Affichage des articles dont le libellé est Corée. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Corée. Afficher tous les articles

jeudi 27 mars 2014

Adoption en Corée du Nord (3) - L'histoire non officielle de l'adoption en Corée du Nord aujourd'hui (années 2000)...

[Voir aussi : 
>>> Adoption en Corée du Nord (1) - Un sujet problématique ; histoire officielle de l'adoption en Corée du Nord...
>>> Adoption en Corée du Nord (2) - Politique de l'adoption entre Corée du Nord et Corée du Sud... ]

L’histoire non officielle de l’adoption en Corée du Nord aujourd’hui (années 2000)...

Depuis 1995, une combinaison de catastrophes naturelles, d’isolement croissant après la chute de l'Union soviétique et d'une économie planifiée démolie, a plongé la Corée du Nord dans une famine de dimensions catastrophiques.
On estime que 2 millions de personnes sont mortes de faim et 200 000 enfants sont devenus orphelins. Le pays doit encore faire face au problème de milliers d'enfants orphelins, et cette fois, selon les travailleurs humanitaires d'urgence sur place, le régime nord-coréen semble avoir choisi de les garder enfermés dans des établissements mal équipés pour éviter de nouvelles perturbations sociales.

Ironiquement, certaines des organisations de secours qui travaillent en Corée du Nord comme Holt International et Children ́s Home Society, sont des agences d'adoption du Sud traitant l'adoption internationale de la Corée du Sud, et une hypothèse raisonnée dit que certains d'entre eux attendent avec impatience l'effondrement du système de la Corée du Nord et un approvisionnement presque illimité d'enfants adoptables puisque la Corée du Sud est en train de diminuer consciemment ses quotas de l'adoption internationale à chaque année.

De plus, certains des Sud-Coréens adoptés adultes ont visité la Corée du Nord, soit en tant que représentants des médias, soit en tant que travailleurs humanitaires, tandis que plusieurs responsables américains traitant des questions nord-coréennes comme James Keat, premier secrétaire de l'ambassade américaine à Séoul, et William Perry, ancien secrétaire à la Défense des États- Unis et auteur du rapport Perry en 1999 [NDLR : soumis au congrès américain en septembre 1999, le rapport Perry prône la normalisation des rapports entre la Corée du Nord et les Etats-Unis], sont des parents adoptifs d’enfants sud-coréens.

Kim Il Sung and Kim Jong Il depicted in "We are the happiest children in the world." 
Déjà au début des années 1990, Kim Jong Il a engagé les citoyens de la Corée du Nord à adopter les enfants orphelins du pays, et une source affirme qu’entre janvier 1992 et septembre 1993, on a procédé à 1 060 adoptions.

En juin 2001, les médias sud-coréens furent en mesure de révéler l'histoire jusque-là inconnue de l’adoption internationale nord-coréenne qui eut lieu dans le cadre de la guerre. Déjà pendant la guerre, les médias occidentaux écrivirent parfois sur les enfants de femmes soldats nord-coréennes et de guérilleros dans le Sud qui étaient pris en charge par les troupes de l'ONU, mais l'ampleur exacte de l'adoption internationale de la Corée du Nord n’avait jamais été connue auparavant.

Entre 1951 et 1952, 2 500 orphelins nord-coréens de guerre avaient été adoptés dans différents pays communistes; jusqu’à 1 500 en Roumanie de Ceaucescu et environ 200 chacun en Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie, Bulgarie, Mongolie et probablement aussi en Chine et en Russie, et à la même période, le gouvernement chinois permit à plus de 200 000 enfants réfugiés nord-coréens de fréquenter les écoles chinoises en Mandchourie.

Avec tout cela à l'esprit, on doit dorénavant considérer que la Corée du Nord n’est techniquement pas habilitée à accuser la Corée du Sud d’« exporter » des enfants aux pays étrangers.

De plus, l'adoption des enfants nord-coréens par des Coréens du Sud pourrait bientôt être une réalité, puisque le nombre de réfugiés de la Corée du Nord continue d'augmenter. Soit dit en passant, les Coréens ethniques de Mandchourie ont déjà commencé à arriver en tant qu’adoptés en Corée du Sud, quoiqu’en très petit nombre.

En janvier 2002, deux enfants orphelins nord-coréens de Mandchourie, qui avec des milliers d'autres enfants sans parents avaient traversé la frontière du fleuve Tumen en quête de nourriture, ont reçu l’asile en Corée du Sud, et dans le débat qui a suivi le missionnaire américain Tim Peters a déclaré dans une interview: « Je pense que l'adoption est une excellente solution. Vous vous souvenez peut-être que de nombreux enfants orphelins sud-coréens ont été adoptés par des familles de l'Ouest après la guerre de Corée. Il est temps pour les Sud-Coréens de faire de même. »

[Source : Corée du Nord et adoption ; Tobias Hübinette (Korean Quarterly, hiver 2002/2003)
http://www.tobiashubinette.se/core_du_nord_et_adoption.pdf >]






mardi 25 mars 2014

Adoption en Corée du Nord (2) - Politique de l'adoption entre Corée du Nord et Corée du Sud...

[Voir aussi : 
>>> Adoption en Corée du Nord (1) - Un sujet problématique ; histoire officielle de l'adoption en Corée du Nord... ]

Politiques de l’adoption entre Corée du Nord et Corée du Sud

L’adoption sud-coréenne commença après la guerre de Corée, se poursuivit au cours des années 1960 et atteignit son apogée dans les années 1970 et 1980.

