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mardi 20 novembre 2012

Bestiaire de l'Adoption (3) - Cheval (Episode 1) : Symbolisme et morceaux choisis d'intérêt mythique et psycho-analytique...

À force que l'on me dise que je ressemble à PSY et sa Danse du Cheval, une irrépressible envie de creuser dans la voie du cheval et du chevalier m'a amené à étudier la question, et m'a, comme par hasard, remis dans le sujet de l'adoption...
Le chemin qui mène du cheval à l'adoption passe par son symbolisme, le cavalier puis le chevalier via son adoubement, et s'intéressera également à la chevalerie...
Pour traiter du Cheval dans mon Bestiaire de l'Adoption, je le ferai donc en plusieurs billets...

EPISODE 1 - SYMBOLISME DU CHEVAL : quelques morceaux choisis d'intérêt mythique et psycho-analytique...

Le symbolisme du cheval est complexe et multiple. Il connait tous types de rôles et de symbolismes, bénéfiques comme maléfiques, dans les histoires qui lui sont liées : monture dynamique et impulsive, il est associé à tous les points cardinaux, à chacun des quatre éléments, au soleil comme à la lune, à la vie comme à la mort, au monde chtonien comme ouranien.

Le cheval est également associé aux figures parentalesCarl Gustav Jung l'associe aux figures maternelles, et voit dans le cheval l'un des archétypes de la mère, parce qu'il porte son cavalier tout comme la mère porte son enfant, « offre un contact doux et rythmique, et valorise son cavalier » ; 
à l'inverse, Sigmund Freud l’associe aux figures paternelles, et relève un cas où le cheval est l'image du père castrateur.

Dans les mythes, la domestication du cheval est souvent présentée comme l'entente immédiate et tacite entre le cavalier et sa monture, parfois grâce à l'aide des dieux, comme l'illustrent Pégase, Bucéphale ou encore Grani. La réalité historique est toutefois celle d'un très long processus. Au cinéma, cette domestication est « une étape initiatique, un rite de passage entre l’état sauvage de l’enfance et l’état civilisé de l’adulte ».

Le Dictionnaire des symboles affirme que tous les rites, mythes, poèmes et contes évoquant le cheval ne font que mettre en relief cette relation entre le cavalier et sa monture, considérée, en termes psychanalytiques, comme représentant celle du psychique et du mental : « s'il y a conflit entre eux deux, la course du cheval mène à la folie et la mort, mais s'il y a accord, la course se fait triomphale ». Pour le cavalier, il s'agit de contrôler l'instinct (la partie animale) grâce à l'esprit (la partie humaine).

Carl Gustav Jung note une relation d'intimité entre le cavalier et sa monture, il soutient dans Métamorphoses de l'âme et ses symboles que « le cheval semble représenter l’idée de l’homme avec la sphère instinctuelle à lui soumise […] les légendes lui attribuent des caractères qui reviennent psychologiquement à l'inconscient de l'homme : [ils] sont doués de clairvoyance […] ils guident les égarés […] ils ont des facultés mantiques [… ils voient] aussi les fantômes ». Le cheval semble donc pour lui métaphoriser la libido, l'énergie psychique émanant de l'inconscient, et la part animale de l'homme.

Dans sa Psychanalyse des contes de fées, Bruno Bettelheim explique l'attirance de nombreuses petites filles pour les chevaux-jouets qu'elles coiffent ou habillent, et plus tard la continuité de cette attirance à travers la pratique de l’équitation et les soins aux chevaux, par le besoin de compenser des désirs affectifs : « en contrôlant un animal aussi grand et puissant que le cheval, la jeune fille a le sentiment de contrôler l'animalité ou la part masculine qui est en elle ». 

Freud voit lui aussi le cheval comme un « symbole du psychisme inconscient ou de la psyché non-humaine », la bête en l'homme.

Dans Métamorphoses de l'âme et ses symboles, Carl Gustav Jung parle du cheval comme « d'un des archétypes les plus fondamentaux des mythologies, proche du symbolisme de l'arbre de vie ». Comme ce dernier, le cheval relie tous les niveaux du cosmos : le plan terrestre où il court, le plan souterrain dont il est familier, et le plan céleste. Il est « dynamisme et véhicule ; il porte vers un but comme un instinct, mais comme les instincts il est sujet à la panique ». En ce sens, le motif du cheval est un symbole adapté pour le Soi car il représente une réunion de forces antithétiques et contradictoires, conscientes et inconscientes, ainsi que la relation les reliant (de même qu'une relation indéfinissable unit le cavalier à sa monture). Cette perception découle directement de ses qualités physiques de mobilité. Elle transcende l'espace connu puisque la chevauchée est une « transgression des limites psychiques ou métaphysiques » : le cheval permet de franchir la porte des enfers comme les frontières du ciel, le disciple atteint la connaissance sur son dos, et bon nombre de croyances en la métempsycose rapportent des aventures à cheval avant la réincarnation. Il peut aussi avoir un rôle de ravisseur.

Donald Woods Winnicott développe l'importance du « portage », qui « permet de se libérer des contraintes physiques et psychiques », et renvoie à des sensations de la petite enfance.

[Sources :  
- Wikipedia ; 
- CHEVALIER J, GHEERBRANT A, Dictionnaire des Symboles, Paris, Robert Laffont, 2004 ; 
- JUNG C.G., Métamorphoses de l'âme et ses symboles, Genève, Librairie de l'Université, 1973.]

