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jeudi 11 février 2016

Pratiques d'adoption aux temps des Barbares (1) - Adoption Militaire et Fosterage. Généralités...

Certaines sociétés antiques attachaient une signification militaire à l'acte d'adoption : par exemple, chez les anciens peuples germaniques, des cérémonies militaires avaient lieu au moment de l'adoption, avec des armes placées dans les mains de la personne adoptée.[1]Chez les Gaulois, l'adoption par les armes consistait à armer de pied en cap un jeune homme dans une assemblée publique.[2] L'adopté jurait de défendre la famille adoptive. Le concept de primogéniture - une pratique selon laquelle le fils aîné hérite des biens de sa famille, et à son tour, son fils aîné héritera de lui - était central chez les peuples anglais, germains, et d'autres peuples européens.[1]
On trouve, sous les rois de France de la première "race" [NDLR : terme du XIXe S], deux autres sortes d'adoption :[2] l'une qui avait lieu aussi chez les Grecs du Bas-Empire, en recevant les cheveux de l'enfant qu'on adoptait; l'autre, en touchant la barbe de l'adopté ; ce qui était un même symbole.


ADOPTION MILITAIRE (antiquité, moyen âge) [3]


Chez quelques peuples de l’antiquité, quand deux combattants étaient entraînés l’un vers l’autre par une estime réciproque fondée sur des actions d’éclat, ils contractaient fraternité ; alors, les liens qui les unissaient ne pouvaient être brisés que par la mort, ou par l’infamie qui couvre le front de celui qui manque à l’honneur et aux devoirs que sa qualité d’homme guerrier l’appelle à remplir.

David d'Angers. La mort d'Epaminondas. 1811, Musée du Louvre.

L’histoire des nations de l’ancienne Germanie, de la Scandinavie et de la Scythie, rapporte des exemples extraordinaires de courage, de dévouement et d’abnégation produits par l’amitié et la fraternité engendrées au milieu des combats, et qui amenaient l’adoption. Elle s’est chargée de transmettre à la postérité l’éloge de ces barbares qui, pour ne pas se séparer au moment de leur lutte avec les légionnaires romains, terribles par leurs armes, leur discipline et leur courage, s’étaient attachés pour vaincre ou mourir ensemble. Le même sol devait couvrir les braves tombés l’un près de l’autre, ou les porter fiers et menaçants, après la victoire.
En Grèce, le bataillon thébain (créé par Epaminondas et Gorgidas) était composé d’hommes liés par une amitié qui ne pouvait s’éteindre qu’à la mort. D’après Polyen, Gorgidas organisa cette troupe d’élite qui était composée d’hommes liés par l’amour le plus tendre au nombre de trois cents. Une tendresse qu’ils avaient les uns pour les autres faisait qu’ils ne s abandonnaient jamais, qu’ils ne prenaient point la fuite et qu’ils étaient résolus de vaincre ou de mourir ensemble. Plutarque rapporte que Philippe, roi de Macédoine, parcourant le champ de bataille après sa victoire de Chéronée, resta pensif pendant quelque temps quand il aperçut ces amis étendus sur le terrain, morts après avoir combattu avec persévérance ; il fut obligé d’admirer ces guerriers qui avaient préféré la perte de la vie à la honte de reculer d’un pas. 
Dans le moyen âge, lorsque la bravoure appuyée sur les hauts faits mettait au même niveau deux chevaliers, ils contractaient alliance par les armes. S’aider, se secourir dans le danger, protéger mutuellement leur honneur était leur premier devoir. Mais quand la poudre eut changé l’art de la guerre, quand la prouesse eut reculé devant l’arme à feu, quand le chevalier eut vu son frère d’armes tomber frappé du coup mortel qu’il n’avait pu détourner, et parti peut-être de la main d’un lâche, alors l’adoption militaire disparut. Le premier coup de canon qui retentit sur les champs de bataille fut le signal précurseur de la chute de la chevalerie et de ses lois.

Origines germaniques  de la chevalerie [4]

