blancs, la démographie Sioux semble avoir augmenté. Ceci est dû principalement à l’incorporation de captifs et aux mariages avec des blancs.
Sioux célèbres :
  Tȟatȟáŋka Íyotake (Sitting Bull), grand chef sioux hunkpapa, un des principaux résistants face à l'armée américaine.
  Tashunca-Uitco (Tȟašúŋke Witkó - Crazy Horse), grand chef oglala, un des principaux résistants face à la civilisation des États-Unis.
Prénoms Sioux :
Les Sioux ont donné des prénoms qui prennent souvent ancrage dans la nature qui les entoure, dans les forces surnaturelles qu'ils perçoivent, dans les qualités des personnes, ou bien dans d'autres évènements de la vie, souvent liés à la naissance. Tout comme l'ensemble des peuples amérindiens dont l'étymologie des prénoms amérindien‎ est similaire.
Abey : prénom féminin signifie "feuille" - Tribu Omaha.
Chumani‎ : prénom féminin qui signifie "goutte de rosée".
Eyota : prénom féminin qui signifie "la meilleure".
Migina : prénom féminin qui signifie "lune descendante" - Tribu Omaha.
Winona : prénom féminin qui signifie "fille première née".


Charles Deas - A group of Sioux - 1845.
 Amon Carter Museum of American Art, Fort Worth, Texas

Anciennes pratiques sioux en matière de mariage et d'adoption : des mariages fondés sur le rapt, la prédation, et adoption sur le même plan que la filiation.

Les anciennes pratiques Sioux en matière de mariage sont représentatives d'une société où les preneurs prennent femme sans rien donner en échange.
Dans cette société, où les hommes partageaient leur temps entre la guerre, la chasse aux bisons et les grandes cérémonies rituelles, et où tous les biens matériels appartenaient aux femmes, aux épouses, la règle était de se marier à l’extérieur de la bande.

L’épouse idéale était la captive de guerre, et l’adoption d’enfants ou d’adultes avait autant d’importance que la filiation.

La terminologie de parenté était de type dravidien*, mais il n’existait pas de terme propre pour époux ou épouse. Le mot pour se marier signifiait « enlever » (une femme), capturer.
Il était d’ailleurs interdit à un homme d’adresser la parole à ses beaux-parents, qui étaient traités comme des ennemis ou l’étaient vraiment. Les sœurs vivaient sous le contrôle le plus strict de leurs frères, et c’est eux qui décidaient de leur mariage et de l’importance de la dot en chevaux et autres biens que le prétendant devait verser. Les guerriers donnaient les scalps pris aux ennemis à leurs sœurs, et c’étaient les femmes qui torturaient les prisonniers souvent jusqu'à la mort. Idéalement, le beau-frère était celui qu'il fallait tuer pour prendre sa sœur. […]
Peut-être est-ce l’importance première du vol de l’épouse, des mariages fondés sur le rapt, la prédation, qui explique que, de façon tout à fait inhabituelle, la terminologie de parenté sioux fait dériver les termes pour désigner les cousins croisés de ceux qui désignent les affins, le frère et la sœur de l’épouse. L’extérieur l’emporte donc sur l’intérieur, mais un extérieur qui est le domaine de la prédation et de la mort.

[Source : M. GODELIER, Métamorphoses de la parenté, Flammarion, 2010, pp.204-205.]

*système de parenté de type dravidien : il convient de distinguer le type dravidien du type iroquois, car si dans ces deux systèmes terminologiques, les germains sont assimilés aux cousins parallèles et distingués des cousins croisés (G = P<> X), la nomenclature iroquoise possède par ailleurs des termes spécifiques pour les alliés, tandis que la nomenclature dravidienne est un système dichotomique, dans lequel la distinction des parallèles et des croisés correspond en fait à l’opposition des consanguins et des affins, des non-épousables et des épousables, et est donc non pas l’expression d’un système de filiation mais d’une structure élémentaire de l’alliance.[ Source : L.Barry et Al., Glossaire de la parenté.(en ligne). 

Shawnee Sioux War Dance



mercredi 24 octobre 2012

Adoption par couple homosexuel : de la science-fiction à l’international, du ménage à faire en domestique, des cas par cas à juger pour des adoptions par célibataire homoparental… Recentrer le débat sur la pré-adoption : plus de préparation, que Diable !