Les années 1970 virent une bataille acharnée pour la légitimité entre les deux États coréens par tous les moyens possibles ; de la propagande écrite et orale à un coûteux championnat dans l'établissement d'ambassades et des tentatives d'assassinat. En conséquence, la question controversée de l’adoption internationale de la Corée du Sud devint une partie de cette guerre de propagande.


Peinture du côté Nord-coréen de la Zone Démilitarisée où il est écrit :
"Nos enfants hériteront d'une péninsule unifiée !"

Au début des années 1970, la Corée du Nord accusait ouvertement la Corée du Sud de vendre la progéniture coréenne aux Occidentaux dans un but lucratif comme un exemple révoltant du soi-disant flunkeyisme [NDLR : flunkyism en anglais ; mise en servitude, en domesticité] ou sadaejuûi, l'attitude inverse étant bien sûr l'autonomie ou chujê.

Le Pyongyang Times écrivit : « Les traîtres de la Corée du Sud, vétérans de trahisons, vendent des milliers, des dizaines de milliers d'enfants loqueteux et affamés aux maraudeurs étrangers sous le nom d'‘enfants adoptés’. »
La mise en évidence de la question conduisit à des arrêts temporaires affectés par la panique, l'adoption internationale fut transformée en quelque chose de similaire à un secret d’État officiel, et l'adoption domestique fut promue en Corée du Sud à partir de 1975.

L'adoption internationale impliqua aussi les pour et les contre des États coréens respectifs. 
L’organisation pro-Nord, Chongryun, commença à inclure des « compatriotes adoptés à l'étranger » en adressant leurs lettres concernant les affaires coréennes, et le magazine tout aussi progressiste Hanyang publia une attaque furieuse contre l'adoption internationale considérée comme un « crime », « vendant nos propres citoyens aux étrangers », et comme un « affront contre la nation » :

« Alors, dans quel but ces Occidentaux importent-ils des orphelins coréens?
La vie occidentale est complètement gouvernée par des vices tels que l'exploitation, la répression, la xénophobie, et l'égoïsme, et il n'est pas possible que ces gens adoptent nos orphelins de l'autre bord de l'océan par sympathie. 
Pourquoi de tels gens voudraient-ils encore élever nos orphelins à devenir des êtres humains convenables? 
Une telle vertu ne peut pas exister dans leur société où règne la loi de la jungle
La seule raison possible d'adopter nos orphelins serait l'argent... Ils devront certainement investir de l'argent pour élever ces enfants jusqu'à qu’à ce que ces derniers se transforment en une main-d'œuvre productive
Les conquérants n'entraînent-ils pas toujours les autochtones selon les manières des premiers pour que ces derniers soient dociles à toute exploitation coloniale par les premiers? 
Pour la même raison, les parents occidentaux éduqueraient leurs enfants coréens à être de bons « esclaves de maison »
Considérant cela, comme les épreuves de ces enfants adoptés doivent être énormes! »

Pendant la décennie 80, les médias nord-coréens continuèrent à écrire sur le sort des enfants abandonnés en Corée du Sud, et en 1988, lorsque les médias occidentaux commencèrent à écrire sur l'adoption internationale pendant les Jeux olympiques de Séoul, la Corée du Nord reprit son activité. 

Le magazine américain The Progressive ouvrit en publiant un article d'investigation dans son édition de janvier, qui dépeignait la Corée du Sud comme un pays spécialisé dans le business d’enfants.
L'article fut immédiatement publié en feuilleton dans le magazine nord-coréen The People ́s Korea, et l'attention négative qui suivit, créa une image de la Corée du Sud en tant que plus grand exportateur d’orphelins au monde ou koasuch'ulguk.

Enfin, en 1992, la Corée du Nord invita solennellement un Coréen adopté d'Allemagne au Festival mondial de la jeunesse à Pyongyang comme une façon de montrer la solidarité ethnique coréenne.

[Source : Corée du Nord et adoption ; Tobias Hübinette (Korean Quarterly, hiver 2002/2003)
< http://www.tobiashubinette.se/core_du_nord_et_adoption.pdf >]



dimanche 23 mars 2014

Adoption en Corée du Nord (1) - Un sujet problématique ; Histoire officielle de l'adoption en Corée du Nord...

Introduction : un sujet problématique

Depuis la fin de la guerre de Corée (en 1953), l'adoption internationale a été étroitement liée avec la Corée du Sud, le pays qui a envoyé le plus grand nombre d'enfants adoptables au monde résultant en une population de 150 000 Coréens adoptés dans plus de 20 pays occidentaux.
Cette manière de résoudre le chaos d'après- guerre, la pauvreté massive et l'industrialisation rapide, ont donné à la Corée du Sud la désignation mondiale de koasuch'ulguk ou « pays exportateur d’orphelins ».

Depuis le début et surtout pendant les années 1970 lorsque la lutte pour la légitimité était impitoyablement engagée entre les deux pays, la Corée du Nord a accusé son voisin du sud de liquider les enfants coréens au monde occidental comme un exemple scandaleux de « flunkeyisme » [NDLR : flunkyism en anglais ; pas d'équivalent français... Je propose comme traduction impropre : mise en servitude, en domesticité ; le terme médiéval de "laquais" pourrait éventuellement évoquer cette notion].