Quoi qu'il en soit, j'étais sans doute bien plus heureux avant, quand j'étais Cheval...;-))



Jacques Brel -Le Cheval (Olympia 1966).


lundi 18 juin 2012

Alexandre le Grand : Roi de Macedoine, légendaire fils de Zeus ou de Pharaon, adoptant - ou adopté par - sa mère adoptive Ada...


Alexandre le Grand, né le 21 juillet -356 à Pella, mort le 13 juin -323 à Babylone, est un roi de Macédoine et l’un des personnages les plus célèbres de l’Antiquité.
Fils de Philippe II, élève d’Aristote et roi de Macédoine depuis -336, il devient l’un des plus grands conquérants de l’histoire. Il fait de son petit royaume le maître de l’immense empire perse achéménide, s’avance jusqu’aux rives de l’Indus et fonde près de soixante-dix cités, dont la majorité porte le nom d’Alexandrie [RAA-AH ! AAaaaaah ! Alexandra ! Hum... Pardon...].

Il est né fils de Philippe II de Macédoine, et de la princesse Olympias, fille du roi d'Epire Néoptolème.

Une légende, connue dès l'Antiquité, affirme qu’Olympias n’a pas conçu Alexandre avec Philippe, qui avait peur d’elle et de son habitude de dormir en compagnie de serpents, mais avec Zeus. Alexandre se sert de ces contes populaires à des fins politiques, faisant référence au dieu plutôt qu’à Philippe quand il évoque son père.

Une autre légende datant du IIIe siècle, d’origine égyptienne celle-là et faussement attribuée à Callisthène, le Roman d’Alexandre, veut qu’Alexandre soit le fils du dernier pharaon égyptien de la XXXe dynastie, Nectanébo II.

Alexandre le Grand sur son cheval Bucéphale. 
Détail de la mosaïque romaine de Pompéi représentant la bataille d'Issos, musée national archéologique de Naples.

Par son père Philippe II, Alexandre prétend descendre de Téménos d’Argos, lui-même descendant d’Héraclès, fils de Zeus — pour cette raison, la dynastie macédonienne s’appelle dynastie des Argéades ou des Téménides.
Par sa mère, Olympias, de la dynastie des Éacides, Alexandre affirme descendre de Néoptolème, fils d’Achille.

Selon une affirmation rapportée entre autres par Plutarque, Alexandre naquit la nuit même où Érostrate incendie le temple d'Artémis à Éphèse, une des sept merveilles du monde antique. Alexandre utilise plus tard cette coïncidence pour renforcer son aura politique, et propose de financer la restauration du temple, ce qui est cependant refusé par les Éphésiens.

Plutarque indique également que Philippe et Olympias ont rêvé de la future naissance de leur fils. Après avoir consulté Aristandre de Telmessos, celui-ci détermina qu’Olympias était enceinte et que l’enfant aurait le caractère d’un lion. Quant à son physique, il semblerait qu'il eût les boucles de cheveux châtain clair aux reflets cuivrés, les yeux vairons (bleu et marron) et, à cause d'une blessure de guerre qui lui aurait sectionné un nerf, la tête toujours penchée du côté droit.

Par ailleurs, certaines sources affirment qu’Alexandre était aussi le frère de lait de Cleithos ou Cleitus le Noir, roi de Bactriane, officier proche d’Alexandre, fils d'un noble macédonien nommé Dropidès et frère de la nourrice d'Alexandre, Lanicé.

Dans sa jeunesse, après avoir été éduqué par Léonidas [et nourri avec des chocolats belges du même nom évidemment... sans doute... sous réserve... à vérifier tout de même...], il a pour maître Aristote, et l'immense empire d'Alexandre est l'une des principales raisons pour lesquelles la culture européenne est fondée en grande partie sur la civilisation grecque.

Plusieurs amis d’enfance d’Alexandre, dont Héphaestion, Philotas et Eumène de Cardia se trouvent à ses côtés lors de la conquête de l’empire perse et comptent parmi ses plus fidèles compagnons. Cette cohésion, extrêmement forte, trouve ses sources dans la tradition macédonienne, qui voulait que les fils de rois et les fils de nobles soient élevés ensemble, formant un clan, celui des hetoiroi.

Quand il était sur le point d’avoir 25 ans, il est adopté par Ada, veuve et sœur d’Idrieus,  satrape de Carie. Certaines sources disent que c'est Alexandre lui-même qui a adopté Ada, comme sa mère.

[Sources : wikipedia ; http://famous.adoption.com/famous/alexander-the-great.html]




vendredi 15 juin 2012

Bestiaire de l'Adoption (1) - La Chèvre : de la mythique Amalthée aux classiques chèvres-nourrices...

Sous cette terminologie de Bestiaire de l'"adoption", je considère ici l'adoption de manière générique au sens d'une parenté non exclusivement réduite à la parenté biologique, de Nurture plus que de Nature des Anglo-Saxons...
Le "Nature versus Nurture" rend compte de l'opposition classique entre nature et culture -opposition applicable à biologique Vs adoptif-, le terme "Nurture" pouvant également se traduire par nourriture ou alimentation.
Loin de moi l'idée de comparer les mères adoptives à des animaux évidemment, ni d'attacher à la parenté de lait la primauté de la transmission des nourritures affectives ... 

Via ce Bestiaire de l'adoption, je vais donc passer en revue quelques exemples remarquables de parentés de lait entre animaux et humains (mythiques ou réels), l'animal remplissant le rôle de mère -nourricière en lieu et place d'une mère génitrice allaitante ou d'une nourrice mercenaire (l'allaitement maternel étant différencié de l'allaitement mercenaire au Moyen-Âge)...

