>> L'adoption est un sujet sensible, complexe, qui demande forcément une approche multifocale, multifactorielle et pluridisciplinaire.
L'adoption par couple homosexuel ne déroge donc pas à la règle, et peut nécessiter tout de même quelques recadrages…
L'adoption par couple homosexuel ne déroge donc pas à la règle, et peut nécessiter tout de même quelques recadrages…
Pardon si je fais dans la synthèse et les
raccourcis dans ce billet, mais je ne veux pas disserter sur trente pages (et vous n'y survivriez sans doute pas......;-)), et me focaliser sur quelques pistes ou notions qui me semblent importantes...
Vos commentaires sont évidemment les bienvenus !
>> Mariage pour tous / PACS pour
tous/ Adoption par couples mariés (depuis plus de 2 ans) :
Du point de vue
religieux, n’attendons pas des religions monothéistes (christianisme,
judaïsme, islam) d’être pour le mariage religieux homosexuel, c'est sans sens sacré et sans fondement religieux possible pour les trois.
Et confondre le religieux et le laïc sur la question du mariage homosexuel mène sans doute à une impasse.
Alors si on place cette impasse avant le "parcours du combattant" attendu pour l'adoption ensuite, on n'est loin d'être arrivé à bon (aéro)port...
Et confondre le religieux et le laïc sur la question du mariage homosexuel mène sans doute à une impasse.
Alors si on place cette impasse avant le "parcours du combattant" attendu pour l'adoption ensuite, on n'est loin d'être arrivé à bon (aéro)port...
Du point de vue de la Loi, il existe actuellement le PACS,
possible pour un couple homosexuel.
Et si la Loi sur l’adoption en France s’ouvrait au PACS, le débat sur
le mariage pour tous (et l'éventuelle confusion entre religieux et civil) n’en serait-il
pas changé ?
Est-il prévu un « PACS Plus » en quelque sorte ouvrant
droit à l’adoption ?
Un PACS avec plus d’options pour s'apparenter à un "Mariage" ?
>> Quelle Adoption par
couple homosexuel ?
- De la science-fiction
en adoption internationale :
Même si loi française l’autorisait, les lois des principaux pays-sources
ne l’autorisent pas.
Et dans un contexte où l’adoption internationale est en forte diminution, et où ce sont les pays –sources qui ont - de façon durable - le pouvoir de proposer ou
pas leurs enfants à l’adoption internationale (s’ils sont dans la Convention de La Haye, l’adoption internationale ne peut que diminuer, arrivant en dernier recours des mesures de protection de l'enfance), l’adoption
internationale par couple homoparental français n’est pas prête de se
développer… A moins de faire changer les
lois des pays-sources (je plains celui qui aurait l’audace et la bravitudeoure d’aller
souffler à la Chine l’idée d’accepter que leurs enfants soient adoptés par des
couples homosexuels, déjà que si vous êtes célibataire, trop gros et pas assez
high-class niveau revenus, ne pensez même pas pouvoir adopter en Chine : commencez par vous marier, maigrir et devenir riche…Et refaites un agrément au bout de deux ans... ;-))
Et il est probable que certains pays-sources (comme en Asie du Sud-Est)
feront également obstacle aux adoptions par célibataire, par crainte d’adoption
par homoparents masquée…
-Du
ménage à faire en adoption « domestique » ("domestic" est le terme
anglo-saxon pour désigner les adoptions internes ou nationales) :
Le rapport Colombani de 2008 et la récente proposition de Loi de MichèleTabarot (sans suite et sans application juridique actuellement) préconisaient en quelque sorte de faire du « ménage –sain, raisonnable et raisonné- en domestique » (interprétation personnelle... Mais le jeu de mot entre "ménage" et "(adoption) domestique était trop tentant ! ;-)), avec plus de préparation des candidats (présupposée depuis les Lois Mattei de 1996 ; exigences en interne mais également de plus en plus de
pays-sources de l’adoption internationale, certains comme la Russie imposant un nombre d'heures obligatoires de préparation des candidats ! -80 heures...-), et une meilleure approche de l’adoptabilité
d’enfants français en situation d’abandon, afin que l’adoption nationale ait
une meilleure place dans le dispositif français de protection de l’enfance (gros
résumé perso d’idées-phares, mais je ne pense pas avoir « dénaturé » l’esprit
de leurs textes… Et il est important d'être
conforme à la nature quand on parle d’adoption, même moderne…Et comme l’adoption existe dans la nature –tout comme les rapports homosexuels d’ailleurs… Genre chez
les Bonobos, et leurs facultés « missionnaires » de rapports ventro-ventraux également, qui ont passionné certains éthologues sans œillères…-
nous voilà sauvés !)
- Du cas par cas pour faire reconnaître l’adoption du conjoint d’un
parent homosexuel ayant adopté individuellement
Là nous sommes dans des cas concrets et existants.
Et là l’intérêt de l’enfant doit déjà primer…
Toutefois, ces cas particuliers doivent-ils remettre en cause tout le système ?
>> Etre adopté par un couple homosexuel :
un facteur de risque en plus ? >> Une raison de « se préparer plus »
en plus !
On parle - à très juste titre, vu que mon Maître JVM en parle... - de facteur de risque pour l’adoption par couple homosexuel, alors, pendant qu'on y est dans les facteurs de risque, pourquoi la
Loi ne définit-elle pas un âge maximal des adoptants ?
Et comme l’adoption par couple homosexuel est de fait possible par une adoption
individuelle (sous couvert d'un « devoir de réserve » sur le statut réel du couple
homoparental à l’international) d’une part, et que les enfants proposés par les
pays-sources de l’adoption
internationale sont (et seront) de plus en plus des enfants à besoin
spécifiques d’autre part, et dans un système français qui n’a pas favorisé l’adoption
nationale (« favoriser » au sens de "faciliter" du rapport Mantz (Académie de Médecine) de 2011, ce qui ne veut pas dire « faire de la
quantité au détriment de la qualité », ce qui a pu être le cas par le passé), tout facteur de risque s’ajoutant
à un facteur de risque impose donc ce qui était déjà préconisé indépendamment
de la question du couple parental, recentrer finalement le débat sur l’adoption, la pré-adoption : plus de
préparation, que Diable !
Mais le fait de confier un enfant à un couple homoparental conscient des risques (étant dèjà eux-mêmes en situation à risque par rapport à la normalité statistique des hétérosexuels), sensible aux facteurs de risque (y étant eux-mêmes fréquemment confrontés dans un environnement social qui ne leur est pas toujours favorable) et bien préparé ( aux spécificités de l'adoption et de leur -futur- enfant adopté) ne rend-il pas caduc la notion de risque ?
Oui, à condition d'avoir les moyens de bien préparer ces candidats, mais finalement tous les candidats (les adoptions d'enfants à besoins spécifiques étant de plus en plus la norme.. Bien que, de fait, tous les enfants -adoptés ou non - ont de toute façon des besoins spécifiques...)
Alors qui aura des moyens - concrets et pas uniquement sur la base des béné-volontaires associatifs ou des Coca-Poire... C'est à dire en leur donnant de véritables moyens...- à proposer ?
Et je ne parle même pas du suivi post-adoption, cela fait déjà suffisamment de choses à considérer pour ce billet...
Et je ne parle même pas du suivi post-adoption, cela fait déjà suffisamment de choses à considérer pour ce billet...
... Et prévoir quelques rames ne sera pas inutile au cas où…
Alain Souchon - Rame
NB : j'ai ajouté des précisions en commentaires...