>> L'adoption est un sujet sensible, complexe, qui demande forcément une approche multifocale, multifactorielle et pluridisciplinaire.

L'adoption par couple homosexuel ne déroge donc pas à la règle, et peut nécessiter tout de même quelques recadrages… 

Pardon si je fais dans la synthèse et les raccourcis dans ce billet, mais je ne veux pas disserter sur trente pages (et vous n'y survivriez sans doute pas......;-)), et me focaliser sur quelques pistes ou notions qui me semblent importantes... 

Vos commentaires sont évidemment les bienvenus !




>> Mariage pour tous / PACS pour tous/ Adoption par couples mariés (depuis plus de 2 ans) :

Du point de vue  religieux, n’attendons pas des religions monothéistes (christianisme, judaïsme, islam) d’être pour le mariage religieux homosexuel, c'est sans sens sacré et sans fondement religieux possible pour les trois.
Et confondre le religieux et le laïc sur la question du mariage homosexuel mène sans doute à une impasse.
Alors si on place cette impasse avant le "parcours du combattant" attendu pour l'adoption ensuite, on n'est loin d'être arrivé à bon (aéro)port...

Du point de vue de la Loi, il existe actuellement le PACS, possible pour un couple homosexuel.

Et si la Loi sur l’adoption en France s’ouvrait au PACS, le débat sur le mariage pour tous (et l'éventuelle confusion entre religieux et civil) n’en serait-il pas changé ?
Est-il prévu un « PACS Plus » en quelque sorte ouvrant droit à l’adoption ?
Un PACS avec plus d’options pour s'apparenter à un "Mariage" ?

Mais l’étymologie du mot mariage [Le nom « mariage » provient des termes latins matrimonium et maritare, dérivant respectivement de mater, la mère, et de mas / maris, le mâle. Étymologiquement, le mariage est donc la forme juridique par laquelle la femme se prépare à devenir mère par sa rencontre avec un homme. (Source Wikipedia)] conduit à un non-sens si on le considère pour deux personnes du même sexe… Et sans jouer sur les mots, d’aucuns diront qu’ils n’ont pas d’importance, surtout pour les juristes…

>> Quelle Adoption par couple homosexuel ?

- De la science-fiction en adoption internationale :

Même si loi française l’autorisait, les lois des principaux pays-sources ne l’autorisent pas.
Et dans un contexte où l’adoption internationale est en forte diminution, et où ce sont les pays –sources qui ont - de façon durable - le pouvoir de proposer ou pas leurs enfants à l’adoption internationale (s’ils sont dans la Convention de La Haye, l’adoption internationale ne peut que diminuer, arrivant en dernier recours des mesures de protection de l'enfance), l’adoption internationale par couple homoparental français n’est pas prête de se développer…  A moins de faire changer les lois des pays-sources (je plains celui qui aurait l’audace et la bravitudeoure d’aller souffler à la Chine l’idée d’accepter que leurs enfants soient adoptés par des couples homosexuels, déjà que si vous êtes célibataire, trop gros et pas assez high-class niveau revenus, ne pensez même pas pouvoir adopter en Chine : commencez par vous marier, maigrir et devenir riche…Et refaites un agrément au bout de deux ans... ;-))
Et il est probable que certains pays-sources (comme en Asie du Sud-Est) feront également obstacle aux adoptions par célibataire, par crainte d’adoption par homoparents masquée…

-Du ménage à faire en adoption « domestique » ("domestic" est le terme anglo-saxon pour désigner les adoptions internes ou nationales) :

Le rapport Colombani de 2008 et la récente proposition de Loi de MichèleTabarot (sans suite et sans application juridique actuellement) préconisaient en quelque sorte de faire du « ménage –sain, raisonnable et raisonné- en domestique » (interprétation personnelle... Mais le jeu de mot entre "ménage" et "(adoption) domestique était trop tentant ! ;-)), avec plus de préparation des candidats (présupposée depuis les Lois Mattei de 1996 ; exigences en interne mais également de plus en plus de pays-sources de l’adoption internationale, certains comme la Russie imposant un nombre d'heures obligatoires de préparation des candidats ! -80 heures...-), et une meilleure approche de l’adoptabilité d’enfants français en situation d’abandon, afin que l’adoption nationale ait une meilleure place dans le dispositif français de protection de l’enfance (gros résumé perso d’idées-phares, mais je ne pense pas avoir « dénaturé » l’esprit de leurs textes…  Et il est important d'être conforme à la nature quand on parle d’adoption, même moderne…Et comme l’adoption existe dans la nature –tout comme les rapports homosexuels d’ailleurs… Genre chez les Bonobos, et leurs facultés « missionnaires » de rapports ventro-ventraux également, qui ont passionné certains éthologues sans œillères…-  nous voilà sauvés !)