Si chez les Grecs et les Romains monter à cheval pour faire la guerre était rare et réservé à une élite, il n’en était pas de même chez les peuples nomades d’origine germanique ou scandinave. 
Étant de nature nomade, le nourrisson fille ou garçon, « Wisigoth », « Ostrogoth », « Vandale », « Alaman », « Alain », « Burgonde », « Lombard » ou encore « Franc » et « Hun » pour ne citer qu’eux, se retrouvait sur le dos d’un cheval avant même de savoir marcher. 
Et comme la guerre était l’occupation principale de ces peuples qui se devaient, pour vivre, conquérir sans cesse de nouveaux territoires, le jeune enfant mâle cavalier se retrouvait tout aussi naturellement avec les armes à la main. Il en découle que combattre à cheval était donc la posture naturelle des guerriers de ces peuples de Germanie. 
Sevré à l’âge de trois ans, le jeune Germain était confié aux femmes de sa famille jusqu'à l’âge de sept ans. 
Passé cet âge, il était alors confié jusqu'à son quatorzième anniversaire, pour son éducation presque essentiellement guerrière, à un père adoptif. 
En général, ce père adoptif n’était autre que le frère aîné de sa mère, donc à son oncle maternel. Cette période se nomme « forsterfaeder » ou « fosterage ». Cette période initiatique guerrière dans son appellation porte dans son étymologie même les notions de rudesse et forçage éducatifs auxquels est soumis le futur guerrier germain.
Au terme de cette période le jeune germain allait faire ses preuves d’autonomie et de vaillance en voyageant parmi les nombreuses ethnies germaines. 
Lorsque le poil lui était poussé au menton, il revenait alors dans sa tribu pour y subir le rite de la première coupe de barbe ou de cheveux et pour y affronter en combat singulier son père adoptif pour que tous puissent voir ses qualités de guerrier. 
Chez certain de ces peuples, et en l’occurrence chez les « Francs saliens », il était de coutume chez leurs chefs, de célébrer en plus, par une cérémonie spécifique, la remise très solennelle des armes à un jeune homme en âge de combattre. 


Références :
[1] Adamec C. A brief history of adoption in Adamec C, Miller L.C. -  The Encyclopedia of Adoption Third Edition. New York, Facts on Files, 2007.
[2] JOHANNEAU E. Adoption (Antiquités). in ENCYCLOPEDIE MODERNE ou BIBLIOTHEQUE UNIVERSELLE DE TOUTES LES CONNAISSANCES HUMAINES. DUMENIL P., Paris, 1841.
[3] GLAIRE (Abbé). ENCYCLOPEDIE CATHOLIQUE, REPERTOIRE UNIVERSEL ET RAISONNE DES SCIENCES, DES LETTRES, DES ARTS ET DES METIERS,Tome premier. Paris, 1840.
[4] Wikipedia.

Conan The Symphony -Part 4 (Orphans of the Doom/ The Awakening)

mercredi 16 septembre 2015

Adoption en Ancienne Inde (3) - Paternité par Voie d'Adoption dans le Droit Hindou Ancien (3) : Adoption Kritima...

Adoption Kritima

À l’origine cette forme d’adoption créait un lien entre une famille et un orphelin animé par l’esprit de lucre ; un orphelin de père et de mère acceptait par intérêt le statut d’adopté, proposé par une tierce personne.
Ce mode d’adoption a subi au cours des temps des transformations pour devenir applicable à tout le monde.
C’est une adoption par consentement directement entre l’adoptant et l’adopté. L’adoptant et l’adopté doivent être de la même caste.

La formalité essentielle consiste dans l’expression du consentement mutuel. Aucune autre cérémonie n’est indispensable.
Ordinairement l’opération se déroule de la manière suivante : le jour faste choisi, l’adoptant et la personne à adopter se purifient par le bain et se rencontrent à une heure faste ; ils prononcent l’un après l’autre ces mots : « Sois mon fils » – « Je suis devenu ton fils. » L’adoptant fait alors à l’adopté un cadeau approprié.
Cette expression du consentement par l’adopté implique qu’il soit majeur. Aucune limite d’âge n’est prescrite.
Le fait qu’il ait été initié dans la famille d’origine par le sacrement de l’upanayana ou même qu’il soit marié et ait des enfants n’est pas un obstacle à l’adoption. Cependant, dans certaines régions où cette forme d’adoption est fort en vogue, l’adoption d’un mineur, non orphelin, est acceptée ; dans ce cas le consentement est donné par les parents de l’adopté.

L’adoption peut être faite par le mari ou la femme isolément. 
Quand la femme adopte, c’est toujours pour son compte et non pour celui du mari, que ce soit du vivant du mari ou après sa mort. Elle peut adopter un fils pour elle, même si l’enfant adopté par le mari est vivant. Le fils adoptif de l’un des époux n’est pas le fils de l’autre. Il est toutefois permis aux deux époux d’adopter un fils conjointement.

Le consentement du mari ou d’aucune autre personne n’est nécessaire. Mais ni l’épouse ni la veuve ne peuvent adopter un fils pour leur mari, même avec son autorisation expresse. Le lien de parenté entre l’adoptant et l’adopté est sans importance. En cas de survenance d’enfant chez l’adoptant, le contrat est susceptible d’être résilié, sauf stipulation contraire.