Après la guerre, la Corée du Nord a aussi été forcée de faire face au problème d’enfants devenus orphelins, mais le pays a choisi officiellement une voie différente de la Corée du Sud. À la place, les enfants orphelins étaient désignés comme les enfants des héros nationaux, et l'adoption domestique (nationale) était encouragée, alors que des orphelinats modèles étaient construits et exposés dans la propagande et des systèmes de subvention permettaient de recevoir l'enseignement supérieur.

Cependant, aujourd'hui, avec l'effondrement de l'économie nord-coréenne, des dizaines de milliers d'enfants sont devenus orphelins et sont enfermés dans des institutions pauvres très loin du système de protection de l'enfance digne de ce nom.

Et récemment, l'information s’est échappé du pays fermé que des enfants nord-coréens ont aussi été adoptés par des étrangers du monde communiste pendant la guerre.

L’histoire officielle de l’adoption en Corée du Nord

La Corée du Nord ou République populaire démocratique de Corée, fut fondée avec le soutien des Russes en septembre 1948 par opposition à la République de Corée ou Corée du Sud soutenue par les Américains.
La principale faction qui devait prendre la direction du nouvel État communiste, était composée des anciens guérilleros de Mandchourie autour de leur légendaire chef, Kim Il Sung. Deux ans plus tard, le Nord essaya de surmonter la division de la péninsule en amorçant une guerre à grande échelle qui approfondit encore plus l'hostilité entre les deux pays rivaux.

Selon des sources fiables nord-coréennes provenant des archives russes, la population du pays passa de
9 368 592 en 1948 à 7 425 939 en 1953. De toute évidence, l'émigration massive vers la Corée du Sud et les quelque un million de morts civils et militaires dans la guerre de Corée, avaient fait saigner à blanc la Corée du Nord. Les pertes horribles entraînèrent tout naturellement des milliers d'enfants orphelins comme ce fut le cas pour son voisin du sud. En 1954, le gouvernement sud-coréen commença son programme d'adoption internationale qui deviendrait le plus "réussi" au monde en termes de nombres, et une cause d’outrage pour la Corée du Nord.

Officiellement, la Corée du Nord choisit une autre manière en élevant les enfants des soldats décédés comme des « enfants des révolutionnaires » en créant des écoles et des orphelinats spéciaux pour permettre aux orphelins de recevoir une éducation et d’avancer dans la société.


Une histoire raconte comment Kim Il Sung acceptait les orphelins des soldats décédés comme ses propres enfants : « Vous n'êtes plus orphelins. Général Kim Il Sung prend soin de vous, il est votre père. »
Cette façon de s’occuper des orphelins et de les endoctriner à devenir des citoyens loyaux ou des « combattants de la révolution » a de nombreux parallèles dans l'histoire d’abus d’enfants, l’élite de janissaires dans l'armée de l'empire ottoman en est un exemple.
Comme beaucoup de ses homologues en politique, Kim Il Sung aimait aussi se présenter comme un ami des enfants, un comportement typique de dictateur que son fils et successeur Kim Jong Il a hérité puisqu’il a même écrit plusieurs histoires pour enfants.

À la suite de cela, la protection de l’enfance en Corée du Nord s’est traduite par une loi sur l'adoption domestique de style moderne, révisée plus tard dans les années 1990, et un encouragement ouvert de sa pratique en plus d’une loi générale sur les soins et l'éducation des enfants acceptée en 1976. Cela signifie que l'État a l'entière responsabilité de fournir un foyer aux orphelins dans toutes les provinces du pays où les enfants sont nourris, vêtus et instruits.

Le magazine de propagande de langue anglaise Korea Today contient de nombreuses histoires de succès d’adoptions, par exemple celle de Ko Chang Jun qui a adopté trois enfants: « Notre société est comme une famille dans laquelle les gens s’entraident et guident les uns les autres. Je crois profondément à la moralité sociale, alors j'ai décidé de le faire... »

Les parents adoptifs en Corée du Nord sont considérés comme des « héros de la société », et donc l'adoption domestique devient une façon d'exprimer la pensée traditionnelle confucéenne de la lignée à un niveau collectif communiste de la « grande famille ».

L'adoption domestique semble en effet très courante en Corée du Nord puisque même le "cher leader"  Kim Jong Il a lui-même adopté une fille, Lee Nam-ok, qui est passé en Corée du Sud en 1992 et a commencé à parler de son expérience d’adoption inhabituelle en 1998.

[Source : Corée du Nord et adoption ; Tobias Hübinette (Korean Quarterly, hiver 2002/2003)
< http://www.tobiashubinette.se/core_du_nord_et_adoption.pdf >]



samedi 21 juillet 2012

Première Adoption Internationale Coréenne en Europe au XVIIe siècle - Antonio Corea et le voyageur florentin Carletti...

Francesco Carletti, voyageur florentin de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle, qui fut un des premiers européens à faire le tour du monde, fut à l'origine de l'introduction du chocolat en Italie et de la première adoption internationale coréenne identifiée en Europe, celle d'Antonio Corea, dont il existe un portrait (- Homme portant un Hanbok- aux traits et à la couleur occidentalisés) réalisé par le baroque Pierre Paul Rubens en 1617... Voici quelques détails sur cette histoire unique...