- Du cas par cas pour faire reconnaître l’adoption du conjoint d’un parent homosexuel ayant adopté individuellement

Là nous sommes dans des cas concrets et existants.
Et là l’intérêt de l’enfant doit déjà primer…
Toutefois, ces cas particuliers doivent-ils remettre en cause tout le système ?

>> Etre adopté par un couple homosexuel : un facteur de risque en plus ? >> Une raison de  « se préparer plus » en plus !

On parle - à très juste titre, vu que mon Maître JVM en parle... - de facteur de risque pour l’adoption par couple homosexuel, alors, pendant qu'on y est dans les facteurs de risque, pourquoi la Loi ne définit-elle pas un âge maximal des adoptants ?

Et comme l’adoption par couple homosexuel  est de fait possible par une adoption individuelle (sous couvert d'un « devoir de réserve » sur le statut réel du couple homoparental à l’international) d’une part, et que les enfants proposés par les pays-sources de l’adoption  internationale sont (et seront) de plus en plus des enfants à besoin spécifiques d’autre part, et dans un système français qui n’a pas favorisé l’adoption nationale (« favoriser » au sens de "faciliter" du rapport Mantz  (Académie de Médecine) de 2011,  ce qui ne veut pas dire « faire de la quantité au détriment de la qualité », ce qui a pu être le cas par le passé), tout facteur de risque s’ajoutant à un facteur de risque impose donc ce qui était déjà préconisé indépendamment de la question du couple parental, recentrer finalement le débat sur l’adoption, la pré-adoption : plus de préparation, que Diable !

Mais le fait de confier un enfant à un couple homoparental conscient des risques (étant dèjà eux-mêmes en situation à risque par rapport à la normalité statistique des hétérosexuels), sensible aux facteurs de risque (y étant eux-mêmes fréquemment confrontés dans un environnement social qui ne leur est pas toujours favorable) et bien préparé ( aux spécificités de l'adoption et de leur -futur- enfant adopté) ne rend-il pas caduc la notion de risque ? 
Oui, à condition d'avoir les moyens de bien préparer ces candidats, mais finalement tous les candidats (les adoptions d'enfants à besoins spécifiques étant de plus en plus la norme.. Bien que, de fait, tous les enfants -adoptés ou non - ont de toute façon des besoins spécifiques...)

Alors qui aura des moyens  - concrets et pas uniquement sur la base des béné-volontaires associatifs ou des Coca-Poire... C'est à dire en leur donnant de véritables moyens...-  à proposer ?
Et je ne parle même pas du suivi post-adoption, cela fait déjà suffisamment de choses à considérer pour ce billet...

... Et prévoir quelques rames ne sera pas inutile au cas où…


Alain Souchon - Rame

NB : j'ai ajouté des précisions en commentaires...

samedi 21 janvier 2012

ADOPTION DANS L'EGYPTE ANTIQUE (1) et notions sur la famille égyptienne antique...

La société de l’Égypte antique était structurée autour de l'unité familiale. Le peuple égyptien attachait beaucoup d'importance à la vie de famille, et considérait les enfants comme une grande bénédiction. La grossesse était très importante pour les femmes égyptiennes. Une femme fertile était une femme couronnée de succès. En devenant enceintes, les femmes gagnaient le respect de la société, l'approbation de leur mari, l'admiration de leurs sœurs moins fortunées et d'amis stériles. Les hommes avaient besoin de prouver leur "virilité" par le paternage d'autant d'enfants que possible, et les bébés étaient considérés comme une fierté.