L’adopté ne perd aucun de ses droits dans la famille d’origine. Il ne prend pas le nom de la famille adoptive ; mais il accomplit les rites funéraires pour l’adoptant et prend son héritage. Dans la famille adoptive les liens juridiques existent seulement entre l’adoptant et l’adopté et ne s’étendent pas au-delà. Ainsi l’adopté n’hérite pas du père de l’adoptant ou même du conjoint de l’adoptant, de même le fils de l’adopté n’hérite pas de l’adoptant. Les liens se limitent donc aux parties contractantes. L’adopté perd tout droit à la succession en cas de survenance d’enfants chez l’adoptant. Mais comme le pont n’est pas coupé du côté de sa famille d’origine, c’est seulement un manque à gagner.
Cette forme d’adoption très souple, admettant des liens de filiation réduits, a une allure d’institution d’avant garde.

[Source : Annoussamy D. Filiation en droit hindou ancien.
in  ROY O.(dir). Réflexions sur le pluralisme familial. Paris. Presses Universitaires de Paris Ouest : 2011.]


[VOIR AUSSI : 





vendredi 27 mars 2015

Adoption en Ancienne Inde (2) - Paternité par Voie d'Adoption dans le Droit Hindou Ancien (2) : Adoption dattaka...

Adoption dattaka (fils donné en adoption de plein gré par son père)

[Voir auparavant : Adoption en Ancienne Inde (1) - Paternité par Voie d'Adoption dans le Droit Hindou Ancien (1) : Les diverses sortes d’adoption...]

Pour pallier la désolation qui résulterait de l’absence d’un fils, il est indispensable, en cas de besoin, d’en adopter un qui puisse être intronisé dans cette grande famille dont les frontières s’étendent au-delà de ce monde.
Pour ce faire l’adoptant ne doit pas avoir de descendant direct jusqu’au troisième degré. La grossesse de l’épouse n’est pas un obstacle à l’adoption. Si le seul descendant direct devient ascète ou entre dans un ordre religieux l’adoption est possible. De même, s’il est exclu de la caste ou renonce à la religion ou souffre d’une maladie incurable le rendant inapte à accomplir les cérémonies funéraires.

L’adoption n’est pas laissée à la discrétion de l’hindou ; elle s’impose à lui. S’il n’a pu adopter de son vivant un fils qui lui agrée, il peut donner mandat à sa femme d’en adopter un pour son compte après sa mort. Même s’il meurt sans donner un tel mandat, la veuve à l’obligation morale d’adopter un fils pour son mari défunt. Ce cas mis à part, la femme n’a pas le droit d’adopter. Elle perd ce droit si elle se remarie.

Pour être agréable aux ancêtres, le fils adoptif doit être une réplique parfaite du fils aurasa.
[aurasa : fils né d’une épouse légitime, vierge au moment du mariage, de même caste. Il est considéré comme l’enfant parfait, la réplique de son père. On croyait à cette époque que l’enfant était produit uniquement par la semence de l’homme et que la femme était tout simplement un réceptacle nourricier. En cas de mort d’un tel enfant son fils aurasa peut le remplacer ; de même son petit fils. Toutefois, l’enfant atteint d’infirmité, de maladie incurable, ou d’incapacité mentale n’est pas considéré comme un enfant à part entière : il ne peut recevoir le sacrement de l’intronisation spirituelle dans la famille ; il ne peut pas faire les offrandes aux défunts ; il n’hérite pas et n’a droit qu’aux aliments. Il est ainsi écarté de la grande famille des vivants et des morts.]

Il doit appartenir à la même caste et être de préférence un sapinda. [Sapindas : ceux qui ont les mêmes particules du corps et qui ont les mêmes liens d’offrandes. Tout hindou est sapinda de ses descendants mâles jusqu’au troisième degré, de ses ascendants mâles jusqu’au troisième degré, des descendants mâles de ces derniers jusqu’au troisième degré.]

L’adopté ne doit pas avoir été déjà intronisé dans la famille d’origine par la cérémonie de l’upanayana ou investiture du cordon sacré.
La femme étant dans l’incapacité d’offrir des oblations, l’adoption d’une fille n’est pas reconnue non plus.
Un fils unique est rarement donné en adoption, car cela priverait son père d’un continuateur de sa propre lignée.
Les enfants apparentés par l’intermédiaire d’une femme doivent être écartés.
L’adoptant et la mère de l’adopté ne doivent pas être dans un lien de parenté interdisant le mariage.

Pour que l’adoption soit valable, il faut que le fils soit donné de plein gré par son père. C’est cet acte de don qui a prêté son nom (dattaka) à cette forme d’adoption.
Il en résulte qu’un orphelin ne peut être adopté.
Un enfant adopté ne peut être donné en adoption.
La loi n’admet la présence que d’une seule personne dans chacun des trois rôles ; l’adoptant, l’enfant à adopter et le parent qui donne l’enfant.
L’adoption simultanée d’un même enfant par plusieurs personnes est expressément interdite.