Marchand d’esclaves, marchand d’épices, de soie et de produits exotiques, Francesco Carletti (1573-1636) regagna la Toscane en 1606, à l’âge de 32 ans, après quinze années de pérégrinations d’un continent à l’autre, des îles du Cap-Vert à Lima, de Mexico à Nagasaki, en passant par les Moluques, pour revenir via Macao, Malacca, Goa, la Hollande et la France.  

Emprisonné en Colombie et en Chine, témoin d’une mutinerie sur un bateau au Japon, capturé par des corsaires hollandais, ce voyageur infatigable et curieux revenait dans son pays ruiné, mais riche de ce savoir que seul peut acquérir un intelligent "bourlingueur" au long cours.

Ce marchand florentin prit le départ depuis Séville en 1594, sans savoir encore qu’il partait pour un voyage de 8 ans autour du monde : il justifie la prolongation de son périple "en partie par curiosité de découvrir le monde, et en partie à cause de (son) intérêt pour les affaires."

Carletti est un des premiers Européens à avoir fait le tour du monde en tant que passager.

Carletti est également à l’origine de l’introduction du cacao en Italie en 1606, et fut le premier à casser le monopole espagnol sur le cacao. Grâce à ses voyages en Amérique Centrale, il avait appris la technique des Indiens pour préparer la boisson chocolatée à partir des grains de cacao.

Mais ce qui m'intéresse avant tout, c'est son adoption d'Antonio Corea, premier Coréen identifié venu en Europe en 1606.

 Homme portant un Hanbok , rebaptisé ultérieurement Homme Coréen - Pierre Paul Rubens, 1617 ; J. Paul Getty Museum, Los Angeles. L"Homme Coréen" de Rubens a provoqué la polémique à propos de l'identité du modèle, comment il vint sur le continent européen et comment il rencontra Rubens. Considéré comme l'un des plus méticuleux portraits de Rubens, l'"Homme Coréen" appartient actuellement au  J. Paul Getty Museum à Los Angeles.
Le modèle de ce portrait est supposé être Antonio Corea.

L'histoire d'Antonio Corea (1578 ?-1626) (rapportée avec précision par Tobias Hübinette, Comforting an Orphaned Nation – Representations of International Adoption and Adopted Koreans in Korean Popular Culture, Stockholm University Department of Oriental Languages, 2005, p.50.) revient parfois dans les discussions concernant le sujet de l'adoption internationale d'enfants étrangers par des occidentaux, car il est désigné non seulement comme le premier Coréen venu en Europe, mais également comme le premier adopté Coréen en Europe.

Encore garçon, le futur Antonio Corea était un (parmi des dizaines de milliers) des prisonniers de guerre Coréens déporté au Japon à l'époque des guerres Imjin (1592-1598), puis vendu comme esclave.

Né aux alentours de 1578, Antonio Corea arrive au Japon en 1597 et est acheté par un marchand florentin du nom de Francesco Carletti avec quatre autres garçons coréens.

Carletti les obtint d'abord dans la colonie portugaise de Goa en Inde, où il en libéra ensuite quatre, mais garda Corea, qui avait appris l'italien le plus rapidement.

Le jeune homme Coréen arrive en Europe en 1606, à Florence plus exactement, est converti et baptisé Antonio Corea, provoquant naturellement beaucoup d'émoi, et est supposé être le modèle pour un portrait de Rubens (Cf.supra), qu'il aurait rencontré à Rome.
Finalement, Antonio Corea s'installe, en homme libre, dans la petite ville italienne d'Albi, où il décède en 1626, devenant l'ancêtre de la famille Corea.

Actuellement, les descendants de Corea portant le même nom de famille sont environ 80, et revendiquaient d'être descendants d'un Coréen. 
En 1986, un membre de cette famille - prénommé également Antonio Corea comme son ancêtre- écrivit au président de Corée pour dire qu'il était descendant d'un Coréen fait prisonnier pendant la guerre Imjin,qu'il souhaitait visiter la Corée et en connaître plus sur ses racines. Subséquemment, cet homme visita la Corée en 1992 sur invitation du gouvernement Coréen comme invité au 400e anniversaire de la commémoration du début de la guerre Imjin.
En 1990, des descendants d'Antonio Corea visitèrent la Corée et firent un test chromosomique, qui ne mit en évidence aucune trace restante de sang Coréen après presque quatre siècles...

[Sources :
A propos de Francesco Carletti :
...Et de l'histoire du Chocolat :
A propos du portrait de Rubens :
A propos d'Antonio Corea :
>>Tobias HÜBINETTE, Comforting an Orphaned Nation – Representations of International Adoption and Adopted Koreans in Korean Popular Culture, Stockholm University Department of Oriental Languages, 2005, p.50.
>>http://www.ur.umich.edu/9899/Feb22_99/imjin.htm
]

Andrea Bocelli (in A night in Tuscany) - Con Te Partiro

mercredi 26 octobre 2011

Adoption et confucianisme (Corée,Chine,Japon) : notions légales...

 Confucius présentant Gautama Buddha à Lao-Tseu

De nombreux d'auteurs ont soutenu que le confucianisme, avec son accent sur l'importance des liens du sang, a influencé les attitudes et les pratiques en matière d'adoption dans plusieurs pays d'Asie, en particulier en Corée, en Chine et au Japon.