Pour commencer ce bestiaire de l'adoption, je mets à l'honneur la chèvre...

Mythe de la chèvre Amalthée, mère- nourricière de Zeus, sa constellation, son égide et sa corne d'abondance...


Amalthée est une chèvre qui allaite Zeus enfant (ou Jupiter chez les Romains), aidée par des abeilles se chargeant de nourrir le dieu de miel.

Selon Zénobe, Zeus l'honore ensuite en la plaçant comme constellation dans le ciel, ou encore comme la plus grande des étoiles du Cocher (Capella, « la chèvre », c'est-à-dire α du Cocher). Cette "étoile de la chèvre" fait deux mille fois la taille du soleil. C'est à cause de ce mythe qu'on appelle la chèvre "la fille du soleil". Selon d'autres traditions, à la mort de la chèvre, Zeus aurait pris sa peau pour en revêtir son égide : le terme grec αἰγίς / aigís signifie en effet également « peau de chèvre ».

La chèvre est ensuite rationalisée en nymphe. Ainsi, chez Ovide (Fastes, V), c'est une naïade, à qui Zeus est confié encore enfant par Rhéa, sa mère, pour échapper à la jalousie de Cronos. Elle prend soin du jeune dieu en le nourrissant grâce au lait d'une chèvre ; mais celle-ci cassant un jour une de ses deux cornes, « Amalthée ramassa cette corne brisée, l'entoura d'herbes fraîches, la remplit de fruits, et la présenta ainsi aux lèvres de [Zeus] » (v. 124-125). C'est ainsi que serait née la corne d'abondance.

J.Jordaens - Jupiter nourri par la chèvre Amalthée - 1663 , Musée du Louvre

Ce mythe est un des premiers témoignages écrits de l'usage approprié d'un allaitement de substitution : certaines femmes se découvrant incapables d'allaiter, pour des raisons psychologiques ou physiologiques, utilisaient jusqu'à une époque récente le lait de chèvre, qui était un des meilleurs substituts naturels au lait de femme. Certaines approches psychanalytiques rapprochent ainsi le sein maternel de la corne d'abondance et de l'égide.


La chèvre comme parente de lait d'enfants sans mère-nourricière (génitrice ou mercenaire) : de l'usage médiéval au premier fils de Victor Hugo...


Le biberon et le sein d'allaitement (par mère-génitrice ou par mère -nourricière mercenaire) n'ayant pas toujours existé ou été utilisés, la chèvre pouvait être une nourrice usuelle et/ou providentielle...

On n’utilise sans doute que peu de biberons au Moyen Âge (on en trouve des représentations figurées à partir du xive siècle). Auparavant, les enfants qui ne pouvaient être allaités par une femme pour une raison ou une autre buvaient sans doute le lait animal au pis de la bête, qui était plus souvent un pecus, un animal domestique.

Durant des siècles, nos chèvres sauvaient l’enfant d’une effroyable mortalité infantile. Le recours à la chèvre pour nourrir un enfant était acte si commun que nul ne s’en étonnait.
Olivier de Serres, écrivait à son propos « Laictage meilleur et plus sain que celui des brebis ».

De même, vers 1570, Montaigne dans ses « Essais » s’émerveille à voir les petits enfants accroupis pour téter les chèvres lorsque la maman ne pouvait les nourrir.

« Et ce que j’ay parlé des chevres, c’est d’aultant qu’il est ordinaire autour de chez moy, de veoir les femmes de village, lors qu’elles ne peuvent nourrir les enfants de leurs mammelles, appeler des chevres à leur secours. Et j’ay à cette heure deux lacquais, qui ne tetterent jamais que huict jours laict de femmes. Ces chevres sont incontinent duictes à venir allaiter ces petits enfants, recognoissent leur voix quand ils crient, et y accourent : si on leur en presente un aultre nourrisson, elles le refusent, et l’enfant en faict de mesme d’une aultre chevre. J’en veis un l’aultre jour, à qui on osta la sienne, parce que son père ne l’avoit qu’empruntée d’un sien voisin, il ne peust jamais s’adonner à l’aultre qu’on lui presenta, et mourut, sans doubte, de faim. Les bestes alterent et abastardisent aussi aysement que nous, l’affection naturelle. »   
                                                                   Michel de Montaigne, Essais, livre II, p. 129-130.

Dans «Le Cours complet sur l’agriculture » l’Abbé Rozier énumère toutes les raisons qui doivent donner la préférence au service de la chèvre plutôt qu’à celui de la nourrice :

« En confiant à une nourrice mercenaire dont le comportement ne correspondait pas à celui de l’enfant équivalait à l’exposer dangereusement. Les maladies du corps, les passions de l’âme passant par le sang et le lait transmettait passions et infirmités. Risque aggravé pour l’enfant si la nourrice a été dérangée dans sa conduite ou si son mari a vécu ou vit dans la débauche ; si la nourrice est enceinte son lait sera de piètre qualité et pernicieux si elle nourrit plusieurs enfants à la fois, d’où une mise en garde appuyée ».

Léopold, le premier fils de Victor Hugo, à cause des problèmes de santé dont sa mère, Adèle, était affectée, fut confié à ses grands-parents. Sa grand-mère ne pouvait pousser son rôle de mère de substitution jusqu’à la parenté de lait, aussi fut-il confié en vain à plusieurs nourrices. La dernière d’entre elles n’était pas une femme, mais une chèvre.

