Catherine Enjolet est écrivain, professeur de lettres et universitaire. Elle a enseigné aux États-Unis et à la Sorbonne la communication et la culture générale. Également scénariste et réalisatrice de courts-métrages, elle a été chargée de mission à l'INA (Commission Jack Lang sur les relations de l'audiovisuel et de la littérature en France).
En 1990, elle crée l'ONG Parrains par mille, parrainage d'enfants « du bout de la rue », qui apporte un soutien affectif et éducatif aux enfants et adolescents isolés.
Elle développe le concept « Les Liens du sens » à travers ses livres, ses conférences et son engagement sur le terrain en France et à l'étranger (Grande-Bretagne, Suisse, Italie, Japon, Maroc, etc.) "Entrepreneur social distinguée", Ambassadrice de la Cause des Enfants, elle lance la notion d'Adoption Affective, écrit un Manifeste dans le Monde signé par cinquante personnalités et publie le "Plaidoyer pour l'Adoption Affective". Son innovation médiatisée est reprise jusqu'au Japon. [Source : wikipedia]
Catherine Enjolet et Sœur Emmanuelle
Quelques commentaires sur cet article :
Oui, le parrainage, l'aide, la solidarité, la coopération sont des bonnes choses.
Oui, vous êtes Présidente de l'ONG Parrains par mille, Ambassadrice de la Cause des Enfants, et je ne peux que respecter et admirer votre engagement.
Oui, il est fondamental qu'il y ait des valeurs altruistes, solidaires dans notre société de consommation matérialiste détachée de l'humain.
Oui, le Droit à l'affection est un des premiers droits de l'enfant conformément au Droit international.
Oui, il n'est malheureusement pas nécessaire de regarder à l'autre bout de la planète pour voir des gens dans la souffrance et la misère, des enfants délaissés en mal d'affection.
Oui, les "nourritures affectives" (selon le très beau terme de Boris Cyrulnik) sont nécessaires pour le développement d'un individu.
Oui, il est beau de développer les gestes de solidarité spontanée, de développer une solidarité active...
Oui, votre notion d'"Adoption affective", qui "est une opportunité de nouer des liens avec des adultes ou des familles consentant à donner, sans rien attendre en retour, de leur temps et de leur affection", est une belle notion...
Mais est-ce réellement une alternative (i.e. choix entre deux possibilités distinctes, une solution de remplacement) à l'adoption classique ?
Je pencherais plus pour un complément que pour une solution de remplacement.
Non, le parrainage ne crée pas de filiation et de parenté sociales, comme c'est le cas pour l'adoption.
Et une inscription dans la filiation reconnue socialement (qu'elle soit biologique ou adoptive) passe par une reconnaissance juridique de cette filiation.
Si les mots ont leur importance, je préfèrerais que l'"adoption affective" soit un complément à l'adoption classique, et non pas une alternative.
Et par des néologismes amalgamés, on pourrait croire que l'adoption classique est équivalente à du parrainage, et qu'elle devrait être possible partout,"dans son immeuble, en bas de chez soi, au bout de la rue" comme pour votre adoption affective.
Par ailleurs, elle pourrait jeter l'opprobre et le discrédit sur les acteurs des adoptions internationales...
A moins que vous ne soyez contre l'adoption internationale...
Peut-être aurait-il été préférable d'appeler votre notion le "parrainage affectif", qui a toute sa noblesse et les valeurs de l'"adoption affective", sans pour autant qu'il y ait de confusion avec l'adoption classique justement...