En Corée au cours de la période Choson précoce (1392-1598), par exemple, les femmes pouvaient être adoptées et pouvaient hériter d'une propriété. Cependant, avec l'apparition de rites familiaux néo-confucéens, l'adoption agnatique (un fils adopté du côté du père) est devenue la norme. Seul un fils agnatique adopté avait le droit de devenir héritier à des fins rituelles et pouvait porter le nom de famille.

L'adoption agnatique dans la société coréenne a été essentiellement pratiquée à des fins de culte des ancêtres, et l'adoption impliquait généralement un frère plus jeune donnant un de ses fils -de préférence l'aîné-, à un frère plus âgé, ou un frère plus âgé donnant un de ses plus jeunes descendants masculins à un plus jeune frère.

Les adoptions de gendres et les adoptions à titre posthume étaient également relativement fréquentes.
Des sources historiques indiquent que l'adoption, et en particulier l'adoption d'adultes masculins de la famille proche, était également très répandue en Chine et au Japon. Comme dans d'autres sociétés confucéennes, l'adoption a été principalement utilisée comme un moyen pour les couples sans enfant de préserver la lignée familiale, de transmettre l'héritage et assurer la perpétuation rituelle du culte des ancêtres. Les deux pays, cependant, diffèrent quelque peu dans les procédures utilisées pour réglementer l'adoption.

En Chine, une interprétation plus orthodoxe de la doctrine juridique confucéenne a été appliquée et, par conséquent, selon les codes pénaux au cours des dynasties Ming et Qing (1368-1644 et 1644-1911), l'adoption n'était autorisée que dans les lignées de sang, et de préférence parmi les agnats.

Au Japon, parce que la société mettait davantage l'accent sur le foyer familial que sur les liens du sang, l'adoption non agnatique était autorisée. Les adoptions d'adultes, de préférence avec le même nom de clan (honsei), ont été largement pratiquées pendant la période Tokugawa (1603-1867) par les membres de l'aristocratie et la classe des guerriers (samouraïs).
Certains érudits confucéens japonais avaient généralement sanctionné de telles adoptions, et même certains tentèrent d'interdire les adoptions non agnatiques, affirmant qu'elles étaient préjudiciables aux relations humaines et à l'administration de l'Etat.


De nos jours, les coutumes confucéennes continuent à influencer les pratiques d'adoption en Corée, en Chine et au Japon.

En République de Corée (Corée du Sud)
, par exemple, l'accent mis par le confucianisme sur les liens biologiques est soupçonné d'avoir entravé le développement contemporain de l'adoption nationale, malgré le fait que de nombreuses pratiques confucéennes traditionnelles, y compris l'adoption à titre posthume et l'adoption de gendres, ont été abrogées après les amendements apportés au Code civil en 1990.
Malgré les efforts du gouvernement, "l'emprise permanente du confucianisme, avec son accent sur le maintien des lignées de sang, et une forte préférence pour les fils, a fait qu'il est très difficile de promouvoir l'adoption nationale en Corée comme un substitut à l'adoption internationale" (Johnson K, Politics of international and domestic adoptions in China, in Law & Society Review, Vol.36 No.2, 2002, p. 380).

De même, en Chine et au Japon, les adoptions de gendres ou les adoptions extra-familiales d'adultes peuvent avoir lieu dans le cadre d'accords sur les successions et sur les soins aux personnes âgées.

À la fin des années 1980, deux tiers des adoptions officielles au Japon impliquaient des adultes et la vaste majorité des personnes adoptées en tant que mineurs avaient un lien de parenté avec leurs parents adoptifs (adoptions intra-familiales).

Ces dernières années, certains des pays où les pratiques d'adoption coutumière ont été façonnées par le confucianisme ont promulgué des lois qui mettent l'accent sur l'intérêt supérieur de l'enfant adopté, plutôt que sur la préservation de la famille ou du lignage du foyer familial.

En Chine, par exemple, la loi sur l'adoption de 1991 précise que l'adoption est autorisée indépendamment du lien entre l'enfant et le parent adoptif et que les orphelins, les enfants abandonnés et les enfants dont les parents sont incapables de les élever peuvent être adoptés (art. 4). Néanmoins, l'article 7 de la Loi établit que certaines restrictions sur les futurs parents adoptifs (âge minimum, par exemple) ne s'appliquent pas dans le cas d'adoption intrafamiliale "d'un enfant d'un collatéral par le sang de la même génération et jusqu'au troisième degré de parenté".

Au Japon, la pratique d'adoptions spéciales (tokubetsu yoshi) a été introduite en 1988 pour protéger les intérêts de l'enfant, en particulier dans les cas où les parents de naissance sont considérés comme inaptes. les adoptions spéciales sont limitées aux enfants de moins de six ans et ont pour effet de rompre les liens entre l'enfant adopté et les parents de naissance et leurs familles. Certains auteurs ont noté que, depuis l'introduction de l'adoption spéciale, le nombre total des adoptions au Japon a nettement diminué. Une partie de cette baisse a été attribuée à des améliorations dans le système de sécurité sociale, dans la prise en charge des personnes âgées et dans les soins fournis par leurs enfants. La stigmatisation associée à l'illégitimité présumée des enfants adoptifs en extra-familial et le fait que le système d'enregistrement des familles (Koseki) rend presque impossible celui d'adoptions anonymes ont été également cités comme autres facteurs possibles du nombre peu élevé d'adoptions au Japon.

