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dimanche 30 septembre 2012

Adoption dans la Grèce antique (2) - Les Thargelia : un Gotcha Day antique chez les Grecs...

Existait-il un Gotcha Day chez les Grecs de l'Antiquité ?
Oui, en quelque sorte... Avec entrée officielle des adoptés dans leurs familles adoptives : c'était lors des Thargelia, fêtes agricoles du printemps en l'honneur de la naissance d'Apollon (Dieu grec des arts - musique, chant, poésie -, des purifications et de la guérison). Détails ci-dessous...

A Athènes, le pouvoir d’adoption était autorisé pour tous les citoyens sains d’esprit, et sans progéniture masculine propre, et pouvait avoir lieu aussi bien de leur vivant que testamentairement.

La personne adoptée, qui devait elle-même être un citoyen, était inscrite dans la famille et le dème du père adoptif, sans forcément porter le même nom de famille. Dans l’intérêt des parents proches, dont les droits étaient touchés en cas d’adoption, il était prévu des formalités accompagnant l’inscription de l'adopté, qui devaient s’effectuer à un moment prédéterminé, lors des fêtes des Thargelia.

Grande fête antique de purification et d'expiation qui était célébrée à Athènes pendant le mois de Thargelion (onzième mois du calendrier grec, correspondant au mois de mai) à qui elle a donné son nom, les Thargélies avaient pour objet la fertilité de la terre et la prospérité agricole ; thargelia signifie à proprement parler les prémices, les premiers fruits, que l'on faisait cuire pour les porter en procession dans des vases ad hoc. C’est pendant la deuxième partie de cette fête, en l’honneur de la naissance d’Apollon, que l’on procédait à l'introduction des enfants adoptifs dans le dème et la phratrie du père adoptant.

 
 Thargelia

Les Thargélies correspondaient à une cérémonie de purification et d'expiation qui se déroulait en deux temps :

 Premier temps - le 6 Thargélion, considéré comme le jour de la naissance d'Artémis, avaient lieu une cérémonie purificatoire (un katharmos) et un sacrifice à Déméter-Chloé.
Comme d’autres fêtes agricoles (telle celle qui se déroulait annuellement à Leucade, où un homme était précipité d’un promontoire dans la mer pour le salut de la communauté entière), les Thargélies avaient un sens plus général de cérémonie de lustration pour le bien de l'État en général et le salut des particuliers.
    Le katharmos impliquait des personnages, les pharmakoi (utilisés comme des remèdes propitiatoires ; deux hommes ou un homme et une femme selon les sources, choisis parmi des condamnés à mort), qui étaient conduits à travers la ville et la foule les frappaient avec des rameaux de figuier et des branches d'oignons. Ils étaient ensuite expulsés de la ville, chargés en quelque sorte des impuretés de la cité, en qualité d'émissaires (katharsia), de boucs-émissaires même... L'un, représentant les hommes, portait un collier de figues noires ; l'autre, représentant les femmes, un collier de figues blanches. Il s’agit d’une exclusion, rituelle, d’un bouc émissaire, le pharmakov, chargé de toute la bestialité de l’ensemble des hommes de la polis (cité).

Deuxième temps  -  le 7 thargélion, considéré comme le jour de la naissance d'Apollon, et désigné plus particulièrement sous le nom de Thargelia, avaient lieu une procession et un agôn (concours artistique ou sportif organisé à l'occasion de célébrations religieuses).

    Dans la procession, on portait les prémices de ceux des fruits de la terre arrivés à maturité, le mot de thargêlia désignant les prémices elles-mêmes, et celui de thargêlos le vase qui les renfermait. Il est vraisemblable qu'elle se déroulait à Athènes dans les parages du Pythion, sur la rive droite de l'Ilissos.
   