Cute Little Krishna Eating Butter from His Pot

L'adoption s’accomplit par la tradition réelle de l’enfant avec l’intention de le transférer de la famille d’origine à la famille adoptive.
La cérémonie varie dans les détails d’une région à l’autre, d’une caste à l’autre.
Mais le scénario le plus généralement suivi se déroule ainsi : au jour et à l’heure fastes choisis avec soin, on rassemble parents et amis ; des brahmes versés dans les Védas allument le feu sacré.
Devant ce dernier, l’adoptant fait solennellement la demande de l’enfant à son père légitime.
Sur son consentement, il prend l’enfant et prononce ces mots : « Je te prends pour continuer la lignée de mes ancêtres. »
L’enfant est ensuite installé sur les genoux de la mère adoptive.
L’officiant procède alors à des oblations de riz et de beurre clarifié au feu sacré, ponctuées par des prières. Le tout s’accompagne de musique auspicieuse.
La cérémonie se termine par des cadeaux offerts à l’adopté par les parents et amis et les présents d’usage distribués par les parents adoptifs aux brahmes et à l’assemblée.

Les liens de parenté dans la famille adoptive s’établissent ainsi : quand un hindou marié adopte une personne, sa femme en devient la mère adoptive avec tous les droits et obligations qui en découlent.
Quand l’adoption est faite par l’hindou avec le consentement de plus d’une épouse, la plus ancienne épouse, pas nécessairement la plus âgée, devient la mère adoptive, et les autres épouses deviennent belles-mères.
Quand un veuf ou un célibataire qui a adopté un enfant vient à se marier par la suite, sa femme est considérée comme marâtre de l’adopté. De même, celui qui épouse une femme qui avait déjà un enfant adopté en devient le parâtre.

Bien que les liens avec la famille d’origine soient rompus par l’adoption et que l’adopté perde le nom de sa famille d’origine, les empêchements pour cause de parenté en matière de mariage continuent à subsister.
De même, tout bien déjà échu à l’adopté et provenant de la famille d’origine lui reste acquis, avec les obligations qui s’y attachent, telles que l’obligation alimentaire ou celle de payer les dettes de son père biologique mais seulement dans la limite des biens échus.

Dans la famille adoptive, l’adopté a le même statut et les mêmes droits que le fils aurasa.
Il participe à la communauté des biens de la famille indivise et hérite des collatéraux ainsi que des ascendants de l’adoptant.
Toutefois ses relations de sapinda ne s’étendent que jusqu’à trois degrés au lieu de sept pour l’aurasa. Il est exclu de la succession si le père adoptif avait été disqualifié alors que le fils aurasa vient en représentation d’un tel père.
Quand il est en concurrence avec un enfant aurasa, né après l’adoption, il n’a droit qu’à la moitié de la part de cet enfant.

[Source : Annoussamy D. Filiation en droit hindou ancien.
in  ROY O.(dir). Réflexions sur le pluralisme familial. Paris. Presses Universitaires de Paris Ouest : 2011.]



jeudi 26 mars 2015

Adoption en Ancienne Inde (1) - Paternité par Voie d'Adoption dans le Droit Hindou Ancien (1) : Les diverses sortes d’adoption...

Paternité par voie d’adoption dans le Droit Hindou Ancien - Les diverses sortes d’adoption...


Lord Ganesh Family


 En droit hindou ancien, cinq catégories d’enfants adoptifs sont reconnues selon la modalité de l’opération :

1/ Dattaka : fils donné en adoption de plein gré par son père ;

2/ Kritima : fils adopté par consentement direct avec l’adoptant ;

3/ Kritaka : enfant vendu par ses parents ;

4/ Appavidda : enfant abandonné et recueilli comme fils ;

5/ Svayam dattaka : orphelin ou enfant abandonné qui s’offre à quelqu’un de son propre mouvement.


Les formes 3, 4 et 5 ne se distinguent entre elles que par les circonstances et les sentiments qui animent l’adoptant et l’adopté et le cas échéant les parents biologiques. 

Dans les cas 3 et 4 l’adoptant joue un rôle actif, dans le cinquième, c’est l’adopté qui est moteur de l’adoption, ce qui en fait un cas unique en son genre. 

Les 3 dernières formes sont assez simples et n’exigent pas de développement. 

En revanche les deux premières formes sont très élaborées et leurs détails aideront à mieux comprendre le phénomène de la filiation dans l’Inde ancienne. 

(to be continued very soon... I promise !...;-))


[Source : Annoussamy D. Filiation en droit hindou ancien.
in  ROY O.(dir). Réflexions sur le pluralisme familial. Paris. Presses Universitaires de Paris Ouest : 2011.]


"Jai Ganesh Jai Ganesh Jai Ganesh Deva" - Lord Ganesh Aarti



[VOIR AUSSI : 




vendredi 20 mars 2015

Adoption en Chine antique (2) - Diverses pratiques chinoises d'adoption...

L'historienne Ann Waltner suggère que le terme «adoption» peut se référer à plusieurs pratiques chinoises connexes mais différentes.