[Source : United Nations Department of Economic and Social Affairs/Population Division, Child adoption : Trends and Policies, New York, United Nations, 2010]

Confucius Quotes... With cool music to soothe the soul...

mardi 23 août 2011

Harry et Bertha Holt (1) - Une conception humanitaire et religieuse de l'adoption...

"All children are beautiful when they're loved." Bertha Holt

En 1955, une loi spéciale du Congrès américain autorise Harry et Bertha Holt, un couple de paysans évangéliques de l’Oregon, à adopter 8 orphelins coréens de la Guerre de Corée, une première aux Etats-Unis. Les Holt, qui avaient déjà six enfants biologiques avant d’adopter, devinrent pionniers en matière d’adoptions internationales et en arrangèrent des centaines pour d’autres couples américains.

Ils s’appuyèrent sur les pratiques pré-existantes d’adoptions par procuration (proxy adoptions).
Ils tenaient compte de l’âge, du sexe, donnaient la priorité aux couples  avec zéro ou un enfant, et demandaient seulement que les candidats retenus pussent payer le coût du billet d’avion pour la Corée. Ils étaient heureux d’accepter des couples qui avaient été refusés, pour diverses raisons, par les agences d’adoption conventionnelles.

Les Holt croyaient qu’ils participaient à l’œuvre de Dieu (God's work), mais ils furent enclins à la controverse sur la manière dont les familles adoptives étaient constituées. Dans la presse, les Holt étaient présentés comme des figures héroïques et désintéressées. Au Congrès, le sénateur de l’Oregon Richard Neuberger les désigna comme des incarnations du « Bon Samaritain biblique ». Dans les communautés chrétiennes du pays, leur travail était présenté comme un modèle à suivre.

Mais de nombreux professionnels et hommes politiques du U.S. Children’s Bureau, du ChildWelfare League of America, et de la branche américaine du international Social Service s’ingénièrent (sans succès) à mettre les Holt en faillite. Ils considéraient les Holt comme de dangereux amateurs, à l’appui d’un mauvais usage de commisération et de charité. Ces placements menaçaient le système de protection sociale de l’enfant en le substituant par un zèle religieux et des méthodes hasardeuses par rapport à la prise en charge par des professionnels compétents.

Pour les Holt, la constitution de familles nécessitait foi et altruisme, pas d’assistance sociale ou de contrôle, et ils ne trouvaient rien de mauvais dans l’idée que des Américains adoptent des enfants étrangers, sans les suivre de près.

L’enfance américaine, assumaient-ils, était incontestablement supérieure aux enfances dans les pays en développement. Pour les Holt et beaucoup de leurs partisans, la Corée était un pays arriéré dont les enfants méritaient d'être sauvés.

La lettre informative des Holt pour les futurs parents adoptifs incluait la requête suivante :
We would ask all of you who are Christians to pray to God that He will give us the wisdom and the strength and the power to deliver his little children from the cold and misery and darkness of Korea into the warmth and love of your homes.” 
[Traduction : "Nous demandons à tous ceux qui sont chrétiens de prier pour que Dieu nous donne la sagesse, la force et le pouvoir de délivrer ses petits enfants contre le froid et la misère et l'obscurité de la Corée dans la chaleur et l'amour de vos maisons."]

Pour les Holt, l'adoption était un acte de foi ; l'amour était suffisant pour construire les familles dont les enfants avaient besoin.

Au début des années 60, les Holt ont pris véritablement en compte le concept d'intérêt supérieur de l’enfant. Leur procédure a commencé à suivre les procédures standards conventionnelles, et a progressivement évolué vers un fonctionnement d'agence d'adoption typique.

En un peu plus d'une décennie, les Holt sont devenus une structure centrale de l'histoire moderne de l'adoption : un mouvement de l'aide humanitaire vers le professionnalisme, et de la religion vers la science.

L'agence Holt continue de faire des adoptions internationales aujourd'hui. Son siège est situé à Eugene, dans l’Oregon.

mardi 31 mai 2011

Origines de l'adoption internationale en Corée du sud...

Origines de l'adoption internationale en Corée du sud [1;2]
En Corée du Sud, le poids social a joué un rôle prépondérant dans le développement de l’adoption internationale.
Comme l’a écrit Françoise Maury[3], la conception coréenne traditionnelle de la société et de la famille est directement inspirée du confucianisme (qui est plus une morale qu’une religion). 
La Corée du Sud reste une société patrilinéaire fortement inspirée par la pensée néo-confucéenne et les valeurs confucianistes : cette pensée est basée sur l’importance de la hiérarchie sociale et de la famille dans le cadre strict du mariage ; les lignées de sang sont prégnantes, et ce qui sort du modèle est rejeté. 
Les relations extraconjugales et les enfants nés hors mariage ne sont pas acceptés en Corée. Ces enfants n’ont aucune reconnaissance sociale. Il est donc impossible pour un parent coréen seul et non marié (divorcé ou non) avec un enfant de trouver du travail et de vivre.
En outre, les Coréens doivent se marier avec d’autres Coréens : la Corée du Sud est sans doute le pays le moins métissé du monde ; les enfants métis sont donc également moins bien acceptés. 
La guerre de Corée dans les années 50 a scindé la Corée au niveau du 38e parallèle, a ruiné le pays, a laissé de nombreux orphelins, et a également donné naissance à des enfants métis nés de soldats américains et de femmes coréennes : ces enfants métis étaient très mal vus par la société coréenne et n’avait pas d’espoir d’avenir ; ils souffraient du rejet social, au même titre que les filles-mères et leurs enfants considérés comme illégitimes.
 Un officier et paysan américain, Holt*, a créé un orphelinat à Séoul pour permettre la prise en charge de ces enfants sans avenir. Le Holt Children Services était ainsi créé et a permis l’adoption de nombreux coréens par des étrangers.
Références :
[1] PIERRON J, Adoption et séparation d'enfants : diverses approches anthropologiques, in VINAY A et Al, Psychologie de l'attachement et de la filiation dans l'adoption, Paris, Dunod, 2011.
[2] PIERRON J, Données socio-familiales de l’adoption internationale en France (étude descriptive à partir des dossiers des 800 premiers enfants vus à la Consultation d’Adoption Outremer du Dr J.V. de Monleon au CHU de Dijon). Thèse de médecine. Dijon : Faculté de Médecine de Dijon, 2007, 206 p.
[3] MAURY F, L'adoption interraciale, Paris, L'Harmattan, 1999.