MARIAGES, DIVORCES, ADULTÈRES…

Le mariage tenait une place importante dans la société égyptienne antique.
Les buts du mariage étaient principalement la procréation et le maintien de la famille.
Les maris pouvaient épouser plusieurs femmes (polygamie), et les mariages entre personnes de proche parenté (cousins germains, frères et sœurs, etc.) étaient possibles. Dans la plupart des cas cependant, l'inceste était mal vu, sauf dans la famille royale, où l'inceste était utilisé pour sauvegarder la succession dynastique (préservation de la lignée de sang et maintien du pouvoir politique).
Des mariages diplomatiques avaient lieu dans la royauté : soit ces arrangements créaient des alliances entre deux royaumes séparés, soit ils indiquaient une soumission du royaume du dirigeant qui mariait sa fille. De même, les mariages père-fille et frère-sœur étaient fréquents au sein de la famille royale. Les contrats de mariage, qui se concentraient sur les droits de propriété de chaque partenaire, mais ne font pas mention -en dépit de leur nom- de cérémonie de mariage, spécifiaient des motifs de divorce. Ces motifs incluaient l'infidélité ou l'infertilité de l'épouse, l'aversion de l'homme pour sa femme, ou son désir d'épouser une autre femme.
Le divorce était possible, bien que ce ne fût pas courant : il correspondait à une procédure simple, consistant à faire une simple déclaration pour annuler le mariage devant témoins. La femme avait la garde des enfants et était libre de se remarier. Les femmes étaient toujours blâmées pour l'incapacité à concevoir un enfant. Les hommes aussi bien que les femmes pouvaient se remarier après un divorce.
L'idée d'illégitimité ne semble pas exister dans la société égyptienne antique, mais il était tabou d'avoir des rapports sexuels avec la femme d'un autre homme. La punition pour adultère était la mort, principalement parce que la paternité d'un enfant pouvait être mise en doute. De même, il n'était pas socialement acceptable pour une femme d'avoir des rapports sexuels avec d'autres hommes. La paternité d'un enfant était importante, parce que les biens actifs d'une famille pouvaient être transmis à l'enfant.

STATUT DE LA FEMME ÉGYPTIENNE : ÉGALE A L’HOMME…

La reine Hatchepsout, devenue Pharaon...

La femme égyptienne bénéficiait d'un statut exceptionnel par rapport à la plupart des sociétés antiques : les femmes égyptiennes avaient atteint la parité avec les hommes égyptiens. D'aucuns se plaisent à penser que l'époque égyptienne était une bonne époque pour vivre. Il semble tout du moins qu'il s'agissait d'une bonne époque pour les femmes. Elles étaient reconnues comme égales aux hommes et jouissaient de droits fondamentaux qui leur font parfois défaut dans le monde actuel. Bien que les femmes dussent obéir à leurs pères et à leurs maris, elles étaient égales aux hommes dans de nombreux cas. Elles avaient légalement le droit de participer aux transactions commerciales, de posséder des terres, et pouvaient se présenter elles-mêmes dans les affaires judiciaires. Les femmes encouraient les mêmes peines que les hommes. Les épouses et les mères de pharaons incarnaient parfois le réel pouvoir dirigeant du gouvernement, mais elles régnaient sans que le commun des mortels ne soit au courant.
La reine Hatchepsout [reine-pharaon, cinquième souverain de la XVIIIe dynastie de l'Égypte antique] est la seule femme qui régna illégalement en se déclarant elle-même Pharaon.


ADOPTION DANS LA SOCIÉTÉ ÉGYPTIENNE ANTIQUE :

  • ADOPTION EN CAS DE STÉRILITÉ
Il est prouvé que l'adoption existait dans l’Égypte ancienne : les détails juridiques sont inconnus, mais l'enfant adopté aurait eu accès à l'héritage de ses parents adoptifs, et, à son tour, aurait été responsable de leur enterrement et de leur culte funéraire.

Si un couple n'avait pas d'enfants, ils priaient les Dieux et les Déesses de leur venir en aide. Ils pouvaient placer des lettres sur les tombes de parents morts, leur demandant d'user de leur influence sur les Dieux. La magie était également utilisée comme moyen d'avoir des enfants. Dans le cas d'un couple ne pouvant toujours pas concevoir d'enfant, l'adoption était une option.