La plus courante, et la plus proche de la pratique occidentale, était l'acte juridique qui permettait à un parent proche de sexe masculin dans une famille d'hériter et de prendre la responsabilité des obligations commémoratives rituelles. Parce que les fils adoptifs portaient des obligations graves, les jeunes enfants n'étaient généralement pas considérés comme des candidats acceptables, et l'adoption de nourrissons était assez rare.

Différents termes pour l'adoption faisaient également référence à des accords moins formels, par exemple l'adoption de soldats par leurs généraux ou même par l'empereur.
Dans un cas célèbre, au début du XVIe siècle, l'empereur Wuzong a "adopté" 127 hommes en une seule journée". Son but apparent était de lier plus étroitement leur loyauté en leur conférant un statut quasi-familial.
En bref, l'adoption dans certains cas a été fait de manière légale et dans d'autres cas comme un symbole non contraignant d'affiliation.

Le point-clé est que l'"importance accordée aux notions d'affinité de sang au début de l'Europe moderne n'a pas d'équivalent chinois. "
Les notions confucéennes de patriarcat et de filiation patrilinéaire ont coexisté assez facilement avec les improvisations de la parenté adoptive. Tant que l' héritier mâle adéquat était trouvé, les familles pouvaient envisager l'avenir avec confiance pour la continuité générationnelle. A cet égard au moins, les Chinois ressemblaient aux Romains, pour qui l'adoption fournissait un instrument tout à fait acceptable pour préserver le nom et les biens d'une famille.

Comme les Romains, aussi, les Chinois pratiquaient l'adoption posthume. Si un homme était mort sans descendance pour fournir les offrandes, "un frère assignait généralement un de ses fils à la lignée du défunt . L'adoption était effectuée par la rédaction d'un contrat sur ​​une feuille de papier rouge, qui était ensuite insérée dans la base de la tablette de l'homme mort."
En échange des services commémoratifs qu'il a effectués, le fils adoptif devient éligible pour hériter d'une partie de la succession de l'homme mort. L'objectif principal de l'adoption était "toujours la famille et de la lignée familiale, les hommes de la maison et leurs ancêtres et descendants patrilinéaires." Il semble que ces attitudes en matière d'adoption ont prévalu pendant des siècles.

Selon un expert, l'acquisition d'héritiers désignés (ou « rituels ») peut être tracée des Han ( 202 av - 22 CE ) jusqu'aux Qing (1644-1911), soit une période de plus de 2000 ans. Si la pratique plus récente est un guide pour le passé, il semble que les fils adoptés aient été facilement assimilables dans leurs nouvelles familles et leurs villages. Ceci en dépit du fait que les transactions adoptives impliquaient souvent des hommes et des garçons qui avaient été vendus par leurs parents d'origine. "En considérant la Chine impériale tardive dans son ensemble", Myron Cohen a écrit, "il est bien connu que les hommes, les femmes et les enfants pouvaient être vendus "; ils étaient considérés comme des «marchandises».

Malgré l'acceptation générale de l'adoption, au moins une fois, au début des années 1520, un différend sur l'adoption a menacé de renverser une dynastie.


Empereur Zhengde (Temple Wuzong)

L'épisode , parfois appelée "la Grande Controverse rituelle", a mis à l'épreuve la légitimité de trois générations de la famille impériale.
Avant sa mort en 1521, Wuzong sans héritier - le même Wuzong qui a adopté ses soldats - nomma le prince adolescent de Xing, le fils du frère aîné de Wuzong, pour lui succéder comme Shizong. Cependant, après la mort de Wuzong, les officiels de la cour demandèrent à Shizong de prendre le titre de prince héritier, plutôt que celui d'empereur, ce qu'il refusa.
Pour le dire simplement, Shizong insista sur le fait  d'être le fils de son père mort, plutôt que le fils de l'empereur défunt. Pour ce faire, il demanda que son père lui ait donné le rang impérial à titre posthume. Trois années de querelles assez amère s'ensuivirent, à l'issue desquelles 230 fonctionnaires sont descendus au palais, cognant sur les portes et exigeant la coopération de Shizong. Au lieu de cela, il fit arrêter 134 d'entre eux, dont dix-sept moururent des suites de leurs peines. Pour sa part, Shizong a régné, sous le nom de règne Jiajing, pendant quarante-cinq ans.

En bref, même dans des cultures qui ont adopté l'adoption plus ou moins complètement - plusieurs anciens empereurs de la Chine ont atteint le trône par l'adoption -, sa pratique a souvent porté le fardeau d'une défiance potentielle.


[Sources : sur demande très motivée à l'auteur...]

[>>>>>VOIR AUSSI : 

Adoption en Chine antique (1) - Généralités... 

>Adoption et Confucianisme (Corée, Chine, Japon) : notions légales...

>>Adoption d'enfants en Chine traditionnelle (1) - Mingling Zi : la légende de la guêpe et des vers à soie...