* NB : Je parlerai plus spécifiquement de Harry et Grandma Bertha Holt, de leur conception humanitaire et religieuse de l'adoption et de leur impact mondial dans d'autres billets...

samedi 7 mai 2011

Confucius : l'incontournable Maître K'ong en Corée, en Chine et au Vietnam... Morale confucéenne, quand tu nous tiens !...

(((NB : BILLET COMPTE TRIPLE... NE ZAPPEZ PAS...
 AMIS DES FLUX READERS NE ME ZAPPEZ PAS ! CE BILLET EST EXCEPTIONNELLEMENT LONG, ET JE PROMETS DES BILLETS PLUS COURTS ET PLUS PERSONNELS POUR LA SUITE DE CE BLOG!)))

Pourquoi s'intéresser à la philosophie de Maître K'ong (Confucius) ?
(pour être brillant et original en dissert de philo ?)
 

Philosophie morale plus que religion, le confucianisme est incontournable pour comprendre le mode de fonctionnement socio-familial de certaines sociétés d'Asie, en particulier en Corée, en Chine et au Vietnam. Amis du monde l'adoption, ce billet compte donc triple (quantitativement et qualitativement)...

Confucius est une figure majeure en Asie aux mêmes titres que Jésus et Platon en Occident.

Même si l'importance des principes moralistes confucéens a quelque peu décliné en République populaire de Chine suite à la Révolution culturelle, l'influence latente que le confucianisme exerce encore de nos jours par exemple sur le modèle social de la Corée du Sud mais aussi du Japon et du Vietnam (respect des ancêtres, piété filiale, obéissance aux aînés, patriarcat, etc ...), est centrale.

Si vous êtes motivés pour lire la longue suite.... Surtout n'hésitez pas...
Sinon, encore une fois, ne me zappez pas...

dimanche 3 avril 2011

La passion de l'adopté comme moyen de remercier ses quatre parents... L'exemple de Pierre Sang...


Un adulte adopté bien dans sa tête qui a trouvé sa voie...
 Un adulte adopté bien dans sa tête sans, semble-t-il, connaitre précisément l'histoire de ses origines... C'est possible !

Pierre Sang Boyer est né à Séoul (Corée) en 1980, pris en charge en orphelinat (Holt je suppose), adopté à l'âge de sept ans par une famille auvergnate.

Finaliste de Top Chef 2, il est chef du restaurant Les Muses de l'opéra à Lyon.

J'ai bien apprécié son interview lue dans le Télépoche de la semaine dernière.

J'aime son point de vue sur ses quatre parents et leurs transmissions respectives, et sa manière de leur faire honneur et les remercier, par le biais de sa passion, la cuisine :

sa passion, la cuisine, est une façon de remercier ses parent français pour ce qu'ils lui ont donné, et aussi de remercier ses parents coréens d'avoir eu le courage de le déposer dans un orphelinat afin qu'il puisse avoir un avenir correct ; Pierre Sang souligne que cela n'a pas de prix pour lui. 

Merci Pierre Sang pour ce beau témoignage, et long vent à votre grande carrière de Chef avec pleins d'étoiles à la clef.

NB : si Pierre Sang lit ce blog (la probabilité est très faible, enfin, sait-on jamais) ou si quelqu'un connait Pierre Sang, je lui dis mon admiration et mes marques d'amitié pour sa manière passionnée et équilibrée de remercier ces quatre parents. Un adulte adopté de Corée bien dans sa tête, ça me plait forcément (et papa de deux enfants comme moi... Par contre, je nécessiterais d'une autre vie au moins pour la qualité de cuisine... )  !

Et un Chef dont le rêve est de cuisiner pour le Dalaï-Lama ne peut qu'être quelqu'un de bien...


NB2 (Genre je trouve un moyen valable pour que ce grand Chef devienne mon ami...) :
j'ai vu lors des émissions de Top Chef que Pierre Sang avait chaud et transpirait facilement... Dites-lui de prendre contact avec moi, j'ai les remèdes et solutions pour arrêter de suer facilement...(échanges de bons procédés requis...)


Une précision sur la culture coréenne : la cuisine coréenne est un des piliers de la culture en Corée. (dont les incontournables Kimchi -des centaines de variétés possibles-, Bulgogi, Bibimpap etc...)