[ Sources :
- Wikipedia
- Pierre-Olivier Dittmar, Chloé Maillet et Astrée Questiaux, « La chèvre ou la femme. Parentés de lait entre animaux et humains au Moyen Âge. », Images Re-vues [En ligne], 9 | 2011, mis en ligne le 30 janvier 2012, consulté le 15 juin 2012. URL : http://imagesrevues.revues.org/1621
- Lait de chèvre et chèvres nourrices, sur Terre des chèvres des Charentes et du Poitou ; DOI (15/6/12) : http://public.terredeschevres.fr/1_PRINCIPAL/1_3_1_lait/5_chevresnourrices.html ]


 Vladimir Cosma en Concert - La chèvre ( la cabra)


lundi 13 juin 2011

Cybèle : la Déesse-Mère abandonnée recueillie par des Lions, et les Cultes à mystères...

Fontaine de Cybèle - Place de la Poste, Madrid.

Cybèle (en grec ancien Κυβέλη / Kybélê) est une divinité d'origine phrygienne (connue également sous le nom d’Agdistis en Phrygie), importée en Grèce et à Rome, personnifiant la nature sauvage. 
Elle est présentée comme « Magna Mater », Grande Déesse, Déesse Mère ou encore Mère des dieux. Cybèle est sans doute l'une des plus grandes déesses de l'Antiquité au Proche-Orient. 
Elle est aussi vénérée sous le nom d’Idæa mater (« mère de l'Ida ») à Rome.

On retrouve Cybèle dans des mythes contradictoires.

Déesse phrygienne, Cybèle est issue du père des Dieux, mais est abandonnée à la naissance et recueillie par des léopards ou des lions. Ceux-ci éveilleront la déesse aux mystères qui lui permettront de rédiger ses récits sibyllins
Elle dispose des clés de la terre donnant accès à toutes les richesses et son trône est gardé par deux léopards ou deux lions. 

Selon la mythologie grecque, elle initie Dionysos à ses mystères. 

Les Romains l'adoptèrent à leur tour, en l'assimilant notamment à Cérès; ils organisaient en son honneur, au printemps, des jeux qui furent très populaires sous l'Empire.

Cybèle était honorée dans l'ensemble du monde antique. Le centre de son culte se trouvait sur le mont Dindymon, à Pessinonte, où le bétyle (la pierre) qui la représentait serait tombé du ciel. Principalement associée à la fertilité, elle incarnait aussi la nature sauvage, symbolisée par les lions qui l'accompagnent.
Elle était connue en Grèce dès le Ve siècle av. J.-C. et se confondit bientôt avec la mère des dieux (Rhéa) et Déméter. 

Cybèle et Attis
Cybèle, Attis et les cultes à mystères

Dans la mythologie grecque, Attis fut le jeune époux de la déesse phrygienne Cybèle. La version phrygienne de la légende raconte qu'Attis était le fils de Nana, fille du dieu fleuve Sangarios (un fleuve d'Asie Mineure). Elle le conçut après avoir cueilli la fleur d'amandier jaillie des organes mâles coupés d'Agdistis/Cybèle, qui, née à la fois mâle et femelle, avait été castrée par les dieux. 
Quand Attis souhaita se marier, Cybèle, qui l'aimait et en était jalouse, le rendit fou si bien qu'il se castra lui-même et se tua. 
Cette légende offre de nombreuses variantes qui visent à expliquer notamment que les prêtres de Cybèle, les Galles, sont des eunuques (ils pratiquaient des rituels d'auto-castration, tous les 24 mars, à l'occasion des sanguinaria). Attis n'apparaît que rarement en Grèce mais, associé à Cybèle, il est une divinité acceptée à Rome sous l'empereur Claude et constitua l'un des plus importants cultes à mystères de l'Empire romain.
Une version phrygienne rapporte que Cybèle enfant sera abandonnée sur une montagne et élevée par des lions ou des léopards. Elle créera des danses et livrera des cymbales à ses serviteurs, les Corybantes, pour célébrer ses rites. Disposant du don de guérison universel, Cybèle protège les enfants et les animaux sauvages. La déesse tombera amoureuse d'Attis qui finira par la tromper avec la nymphe Sagaritis. Cybèle le rendra fou au point qu'Attis s'émasculera.


Les cultes à Mystères prennent naissance avec Orphée, prêtre légendaire d'Apollon, surnommé « le père des Mystères », qui a mis en place le principe de ces cultes.
Les cultes à Mystères se différencient des cultes officiels sur différents points :
    - Les participants subissent des initiations successives, apprenant à chaque fois quelque chose de plus sur les secrets de la divinité ; ils progressent dans des grades montrant leur niveau d'initiation ;
    - à chaque étape de son parcours, l'initié doit souvent jurer. Ce serment est une preuve de son statut de libre (l'esclave ne peut le faire).
    - Ces cultes apportent, contrairement aux cultes traditionnels, un espoir pour l'après-vie, plus encourageant que la simple éternité dans les Champs Élysées des Enfers pour les plus méritants, les héros ;
    - Tous proviennent du Proche ou du Moyen-Orient.

[ Sources : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cybèlehttp://fr.wikipedia.org/wiki/Culte_à_mystères ]

samedi 2 avril 2011

Finn Mac Cumaill, le "fils de la fille esclave" élevé par deux femmes, et le Saumon de la Sagesse...


Finn mac Cumaill (auparavant Finn ou Find mac Cumail ou mac Umaill, prononcé parfois "Finn mac Cool" ) est un légendaire guerrier de la mythologie celtique irlandaise, également connu en Écosse et dans l'Ile de Man.