>>>Adoption d'enfants en Chine traditionnelle (2) - Tongyangxi : adoption de petites brus chinoises...  ]




mercredi 18 mars 2015

Adoption en Chine antique (1) - Généralités...

La Chine est, avec l'Inde,  la civilisation antique qui a laissé le plus de documents en lien avec l'adoption.

Les Analectes de Confucius (environ 500 av.JC) ont codifié les normes patriarcales, patrilinéaires qui vont guider la société chinoise pour les 2500 années suivantes.

Parce que les cultes de vénération des ancêtres étaient même plus importants dans la Chine impériale que dans les sociétés antiques occidentales, la nécessité d'avoir un  héritier était ressentie avec un souci particulier.

La combinaison d'une infertilité et de hauts taux de mortalité créait des problèmes connexes de menace sur la survivance du nom de famille et de ses biens.

En plus de cela, un père avait besoin de soins dans sa vieillesse et de respect profond pour lui et ses ancêtres après la mort.

Mencius and his loving mother.

La littérature impériale précoce contient des oppositions à l'adoption.

Mencius, par exemple, écrit que "le Paradis donne naissance à des créatures de telle manière qu'elles n'aient qu'une seule racine", et le texte était compris comme approuvant uniquement les lignées biologiques généalogiques.

Beaucoup plus généralement, cependant, le pragmatisme a prévalu ; La Chine a accepté et même encouragé l'adoption pour créer ou re-créer des lignées viables de succession.

Un sens similaire de pratique définissait le pool d'adoptés potentiels : les règles stipulaient que seuls ceux qui avaient le même nom de famille étaient éligibles, mais des violations à ces règles se sont produites en permanence, étant donné que certains hommes élargissaient leur pool de recherche de fils adoptifs appropriés.


[Sources : sur demande très motivée à l'auteur...]


[>>>>>VOIR AUSSI : 

>Adoption et Confucianisme (Corée, Chine, Japon) : notions légales...

>>Adoption d'enfants en Chine traditionnelle (1) - Mingling Zi : la légende de la guêpe et des vers à soie...


>>>Adoption d'enfants en Chine traditionnelle (2) - Tongyangxi : adoption de petites brus chinoises...  ]





dimanche 28 septembre 2014

Adoption en Mésopotamie (2) - Pratiques d'adoptions en Mésopotamie et nuances par rapport à l'adoption à Rome...

La composition de la population en Mésopotamie au début du deuxième millénaire avant JC était sémitique et sumérienne.

La première dynastie de Babylone a été fondée par des Sémites, mais le peuple représentait un mélange de cultures sémitique et sumérienne.

Des arrangements sophistiqués d'adoptions sont déjà trouvés dans le Code d'Hammourabi (1792-1750 avant JC), qui fournit un support pour intégrer une famille, globalement semblable à une partie du contenu juridique romain.
Le code date de la fin du règne d'Hammourabi, apparemment après sa trente-huitième année de règne. Les dispositions décrites montrent une prise de conscience intime de certains des dangers de la création artificielle de liens parentaux.
Un enfant adopté pourrait être traité différemment qu'un enfant naturel, ou l'une des parties (adopté ou adoptant) pourrait s'avérer mal adaptée à l'autre, et la privation maternelle était reconnue comme un danger. Un enfant pourrait persister dans la recherche de son père et de sa mère naturels, et devrait par conséquent leur être restitué. Ces conditions équivalent à un aveu de la réalité que l'enfant et la famille adoptive peuvent ne pas être mutuellement adaptés.
Les adoptés sont envisagés comme des petits enfants, et cela marque une différence majeure de la norme romaine. L'adoption d'enfants semble être une rareté à Rome.
Le Code Hammourabi englobe également des règles dures et différentes pour ceux adoptés par des courtisans.
La doctrine romaine ne mentionne jamais la possibilité d'un échec d'adoption, ni rien de comparable à la réglementation sévère pour certains adoptés à Babylone.

Pour résumer, l'adoption à Babylone ne reste valable que si l'adoptant a traité l'enfant de toutes les manières comme le sien. Si l'enfant persiste dans la recherche de son père et sa mère d'origine, il leur est renvoyé. Ainsi, la question de la privation maternelle a été reconnue et traitée. Le seul enfant adoptif qui était puni pour la recherche de sa famille natale était celui adopté par un courtisan, depuis les courtisans ont été empêchés par la loi et parfois par la castration de l'engendrement de leurs propres enfants. L'adoption était considérée comme un honneur insigne, et comme elle représentait un grand bond dans le statut de l'enfant, elle n'était pas réversible :

187 Le fils [adopté] d'une courtisane ou le fils [adopté] d'une prostituée ne doit pas être réclamé ... Si le fils [adopté] d'une courtisane déclare au père qui l'a élevé ou la mère qui l'a élevé "Tu n'es pas mon père" [ou] "Tu n'es pas ma mère", ils doivent lui couper la langue.