 L’agôn était réglé par le premier archonte. Il comportait des chœurs cycliques d'hommes et d'enfants, équipés et dirigés à grands frais par les chorèges. Deux tribus se réunissaient pour équiper un chœur ; c'est-à-dire qu'il y avait cinq chœurs pour les dix tribus attiques ; dans chaque groupe il semble que ce fût alternativement à l'une et à l'autre à nommer le chorège, que les groupes de tribus fussent tirés au sort pour deux ans ou pour un temps plus long. À Athènes, l’agôn avait lieu sans doute près du temple d'Apollon pythien : en fait on a trouvé dans cette région plusieurs inscriptions agonistiques qui doivent se rapporter aux Thargélies. Les chorèges vainqueurs aux Thargélies élevaient leurs trépieds près du Pythion.

Les Thargélies étaient une des fêtes importantes du calendrier attique. Pendant leur durée, les débiteurs insolvables ne pouvaient être poursuivis, on procédait à l'introduction des enfants adoptifs dans la phratrie du père, et l'on faisait les proclamations de décrets honorifiques.

[Sources:

Richie Havens -Here comes the sun

mardi 30 août 2011

Adoption dans la Grèce antique (1) : notions légales...

Code de Gortyn - Musée du Louvre.

Les Lois de la Grèce antique fournissent une illustration des plus anciennes législations connues en matière d’adoption.

De même que pour le Code d’Hammourabi, ces lois tendent souvent à donner des héritiers pour des individus sans enfants. Des personnes qui avaient déjà légitimé des fils n’avaient normalement pas le droit d’adopter.

Selon les lois du Code de Solon (VIe S. av. JC) et du Code de Gortyn (Ve S. av. JC), par exemple, seuls les hommes adultes qui n’avaient aucun descendant légitime et qui étaient considérés comme sains d’esprit, pouvaient adopter. 
Si, toutefois, une progéniture mâle naissait après une adoption établie, l’enfant adopté et l’enfant biologique avaient droit à des parts égales d’héritage. 
La plupart des lois modernes d’adoption ont gardé ce concept en reconnaissant aux descendants biologiques et adoptés les mêmes droits en matière d’héritage.

Selon le Code de Solon, l’adoption revêtait trois formes distinctes :
-         l’adoption inter vivos : entre personnes vivantes ;
-         l’adoption testamentaire, c’est-à-dire selon la volonté d’une personne décédée ;
-         l’adoption posthume par un proche au nom du membre de la famille décédé.

L’adoption inter vivos correspondait à un lien contractuel volontaire conclu entre deux personnes, alors que les adoptions testamentaires et posthumes était des actes légaux nécessitant l’approbation par un tribunal populaire.
L’adoption inter vivos était courante pour fournir des soutiens à des parents adoptifs âgés, alors que les adoptions testamentaires étaient réalisées dans le but de perpétuer le culte des ancêtres.
L’adoption inter vivos était également utilisée lorsqu’un homme sans descendance masculine adoptait un fils pour éviter qu’un parent masculin ne revendique sa fille comme héritière. 
Nonobstant la forme, l’adoption dans la Grèce antique avait pour effet de rompre les liens entre les personnes adoptées et  les parents proches du père biologique.

Les fils adoptés jouissaient du plein statut filial, mais ne pouvaient perpétuer la lignée de leur nouvelle famille que par des descendants directs masculins.

[Source : United Nations Department of Economic and Social Affairs/Population Division, Child adoption : Trends and Policies, New York, United Nations, 2010]

lundi 13 juin 2011

Cybèle : la Déesse-Mère abandonnée recueillie par des Lions, et les Cultes à mystères...

Fontaine de Cybèle - Place de la Poste, Madrid.

Cybèle (en grec ancien Κυβέλη / Kybélê) est une divinité d'origine phrygienne (connue également sous le nom d’Agdistis en Phrygie), importée en Grèce et à Rome, personnifiant la nature sauvage. 
Elle est présentée comme « Magna Mater », Grande Déesse, Déesse Mère ou encore Mère des dieux. Cybèle est sans doute l'une des plus grandes déesses de l'Antiquité au Proche-Orient. 
Elle est aussi vénérée sous le nom d’Idæa mater (« mère de l'Ida ») à Rome.

On retrouve Cybèle dans des mythes contradictoires.