En Irlande, on attribue à Finn de nombreuses particularités géographiques. 
Selon la légende, pour ne pas se mouiller les pieds, il a construit la Chaussée des Géants comme un escalier de pierre conduisant en Écosse.
Il aurait à une autre occasion arraché une partie de l'Irlande pour la lancer sur un rival, mais en le manquant le territoire ainsi propulsé atterrit dans la Mer d'Irlande, devenant l'Ile de Man - le trou créé devenant le Lough Neagh.
Finn a également donné son nom à la grotte de Fingal, en Écosse, qui laisse voir le même basalte hexagonal caractéristique de la Chaussée des Géants.

Les histoires de Finn et de ses compagnons, les Fianna, s'intègrent au Cycle Fenian.
Elles seraient principalement narrées par le fils de Finn, le guerrier et poète Ossian. La Fraternité des Fenian, une organisation irlandaise basée aux États-Unis au XIXe siècle, tire son nom de ce mythe.

Le nom Fionn ou Finn est en fait un pseudonyme qui signifie « blond (en référence à la couleur de ses cheveux), beau, l'or et de bonne race », mais aussi « blanc, la Blancheur, la Pureté ». Son prénom d'enfance était Deimne, et plusieurs légendes content comment il change de nom lorsque ses cheveux deviennent blancs de manière précoce.

Il est possible qu'il soit rattaché à la figure de la mythologie celtique galloise, Gwynn ap Nudd.

Naissance

Finn était le fils de Cumhal, chef fondateur des Fianna, et Muirne, fille du druide Tadg mac Nuadat qui vécut sur la colline d'Almu dans le Comté de Kildare.

Cumhal enleva Muirne après que le père de celle-ci lui refusa sa main. Tadg en appela au Haut Roi, Conn aux Cent Batailles, qui le rendit hors-la-loi. La bataille de Cnucha opposa Conn et Cumhal. Ce dernier fut tué par Goll mac Morna, qui prit la tête des Fianna.

Muirne étant déjà enceinte, son père la rejeta et ordonna à son peuple de la brûler, mais Conn ne put l'accepter et la mit sous la protection de Fiacal mac Conchinn, dont la femme, la druidesse Bodhmall était la sœur de Cumhal. Dans la maison de Fiacal, elle donna le jour à un fils, qu'elle appela Deimne.
(À noter que cumal désigne une esclave en vieil irlandais. Finn a pu être connu comme « le fils de la fille esclave » avant qu'une origine plus noble lui soit trouvée.)

Jeunesse

Muirne laissa l'enfant sous la protection de la druidesse Bodhmall et d'une guerrière, Liath Luachra, qui l'éleva en secret dans la forêt de Sliab Bladma, lui enseignant les art de la guerre et de la chasse.
En grandissant il offrit secrètement ses services aux rois locaux. Lorsque ceux-ci découvrirent qu'il était le fils de Cumhal, ils lui demandèrent de partir, craignant de ne pouvoir le protéger face à ses ennemis.


Le jeune Finn fit la rencontre du poète Finegas, près du fleuve Boyne, qui devint son tuteur. Finegas - aussi appelé Finneces - avait pendant sept ans tenté de capturer le Saumon de la sagesse.


Dans la mythologie celtique irlandaise, le Saumon de la sagesse (ou Saumon de Llyn Llyn), plus souvent appelé Saumon du savoir, est à l'origine un saumon ordinaire, qui mange les neuf glands tombés de l'arbre du savoir dans le fleuve Boyne - ou parfois la rivière Shannon. Ce faisant, le saumon devient énorme et acquiert tout le savoir du monde, devenant plus sage que les Hommes.Celui qui mangerait en premier la chair de ce poisson entrerait en possession de toutes les connaissances du monde.

Finneces finit par l'attraper, mais ce fut Finn qui avala en premier un morceau de chair par accident, en suçant son pouce brulé par l'eau de cuisson. Il découvrit alors comment se venger de Goll, et fut par la suite capable d'accéder au savoir du saumon en suçant son pouce.

L'histoire de Finn et du saumon ressemble étrangement au conte gallois de Gwion Bach, indiquant un lien possible entre les deux histoires.

mardi 29 mars 2011

Cyrus le Grand : le Roi-"Soleil" de Perse adopté par des bergers...

Cyrus II le Grand. Suse.

Cyrus le Grand : le Roi-"Soleil" de Perse adopté par des bergers...

Cyrus II (vers 559 av. J.-C. à 529 av. J.-C.), dit Cyrus le Grand, est le fondateur de l’Empire perse, successeur de l’Empire mède. Il appartient à la dynastie des Achéménides. 

Selon la légende, Cyrus était le fils du prince Cambyse (fils du roi perse Cyrus Ier) et de Mandane (fille du roi mède Astyage). Dans un rêve, Astyage apprenait que le bébé nommé Cyrus le renverserait, et pour éviter cela, il ordonna que le bébé soit tué. Mais la personne missionné pour le tuer donna le bébé à un berger à la place.Quand il avait 10 ans, Astyage découvrit la supercherie, mais en raison de ses qualités exceptionnelles, Cyrus fut autorisé à vivre en exil.Mais en 550 la prophétie se réalise, et Cyrus renverse son grand-père.
Une variante de cette légende, rapportée par Hérodote, présente Cyrus comme un enfant sauvage, au moins pendant un certain temps, allaité par une chienne puis pris en charge par des chiens.
Cyrus le Grand était le roi de Babylone qui a libéré les Juifs et leur a permis de retourner en Judée. Il est présenté comme un roi sage et tolérant.