Si la femme était stérile et ne pouvait pas concevoir de bébés, de nombreux hommes résolvaient le problème en divorçant d'elles. Mais ce traitement était rude, et la plupart du temps mal vu. Une manière publiquement mieux acceptée de résoudre ce problème de stérilité était l'adoption, et, en raison de la courte espérance de vie et d'un taux de natalité élevé, il y avait toujours de nombreux enfants orphelins.
L'accouchement était un événement à risque. Le taux de mortalité infantile était élevé ; subséquemment, de nombreuses formules magiques étaient employées pour aider à assurer la bonne arrivée du nouveau-né. Plus de 150 baguettes apotropaïques (baguettes ayant le pouvoir de conjurer le mal et le mauvais sort) ont été trouvées, ainsi que des formules de protection concernant les enfants.
La mère nommait son enfant immédiatement après la naissance, s'assurant ainsi que l'enfant aurait un nom dans l'au-delà même dans le cas malheureux d'une fausse-couche. Les Égyptiens craignaient la "seconde mort" encore plus que la première. La seconde mort était l'effacement complet de toute mémoire terrestre, ce qui explique pourquoi les noms étaient si importants pour les Égyptiens.

  • ADOPTION D'ÉPOUSES POUR DES QUESTIONS D'HÉRITAGE
Les femmes jouissaient des mêmes droits économiques et juridiques que les hommes, du moins en théorie, et ce concept est retrouvé dans l'art égyptien et des manuscrits contemporains. Les disparités légales entre les droits des personnes étaient basées sur les différences de classes sociales et non sur le sexe.
Une femme égyptienne pouvait revendiquer jusqu'à un tiers de l'ensemble des biens de la communauté dans le mariage. Quand une femme apportait sa propre propriété privée dans le mariage - sa dot (dowry) -, elle restait sienne, même si le mari en avait souvent l'usufruit.

A la mort de son mari, la femme héritait d'un tiers de leur communauté de biens, les deux autres tiers étaient divisés entre les enfants, puis à défaut entre les frères et sœurs du défunt.
Pour contourner cette possibilité et permettre à l'épouse de recevoir la part la plus large, ou pour lui permettre de disposer de tous les biens, le mari pouvait faire plusieurs choses :
   1/ sous le Moyen-Empire, il pouvait établir un "document-maison" (imyt-PR), qui était un acte juridique unilatéral pour le don de propriété. Comme pour un testament de vie, il était établi et pouvait être exécuté du vivant du mari. Dans ce document, le mari pouvait attribuer ce qu'il voulait de ses biens propres à son épouse.
   2/ S'il n'y avait pas d'enfants, et que le mari ne voulait pas que ses frères et sœurs ne reçoivent deux-tiers des biens de la communauté, il pouvait adopter légalement son épouse comme enfant et héritière, et ainsi lui léguer tous les biens. Même s'il y avait des enfants, il pouvait adopter son épouse qui, en tant que descendante juridique, recevait une part des deux-tiers alloués, en plus de sa part normale, correspondant à un tiers des biens de la communauté.

  • ADOPTION DES ÉPOUSES DU DIEU AMON (voir lien ICI)


[Sources :http://www2.sptimes.com/Egypt/EgyptCredit.4.2.html ; http://www.library.cornell.edu/colldev/mideast/womneg.htm ; http://factoidz.com/family-in-ancient-egypt/ ]

Ancient Egypt -National Geographic

samedi 16 avril 2011

Les "vrais" parents de sang : généalogies biologiques à la française et mariages chrétiens...

Pourquoi le lien du sang est-il si prégnant en France ? Pourquoi les "vrais" parents seraient les parents biologiques, les parents de sang ?

Remontons aux siècles du Moyen Âge chrétien, où le christianisme imprime fortement son pouvoir dans l'ensemble de la société gallo-française, dirigée dès Clovis par un monarque de Droit divin, le plus souvent baptisé et couronné par une haute figure ecclésiastique (le Pape éventuellement).

Création d'Eve -Michel Ange.

Depuis le Moyen Âge chrétien, les généalogies constituées et reconnues sont les généalogies biologiques dans le cadre défini et accepté par le christianisme : alliances par mariages chrétiens, filiations biologiques... et rejet de ceux qui sortent du cadre prédéfini.

Le mariage chrétien se fonde sur la monogamie (disparition et rejet des pratiques polygames paganistes pré-existantes) et l'union en une seule chair des deux mariés selon le dogme de Una Caro : le couple marié est à l'image du premier couple de la Genèse, Adam et Ève, où Ève est créée à partir de la chair d'Adam (une côte), et où Adam reconnaît en Ève "l'os de ses os, la chair de sa chair" (Genèse 2:23), et tous deux ne forment plus qu'une seule chair.

Cette union en une seule chair doit engendrer par la suite la chair de sa chair, qui elle-même doit s'unir en une seule chair, et ainsi de suite.