Les adoptions de personnes de statut inférieur sont également traitées dans le Code, et il y a par conséquent une discussion sur l'apprentissage et le nourrissage. Les garçons étaient adoptés par des artisans libres pour apprendre et hériter de leur commerce, mais l'adoption était invalide si l'artisan n'avait pas enseigné son métier. En raison de l'âge des enfants adoptés, tout adoptant était susceptible d'avoir besoin d'une nourrice, qui serait en charge de l'enfant pendant deux ou trois ans.
Sa conduite était strictement surveillée et elle était soumise à des sanctions féroces si l'enfant mourrait sous ses soins (ses seins devaient être coupés - article 194 du Code-).

Le recours à l'adoption en Mésopotamie a été considérée comme développée à partir d'une préoccupation initiale de perpétuer la famille et ses rites religieux, vers un stade ultérieur, où des raisons laïques sont clairement importantes. Quoi que l'on pense du modèle évolutif, il existe des preuves de ces préoccupations laïques. Par exemple l'apprentissage d'un métier, la poursuite d'un business, ou l'entretien de personnes âgées peuvent être inclus dans cette catégorie. L'adoption était peut-être encore possible pour un homme qui avait déjà un fils.

Three Nuzi Tablets. Harvard Semitic Museum.


L'anthropologue Elizabeth Stone ajoute une adoption « fictive» à ces types plus traditionnels d'adoptions dans la société mésopotamienne.
Elle était utilisée comme une méthode de transfert de propriété dans des situations où la propriété était théoriquement inaliénable (Cassin [1938] 1-48). Dans ces cas, aucune relation parent-enfant n'est implicite entre les deux parties. Les textes d'adoptions fictives à Nuzi (près de Kirkuk) datent de la moitié du second millénaire avant JC (peut-être entre 1475 et 1350 avant JC : Cassin [1938]). Celles-ci servent à transférer un vrai patrimoine lorsque les champs et les vergers ne peuvent être dispatchés dans un cercle très étroit de proches parents. Certaines personnes ont été «adoptés» jusqu'à 120 fois, ce qui sert à démontrer que ces adoptions ne peuvent pas être adoptions classiques (Cassin [1938],16-17) . Les obligations de fournir de la nourriture et des vêtements à l'adoptant sont inscrites, mais pas l'obligation plus intime de s'occuper des funérailles de l'adoptant (Cassin [1938],37). Encore une fois, à Rome, les obligations précises des adoptés en matière de soutien et de maintenance ne sont pas énumérés dans les sources juridiques, car une grande partie de cela était réglementé au niveau domestique. La Patria Potestas assurait que l'adoptant fût dans une position très forte financièrement.

Stone souligne que l'utilisation d'une relation fictive de cette manière est en soi le signe d'un système en état de siège, et elle semble représenter une évolution dans l'usage de l'adoption, déjà à cette date précoce. Toutes les adoptions créent des relations fictives, mais là il semble que les pratiques traditionnelles servaient à de nouvelles fonctions et à l'accomplissement de nouveaux besoins de la société. Les types d'adoption décrites par Goody, qui sont conçus pour corriger les déficits dans la composition de familles, peuvent être appelées adoptions "familiales", et, en revanche, celles à Nuzi sont principalement motivées par des préoccupations économiques. Celles-ci sont appelées par Elizabeth Stone adoptions "économiques". Néanmoins, les catégories de Goody ont également une dimension économique. La composition et la situation économique de chaque famille auraient eu un impact sur la décision d' aliéner des biens par combine, telle qu'attestée dans les textes de Nuzi.

Des adoptions fictives existaient à Rome dans des conditions très différentes ; l' exemple classique est celui de l'homme politique républicain Clodius, qui utilisait l'adoption pour passer du statut de patricien à celui de plébéien, afin de devenir admissible au tribunat.
Aussi bien à Babylone qu'à Rome, dans ces cas, l'adoption servait à donner à l'adopté le statut requis pour atteindre un objectif social identifiable.


[SOURCES :
LINDSAY H. Adoption in the Roman World. Cambridge : Cambridge University Press. 2009.
CASSIN E.-M. L’adoption à Nuzi. Paris: Adrien-Maisonneuve. 1938.
GOODY J.The Development of the Family and Marriage in Europe. Cambridge : Cambridge University Press. 1983.
STONE E. C., OWEN D. I.. Adoption in Old Babylonian Nippur and the Archive of Mannum-mešu-lissur. Winona Lake, IN: Eisenbrauns.1991.]


VOIR AUSSI :

MESOPOTAMIE :

>>> ADOPTION LEGALE DEPUIS QUAND ?

>>> Adoption en Mésopotamie (1) - Adoption à Babylone dans le Code d'Hammourabi : Généralités...