L’Ancien Testament raconte comment Cyrus autorise les Judéens exilés à Babylone à rentrer à Jérusalem, et donne l’ordre de reconstruire le Temple détruit lors de la prise de la ville par Nabuchodonosor. Présenté comme le protégé de Mardouk par le Cylindre (Cylindre de Cyrus), Cyrus devient l’oint de Yahvé dans le Livre d'Isaïe : « Ainsi parle l’Éternel à son oint, à Cyrus, qu’il tient par la main, pour terrasser les nations devant lui, et pour relâcher la ceinture des rois, pour lui ouvrir les portes, afin qu'elles ne soient plus fermées. » (45:1–3).

Légendes de naissance

La naissance de Cyrus (vieux-persan, Kūruš, « soleil ») fait l’objet de légendes orales qui entourent traditionnellement en Mésopotamie les figures de fondateurs, à l’instar de Sargon d'Akkad.

Selon Hérodote (I, 107-130), Cyrus II est le fils de Cambyse Ier, fils du roi perse Cyrus Ier, et de Mandane, fille du roi mède Astyage. Or Astyage a vu en rêve que son petit-fils deviendrait roi à sa place : il ordonne à Harpage, l’un de ses parents, de faire disparaître l’enfant. Harpage, ne voulant pas en être le meurtrier, le confie à Mithridatès, bouvier royal de la cour mède. La femme de celui-ci, qui vient de perdre un enfant mort-né, le convainc de ne pas exposer le bébé aux bêtes fauves, mais de le garder et de l’élever comme leur enfant. Mithridatès substitue donc à Cyrus son fils mort-né, dont il abandonne le corps dans la montagne, paré des habits du prince. La ruse est découverte lorsque Cyrus a dix ans : lors d’un jeu dans lequel il tient le rôle de roi, il a sévèrement puni le fils d’Artembarès, dignitaire mède. Celui-ci le dénonce à Astyage, qui reconnaît son petit-fils. Pour se venger d’avoir été trahi, le roi sert à Harpage les restes de son propre fils lors d’un festin. Puis, les mages ayant assuré qu’il n’a plus à redouter, Cyrus ayant porté le nom de roi, il renvoie le garçon auprès de ses parents de naissance.

Selon une autre version, rapportée par Justin (I, 4, 10), Cyrus bébé, abandonné par Mithridatès dans la montagne, est recueilli par une chienne qui le nourrit et le défend contre les bêtes sauvages. Enfin, une troisième version, probablement recueillie par Ctésias et rapportée par Nicolas de Damas, veut que le père de Cyrus ait été un dénommé Atradatès, de l’ethnie méprisée des Mardes, brigand de son état — et sa mère, une gardeuse de chèvres. « Donné » à l’échanson royal Artembarès, Cyrus finit par en être adopté et par en hériter la charge.

Si l’on écarte les éléments mythiques, il semble certain que Cyrus II est l’héritier de la dynastie achéménide des rois d’Anshan, qu’on a localisé dans la plaine de Marvdasht, dans le Fars.



Pour en savoir plus : pour une synthèse da la vie et de l'oeuvre de Cyrus le Grand (et notamment sa rencontre avec Crésus), vous pouvez aller sur le site d'Hérodote.net et lire le texte précis et concis signé Jean François Zilbermann, au lien suivant : http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=227.

lundi 28 mars 2011

Sargon d'Akkad : le "Roi légitime", "enfant sauvé des eaux" adopté par un puiseur d'eau...

Tête en bronze d'un roi d'Akkad (probablement celle de Sargon d'Akkad),
retrouvée dans le temple d'Ishtar de Ninive, vers 2250 av. J.-C., 
Bagdad, musée national d'Irak.


Sargon d'Akkad : le "roi légitime", "enfant sauvé des eaux" adopté par un puiseur d'eau...


Sargon d'Akkad unifia les royaumes de Sumer et d'Akkad, (qui correspondaient à des parties de la Syrie moderne, de l'Irak, de l'Iran et de la Turquie). Les débuts de sa vie sont en grande partie un mystère. Une ancienne légende sumérienne établit qu'il était le fils d'une prêtresse et fut déposé dans un panier sur l'Euphrate avant d'être sauvé et élevé par un puiseur d'eau nommé Aqqi qui l'avait adopté. Il travailla dans les vergers d'Aqqi et devint un favori de la déesse Ishtar.

On ne sait pas comment un homme avec des origines si modestes a été en mesure d'atteindre sa position de roi, mais le grand roi émergeant de l'obscurité, du néant, est un thème classique dans la mythologie antique, servant à mettre l'accent sur l'autorité du roi, naturelle et donnée par Dieu (en particulier lorsqu'il forme un couple avec une divinité), et les rois pouvaient cultiver ces légendes pour rehausser leur prestige, de la même manière que les politiciens d'aujourd'hui mettent en avant le cas échéant l'histoire de leurs origines modestes.

Sargon d’Akkad, forme francisée de l’akkadien Šarru-kîn (qu’on traduit généralement par « roi légitime »), fut le souverain fondateur de lempire d’Akkad, plutôt appelé aujourd’hui « empire d’Agadê », en unifiant par la force les principales cités mésopotamiennes sous son autorité. Les dates de son règne sont incertaines : on le situe couramment vers 2334-2279 av. J.-C., mais il peut avoir régné plus tard, vers 2285-2229.