Sur ces bases chrétiennes, nous avons abouti à des généalogies biologiques quasi-exclusives depuis des siècles en France. D'où cette logique répandue et ancrée de parenté biologique, de parenté de sang comme vraie parenté dans les mentalités gallo-françaises...

jeudi 7 avril 2011

Oh la honte ! Ses parents sont mariés !...


Le nombre des naissances hors-mariage a beaucoup augmenté récemment. Quelles différences persistent entre enfants naturels et légitimes ? Est-ce toujours un handicap social de naitre de parents non mariés ?

Ce qui était autrefois contraire aux normes sociales est devenu aujourd’hui banal, en liaison avec le développement des unions de fait.

Bientôt dans les cours de récré, je pense que les enfants pourront se taquiner de la sorte : « Oh la honte ! Ses parents sont mariés ! »

La preuve avec ce qui suit…


Dans les années 70, 7 % des bébés naissaient hors mariage contre 54 % en 2009. Faire des enfants sans s'unir devant monsieur le maire ne choque donc plus personne, bien au contraire.

Pour la première fois, en 2007, les naissances hors mariage sont plus nombreuses que les autres selon le tableau démographique de l'Insee.

En 2007, les naissances hors mariage ont représentées 50,5% du total des naissances contre 48,4% en 2006, selon les résultats de l'enquête Insee de recensement. C'est la première fois en France que les naissances hors mariage prennent le pas sur les autres. Et ce sont des enfants chanceux : les plus jeunes Français ont gagné trois mois d'espérance de vie. Un garçon né en 2007 devrait vivre 77,5 ans et une fille 84,4 ans, les Françaises battant le record européen de longévité.

52 % des bébés sont nés hors mariage en France en 2008. La faute à qui ? Au mariage, qui connaît un désintérêt de la part des jeunes.


Un engagement qui a changé


De nos jours, seulement 50 % des couples se marient. Pas étonnant donc que la courbe des enfants nés en dehors de cette union monte en flèche. L'engagement a donc changé. Il ne s'agit plus de se dire "oui" mais d'avoir des enfants et de les élever. Le mariage est pour beaucoup un usage un peu désuet. Il ne représente souvent qu'un bout de papier sans grande importance. Aujourd'hui, on se marie parce qu'on le veut et non à cause de la pression sociale. Et puis, avec l'augmentation du nombre de divorces et l'argent qu'il faut dépenser pour ce dernier (ne dit-on pas qu'il vaut mieux réussir son divorce que réussir son mariage ?), certains couples préfèrent se passer du mariage aux fastes pompeux, pour s'unir plus librement, en concubinage ou via un Pacs.

Dans les années 60-70, les enfants nés hors union maritale étaient un phénomène qui touchait plutôt les couches populaires de la société. Il s'agissait souvent de grossesses accidentelles. D'ailleurs, les jeunes parents étaient généralement obligés de céder à la pression et se mariaient rapidement après la venue du nouveau-né.

L'autre raison qui pousse les couples à faire des bébés sans passer par la case mariage est que l'âge moyen des mères a augmenté. En 2008, il atteignait 29,9 ans, toujours selon les chiffres de l'INSEE. Les études sont de plus en plus longues, l'entrée sur le marché du travail ne cesse d'être repoussée, la précarisation des emplois touche davantage les femmes...  Mais l'horloge biologique tourne. Résultat, elles préfèrent tomber enceinte avant de se marier. Tant pis, le passage devant le maire attendra.

Une reconnaissance plus tôt

Depuis 2006, les petits nés hors mariage ont les mêmes droits juridiques que ceux nés avec des parents mariés. Cependant, à la différence des enfants issus d'une union maritale, les bambins nés hors mariage doivent être reconnus par leurs parents. Cette reconnaissance du père et de la mère peut s'effectuer soit conjointement, soit séparément.

Autre nouveauté : de plus en plus de parents non mariés décident de reconnaître leur enfant avant la naissance. Ce qui était assez rare il y a une trentaine d'années est là encore, devenu presque normal. Cela s'explique par le fait que les parents même vivant en concubinage, sont stables dans leur couple. Ils accueillent leur bambin sans crainte du lendemain.

Aujourd'hui, faire des enfants sans se dire "oui" est donc devenu la nouvelle norme sociale, mais jusqu'à quand ?


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