Déesse phrygienne, Cybèle est issue du père des Dieux, mais est abandonnée à la naissance et recueillie par des léopards ou des lions. Ceux-ci éveilleront la déesse aux mystères qui lui permettront de rédiger ses récits sibyllins. 
Elle dispose des clés de la terre donnant accès à toutes les richesses et son trône est gardé par deux léopards ou deux lions. 

Selon la mythologie grecque, elle initie Dionysos à ses mystères. 

Les Romains l'adoptèrent à leur tour, en l'assimilant notamment à Cérès; ils organisaient en son honneur, au printemps, des jeux qui furent très populaires sous l'Empire.

Cybèle était honorée dans l'ensemble du monde antique. Le centre de son culte se trouvait sur le mont Dindymon, à Pessinonte, où le bétyle (la pierre) qui la représentait serait tombé du ciel. Principalement associée à la fertilité, elle incarnait aussi la nature sauvage, symbolisée par les lions qui l'accompagnent.
Elle était connue en Grèce dès le Ve siècle av. J.-C. et se confondit bientôt avec la mère des dieux (Rhéa) et Déméter. 

Cybèle et Attis
Cybèle, Attis et les cultes à mystères

Dans la mythologie grecque, Attis fut le jeune époux de la déesse phrygienne Cybèle. La version phrygienne de la légende raconte qu'Attis était le fils de Nana, fille du dieu fleuve Sangarios (un fleuve d'Asie Mineure). Elle le conçut après avoir cueilli la fleur d'amandier jaillie des organes mâles coupés d'Agdistis/Cybèle, qui, née à la fois mâle et femelle, avait été castrée par les dieux. 
Quand Attis souhaita se marier, Cybèle, qui l'aimait et en était jalouse, le rendit fou si bien qu'il se castra lui-même et se tua. 
Cette légende offre de nombreuses variantes qui visent à expliquer notamment que les prêtres de Cybèle, les Galles, sont des eunuques (ils pratiquaient des rituels d'auto-castration, tous les 24 mars, à l'occasion des sanguinaria). Attis n'apparaît que rarement en Grèce mais, associé à Cybèle, il est une divinité acceptée à Rome sous l'empereur Claude et constitua l'un des plus importants cultes à mystères de l'Empire romain.
Une version phrygienne rapporte que Cybèle enfant sera abandonnée sur une montagne et élevée par des lions ou des léopards. Elle créera des danses et livrera des cymbales à ses serviteurs, les Corybantes, pour célébrer ses rites. Disposant du don de guérison universel, Cybèle protège les enfants et les animaux sauvages. La déesse tombera amoureuse d'Attis qui finira par la tromper avec la nymphe Sagaritis. Cybèle le rendra fou au point qu'Attis s'émasculera.


Les cultes à Mystères prennent naissance avec Orphée, prêtre légendaire d'Apollon, surnommé « le père des Mystères », qui a mis en place le principe de ces cultes.
Les cultes à Mystères se différencient des cultes officiels sur différents points :
    - Les participants subissent des initiations successives, apprenant à chaque fois quelque chose de plus sur les secrets de la divinité ; ils progressent dans des grades montrant leur niveau d'initiation ;
    - à chaque étape de son parcours, l'initié doit souvent jurer. Ce serment est une preuve de son statut de libre (l'esclave ne peut le faire).
    - Ces cultes apportent, contrairement aux cultes traditionnels, un espoir pour l'après-vie, plus encourageant que la simple éternité dans les Champs Élysées des Enfers pour les plus méritants, les héros ;
    - Tous proviennent du Proche ou du Moyen-Orient.

[ Sources : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cybèle ; http://fr.wikipedia.org/wiki/Culte_à_mystères ]

lundi 7 mars 2011

Le Mythe d'Œdipe...

Oedipe et le Sphinx -Dominique Ingres ; Musée de Montauban.


Œdipe (en grec ancien Οἰδίπους/Oidípous, « pieds enflés ») a été un roi légendaire de Thèbes, fils de Laïos et de Jocaste. Tragique, sa légende a inspiré les arts, mais aussi la psychanalyse.

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