Ur-Zababa, petit-fils de Kubaba (l’une des très rares femmes à avoir régné en Mésopotamie), régnait comme ensi à Kiš lorsqu’il fut détrôné par un obscur personnage qui se fit appeler « Roi légitime » sans doute pour faire oublier qu’il n’était a priori qu’un usurpateur. 

Un texte du VIIe siècle av. J.-C. — donc postérieur de seize siècles à ces événements, mais contemporain de la rédaction des plus anciens fragments de la Bible — relate ainsi son accession au pouvoir :
« Ma mère était grande prêtresse. Mon père, je ne le connais pas. Les frères de mon père campent dans la montagne. Ma ville natale est Azupiranu [« ville du safran » ?], sur les bords de l’Euphrate. Ma mère, la grande prêtresse, me conçut et m’enfanta en secret. Elle me déposa dans une corbeille de roseaux, dont elle scella l’ouverture avec du bitume. Elle me lança sur le fleuve sans que je puisse m’échapper. Le fleuve me porta ; il m’emporta jusque chez Aqqi, le puiseur d’eau. Aqqi le puiseur d’eau me retira [du fleuve] en plongeant son seau. Aqqi le puiseur d’eau m’adopta comme son fils et m’éleva. Aqqi le puiseur d’eau m’enseigna son métier de jardinier. Alors que j’étais jardinier la déesse Ištar se prit d’amour pour moi et ainsi j’ai exercé la royauté pendant cinquante-six ans. »
Ce récit ressemble beaucoup à celui de la naissance de Moïse, rédigé par des prêtres judéens qui étaient précisément, au VIIe siècle av. J.-C., en exil à Babylone lorsque cette histoire édifiante faisait florès, des rives du Tigre, en Iraq, à celles du Tibre, en Italie (voir : Romulus et Rémus).

De source un peu plus sûre, on sait que Sargon d’Agadê/Akkad était effectivement d’origine simple. 
Il serait devenu serviteur d’Ur-Zababa et parvenu au rang de Grand Échanson ("GAL.GEŠTIN" en sumérien). Cette position stratégique lui donnait accès au culte des dieux à travers l’offrande rituelle des boissons. 
La tradition rapporte qu’Enlil aurait été offensé par le souhait d’Ur-Zababa de modifier ce rituel et Sargon aurait alors comploté pour le renverser ; Ištar étant la déesse poliade de Kiš, c’était renouer avec elle que rétablir les offrandes rituelles dans leur tradition immuable. C’est sans doute à la suite d’intrigues politico-religieuses de ce genre que Sargon devint ensi à la place de l’ensi, vers 2270 av. J.-C. selon la chronologie courte. Il marcha sur Uruk, qu’il conquit et dont il démolit les remparts, puis se retourna contre Lugalzagesi, qu’il vainquit et emmena dans un carcan pour être exposé garrotté à la porte de l’"é-kur" (littéralement : « maison-montagne/étranger »), le temple d’Enlil à Nippur. Sargon s’empara ensuite d’Ur, de Lagaš et d’Umma. A Eninkimar, port de Lagaš, il « lava ses armes dans la mer » pour marquer son pouvoir sur tout le pays de Sumer, du nord au sud : c’était la fin de la période du Dynastique ancien (ou des Dynasties Archaïques) et le début de la période d’Akkad/Agadê.

Cet événement marqua une rupture historique majeure en Mésopotamie à deux égards :
  • la civilisation des Sémites de Haute-Mésopotamie prenait l’ascendant sur celle des Sumériens de Basse-Mésopotamie, ce qui se matérialisa par le recul très net de l’usage de la langue sumérienne, bientôt cantonnée aux activités d’élite (c’est-à-dire au culte, aux épopées et aux affaires d’État, puis bien vite seulement au culte et aux épopées) tandis que les domaines commercial et légal étaient gérés en akkadien,
  • pour la première fois dans l’Histoire une vaste région de Mésopotamie était politiquement unifiée sous l’autorité centrale d’un monarque.
Sargon fonda Agadê/Akkad sur l’Euphrate et conquit Mari et Ebla à l’ouest puis Awan et Warahše à l’est dans le Zagros et finalement Suse en Élam. 

Il épousa Tašlutum, une Agadéenne qui dut le partager avec un certain nombre de concubines. L’une d’entre elles, vraisemblablement sumérienne, lui donna une fille, Enheduanna, qui devint grande prêtresse de Nanna, Ningal et surtout Inanna à Ur. Sargon l’aurait placée à ce poste à l’"é-kiš-nu11-gal" (littéralement : « maison universelle du grand luminaire », c’est-à-dire le temple lunaire) d’Ur dans le but de contrôler plus étroitement les populations sumériennes du sud. 
Quarante-deux hymnes lui sont attribués, qui marquèrent le culte aux dieux à travers les différents temples de l’empire agadéen pendant près de cinq siècle, jusqu’à l’avènement d’Hammourabi, ce qui ferait d’ Enheduanna le plus ancien auteur littéraire identifié de l’Histoire.


mercredi 23 mars 2011

Quetzalcoatl : le Dieu Serpent à Plumes orphelin...

Figure de pierre de Quetzalcoatl (British Museum) ; Représentation de Quetzalcoatl, Dieu du Vent (Codex Borgia).


[Seafaring -Mysterious Cities of Gold ; lien : http://www.youtube.com/watch?v=MurcdLGVIgo]



Quetzalcoatl (littéralement « quetzal-serpent », c'est-à-dire « serpent à plumes de quetzal », en nahuatl) est le nom donné, dans le centre du Mexique, à l'une des incarnations du serpent à plumes, qui était une des principales divinités pan-mésoaméricaines.