En Corée, il existe des émissions TV consacrées entièrement à la cuisine et aux restaurants coréens branchés, qui se font leur pub et attirent des tas de clients dans les semaines qui suivent.
Les coréens peuvent discuter très longuement de la cuisine, du goût de ce qu'ils mangent, de leurs futures sorties restaurants etc. Un vrai sujet de société en Corée.

 Pour Pierre Sang encore : votre passion pour la cuisine vient de votre mère de France. Mais, une part vient peut-être aussi de la culture de vos parents coréens.

Il n'y a peut-être pas que du hasard dans certaines passions, même si je suis contre et lutte contre le "tout biologique"...


----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Morceaux choisis à la carte de l'interview de Pierre Sang (Télépoche du 26/03 au 01/04/11, pp20-21) :

(...)  
Quel est votre atout pour gagner ?
Mon ouverture d'esprit sur le monde. J'ai une histoire atypique : j'ai grandi en Corée, puis j'ai été adopté à 7 ans par une famille française. J'ai eu la chance de travailler à Londres pendant quelques années et de rencontrer des personnes venant de différents pays qui m'ont, chacune, apporté quelque chose. Toutes ces influences se retrouvent dans ma cuisine.

Votre point faible ?
Je suis souvent dans l'excès. Je place la barre très haut, trop haut parfois.

Comment vos proches jugent-ils vos prestations ?
Ils me trouvent égal à moi-même : je suis serein, avec une pointe de folie, comme lorsque je suis parti ramasser des mûres. Mes parents ne manquent pas un épisode : ils me félicitent ou me disputent !

Comment gérez-vous cette notoriété naissante ?
Je suis le genre de garçon à baisser les yeux. Je n'ose pas trop sortir. Mais lorsqu'on me reconnait dans la rue, les gens sont adorables, très encourageants.

(...)
Comment définiriez-vous votre cuisine ?
Une cuisine de saison, ponctuée d'une note asiatique. Ma cuisine est une cuisine gaie, colorée, dans le respect des fondamentaux de la cuisine française : la technique, le goût, la tradition.

(...)
Pour qui rêvez-vous de cuisiner ?
Le dalaï-lama. J'aimerais aller me promener au Tibet, ramasser des herbes et des fleurs, choisir des produits de saison et lui concocter un plat en utilisant une technique à la française.

(...)
D'où vient votre passion pour la cuisine ? De Corée ou de France ?
Je ne connais pas trop mon histoire coréenne. Ma passion pour la cuisine vient de ma mère, donc de France. 
Ma maman et mes grands-mères cuisinaient très bien, travaillaient les produits du jardin. Au départ, pourtant, je voulais devenir garde forestier ou moniteur de ski. Mais lors des grands repas de famille, des communions, etc., j'ai vu tout le bonheur que l'on pouvait apporter en mitonnant un bon repas. Après avoir discuté avec mes proches et des professionnels, j'ai décidé de me lancer dans des études d'hôtellerie-restauration.

Vous semblez mettre beaucoup d'affectif dans votre cuisine. On sent une envie de donner, voire de remercier...
En effet, la cuisine est une façon de remercier mes parents français pour ce qu'ils m'ont donné. Et aussi mes parents coréens d'avoir eu le courage de me déposer dans un orphelinat afin que je puisse avoir un avenir correct. Ça n'a pas de prix pour moi.

(...)
Que peut-on vous souhaiter ?
Que ma famille soit en bonne santé.

Entretien : Stéphanie Pic.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

dimanche 13 mars 2011

Corée - Pour la promotion de la musique coréenne dans le monde...

Une reprise de YMCA à la sauce Kimchi... c'est du grand art, et ça devrait servir pour des grandes causes...

[Lien :http://www.youtube.com/watch?v=qoMBzb8ogz4]

Suite à la catastrophe au Nord Japon, je vous invite à visiter l'excellent blog L'Actu en patates, illustré par Martin Vidberg du journal Le Monde, qui illustre par des dessins en forme de patates les événements marquants de l'actualité avec un ton décalé, drôle, toujours respectueux, gratuit et sans méchanceté : concernant les événements du Japon, deux dessins ont été faits en date du 12/03 (Quelles conséquences à l'incident nucléaire au Japon ?) et du 13/03 (Peut-on rire de tout ?), que j'apprécie personnellement.

Je vous invite également à jeter un bon coup d'oeil sur le top 10 des plus mauvaises reprises de musique de tous les temps sur le Blog des petits tops Topito...


Pour mettre tout le monde d'accord, et pour promouvoir la culture musicale coréenne en Occident, je vous fais part ici de mon numéro un toutes catégories des reprises de musique, qui pourrait tout à fait servir d'hymne à la cause des Japonais dans la détresse... A vous de voir...

Personnellement, je ris aux larmes à chaque fois en regardant la vidéo...

A garder et regarder pour se dérider et entretenir ses zygomatiques...


samedi 5 mars 2011

Corée - Repères mythiques, historiques et anthropologiques...

La Corée est une péninsule d’Asie de l’Est de 219 814 km2 située entre le Japon et la Chine. 
Elle est surnommée le Pays du Matin calme (litt. : le pays du Matin Frais : Han-guk (한국, 韓國) ou Joseon (ou Chosǒn) (조선, 朝鮮).

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...