ROME ANTIQUE :

>>> Adoption dans le droit romain (1) – Octave, l’Auguste fils adoptif de César, et la Tradition d’adoption du successeur impérial parmi les empereurs Julio-Claudiens et Antonins…



mercredi 7 mai 2014

Adoption en Egypte antique (2) - "Extraordinaire(s)" adoption(s)...

En 1941, Alan Gardiner a publié un essai appelé « Adoption Extraordinary » dans The Journal of Egyptian Archaeology.
Écrivant en "ces jours catastrophiques", au milieu de la Seconde Guerre mondiale, Gardiner s'adresse lui-même à " [ses] lecteurs, s'il y en avait encore en mesure de prêter leur attention à l'égyptologie et l'étude du Droit Ancien."  Les conditions en temps de guerre, ajoute-t-il, font qu'il est impossible pour lui de fournir un commentaire complet sur ​​le document qu'il a trouvé, un document à son avis d'une importance exceptionnelle. Même si "la langue est barbare et la composition exécrable," néanmoins " les faits révélés sont étonnants." Nous n'avons, écrit-il , " pas la moindre idée qu'en Egypte la fiction juridique de l'adoption pouvait prendre une telle importance ou être poursuivie en de telles périodes."

The Dwarf Seneb and his Family portrays the Ancient Egyptian official as a full and distinctive person. Egyptian Museum in Cairo.

Après nous avoir assuré que le papyrus lui-même est "enterré pour des raisons de sécurité à quarante pieds sous terre," Gardiner résume l'histoire tout à fait remarquable d'un testament dicté par un maître impérial nommé Nebnéfer. L'épisode date du Moyen Empire (2030-1640 avant notre ère). Nebnéfer craignait que, après sa mort, ses frères et sœurs pussent réclamer une partie de ses biens à sa femme sans enfants, Rennufer. Pour éviter cela, il "avait recours à la solution extraordinaire de l'adoption de sa femme comme sa propre fille."

Il y a plus. Des années plus tard, Rennefur maintenant veuve a fait un testament , dans lequel elle adopte deux filles nées d'un esclave du foyer familial ; elle lègue sa propriété à ces enfants.

Il y a plus encore. Rennefur a trouvé un tuteur pour les deux filles, représenté par son propre frère cadet, Padiu. Pour formaliser cet arrangement, Rennefur a adopté Padiu, qui à son tour a épousé une des jeunes filles. Ainsi Padiu est devenu à la fois fils et gendre de Rennefur. En outre, depuis que Nebnéfer avait adopté Rennefur, le jeune beau-frère était maintenant devenu à la fois fils et petit-fils de Rennefur par adoption.
C'est suffisant, écrit Gardiner , pour "faire s'embobiner le cerveau" (to make the brain reel).

L'histoire de Rennefur présente les rebondissements d'un vaudeville français ;
mais la plupart des adoptions dans l'Egypte ancienne étaient moins sensationnelles dans leurs détails.
Selon le Lexikon der Ägyptologie, l'adoption peut être retracée au moins aussi loin que la XIXe dynastie (environ 1292-1189 avant JC). Sur la base de ce qui est connu de la pratique, l'adoption servait principalement à fournir des héritiers pour des hommes qui n'avaient pas d'enfants survivants de sexe masculin.
Dans un cas, le scribe Ramose et sa femme Moutemouia semblent avoir commandé un monument aux dieux de la fertilité et de l'accouchement, mais leurs prières n'étaient pas entendues avec la venue un fils . Ramose a alors adopté Kenherkhepeshef, qui  succéda à Ramose dans ses fonctions.

Comme le suggère l'histoire de Rennefur, dans les années du Moyen-Empire, l'adoption était une stratégie juridique possible aussi bien pour les femmes que pour les hommes.

Plus tard, au cours de la période gréco-romaine, le «droit de la femme à statut égal», y compris son droit d'adopter, a été progressivement dépouillé.

Comme ce sera également le cas à Rome, l'adoption égyptienne a parfois été déployée pour créer ou entretenir des alliances politiquement utiles.
Un exemple particulièrement intéressant vient de la Troisième Période Intermédiaire (env. 1070-640 avant notre ère), une période turbulente durant laquelle les régions du nord et  du sud du pays ont été divisées, avec la famille royale contrôlant le nord tandis que le sud était effectivement gouverné par les grands prêtres d'Amon. Pour renforcer leur position, les rois ont inventé le poste d'épouse du Dieu Amon, un titre décerné par adoption d'une succession de  femmes non mariées - figures de proue vierges dont le célibat protégeait la monarchie de la mise en place d'une nouvelle dynastie.

[Source : CONN Peter - Adoption A Brief Social and Cultural History. New York : Palgrave Macmillan. 2013]


VOIR AUSSI :
>>> ADOPTION DANS L'EGYPTE ANTIQUE (1) et notions sur la famille egyptienne antique...

>>> Egypte - Adoption des épouses du Dieu Amon et dynasties sacerdotales...






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