La mère de Quetzalcoatl est morte en couches. Il est né avec la parole, la raison et la sagesse. Certaines sources affirment que son père a été assassiné alors qu'il était enfant, et il vengea sa mort quand il était adolescent.

Il fut l'un des plus grands dieux du panthéon de l'empire toltèque, co-créateur du soleil et des hommes, et dieu de l'agriculture, du feu et du calendrier. 

Son retour était attendu par les Indiens du Mexique dans les prophéties, qui a coïncidé avec les circonstances de l'arrivée de Hernán Cortés en 1519, contribuant à leur conquête par les Espagnols.

Certaines personnes croient que le 11 Juillet 1991, Quetzalcoatl est revenu sur terre au cours d'une éclipse solaire sur les pyramides de Teotihuacán, près de Mexico, dans une soucoupe volante, en inaugurant un Nouvel Age.

Teotihuacàn - La Pyramide du Soleil

Origine

Le culte de Quetzalcoatl semble originaire de Teotihuacán. Un chef toltèque de la période post-classique était appelé Quetzalcoatl, il s'agit peut-être du même individu connu sous le nom de Kukulcan et qui aurait envahi le Yucatan à la même période.
Les Mixtèques eurent aussi un chef nommé le serpent à plumes. Au Xe siècle, un chef étroitement associé à Quetzalcoatl, Topiltzin Ce Acatl Quetzalcoatl (en), régnait sur les Toltèques. On prétendait qu'il était le fils du grand guerrier chichimèque Mixcoatl et de la déesse Colhuacano Chimalman, ou un autre de leurs descendants.

Un professeur de chimie, Gustavo Nelín, dans La saga de Votan, a pour sa part établi une relation très hypothétique, non vérifiée (et donc très marginale dans l'historiographie) entre l'apparition du culte de Quetzalcoatl et l'histoire du viking Ari Marson qui s'est perdu à la fin du Xe siècle en accompagnant Erik le Rouge au Groenland, en supposant qu'il ait navigué jusqu'au Mexique. Cette hypothèse ne tient pas compte du fait que les racines du mythe sont indigènes et antérieures de plusieurs siècles.

Culte

Quetzalcoatl se retrouve fréquemment dans la religion et l'art mésoaméricains pendant près de 2 000 ans jusqu'à la conquête espagnole. Parmi les civilisations qui pratiquaient son culte, on trouve les Olmèques, les Mixtèques, les Aztèques, le peuple maya et surtout les Toltèques. La vénération de Quetzalcoatl incluait parfois des sacrifices humains, bien que certaines traditions affirment qu'il était opposé à ces pratiques.
Prêtres et rois prenaient quelquefois le nom du dieu avec lequel ils étaient associés, ce qui fait que Quetzalcoatl ou Kukulkán est aussi le nom porté par des personnages historiques.

Mythologie

Les Toltèques avaient un système de croyance dualiste. L'opposé de Quetzalcoatl était Tezcatlipoca, qui est supposé avoir envoyé Quetzalcoatl en exil. Une autre tradition affirmait qu'il s'en était allé volontairement sur un radeau de serpents, promettant son retour prochain.

Lors du débarquement de Cortés en 1519, l'empereur aztèque Moctezuma II crut tout d'abord qu'il s'agissait du retour de Quetzalcoatl, et le conquistador utilisera cette croyance dans sa conquête du Mexique.

La signification exacte et les attributs de Quetzalcoatl ont varié sensiblement entre les civilisations et au cours de l'Histoire. Quetzalcoatl était souvent considéré comme le dieu de l'étoile du matin et son jumeau, Xolotl, celui de l'étoile du soir, en fait la planète Vénus.

En tant qu'étoile du matin, Quetzalcoatl était aussi connu sous le titre de Tlahuizcalpantecuhtli, littéralement « le maître de l'étoile de l'aube ». Il était aussi considéré comme l'inventeur des livres et du calendrier, comme celui qui avait offert le maïs à l'humanité, et quelquefois comme le symbole de la mort et de la résurrection. Quetzalcoatl était aussi le dieu tutélaire des prêtres et son nom était le titre porté par le grand prêtre des Aztèques.

La plus grande partie de la Mésoamérique croyait en un monde cyclique. La période courante était ainsi considérée comme le cinquième monde, les quatre précédents ayant été détruits par un déluge, le feu et d'autres catastrophes. Quetzalcoatl se serait rendu à Mictlan, le monde souterrain, et y aurait créé, avec l'aide de Cihuacóatl, le cinquième monde de l'humanité à partir des os des races précédentes, utilisant son propre sang pour leur infuser une nouvelle vie.

Quetzalcoatl et son jumeau Xolotl sont parfois considérés comme étant nés d'une vierge, la déesse Coatlicue. D'autres traditions le prétendent fils de Xochiquetzal et Mixcoatl.

Une histoire aztèque raconte que Quetzalcoatl fut séduit par Tezcatlipoca, puis qu'il s'immola par remords. Son cœur devint alors l'étoile du matin.

Son nom a été donné à un oiseau mexicain.  Le Quetzal resplendissant (Pharomachrus mocinno) est une espèce d'oiseau mythique de la forêt tropicale (l'oiseau sacré des Maya) et l'oiseau national du Guatemala. Il est d'ailleurs représenté sur les armoiries du pays. Le quetzal resplendissant cache son plumage d'émeraude et de rubis dans l'épaisseur végétale de la forêt tropicale.



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